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CHRONIQUE PAR ...

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Dexxie
Cette chronique a été mise en ligne le 09 août 2010
Sa note : 18/20

LINE UP

-Olav Iversen
(guitare+chant)

-Thomas Tofthagen
(guitare)

-King
(basse)

-Thomas Lönnheim
(batterie)

TRACKLIST

1)In Through the Eye
2)Baptism of Fire
3)Mortify
4)Hollow Mountain
5)Mother’s Revenge
6)Downward Spiral
7)Shadow Monument
8)Burden
9)Denier
10)Spiritual Void

DISCOGRAPHIE

Sahg I (2006)
Sahg II (2008)
Sahg III (2010)
Delusion of Grandeur (2013)
Memento Mori (2016)

Sahg - Sahg III
(2010) - hard rock stoner rock 'n roll - Label : Indie Recordings



« À la manière d'un deuxième point traçant une droite vers l'avenir, ce second album laisse présager le meilleur pour le futur de ces gars-là [...] Debussy soulignait à quel point l'effort de se surpasser soi-même est honorable, et on peut affirmer que le groupe n'a pas manqué de s'approprier cette qualité. » Ainsi se terminait la chronique du deuxième Sahg, il y a deux ans de cela. Maintenant que le troisième est sorti, voyons un peu... mais au vu du calibre des deux premiers albums du supergroupe, il y a fort à parier que cette galette fasse partie des sorties à ne pas rater cette année.

Après l'introduction très sympathique du premier album, on se souvient que celle-ci était passée à la trappe lors de la deuxième galette. Le groupe nous sert à nouveau une introduction à la gratte folk de quelques dizaines de secondes, assez simple dans son contenu mais qui pourtant est reconnaissable à 30 kilomètres : c'est du Sahg. Cette intro, rappelant vaguement le très bon "Escape from Crimson Sun" de la galette précédente, démontre bien une des qualités du groupe : le quatuor norvégien se fait en effet reconnaître avec un arpège de guitare tout ce qu'il y a de plus simple. On retrouve aussi sur ce disque les arpèges légèrement saturés, comme dans l'immense introduction du titre "Mother's Revenge". Faisant suite à l'intro, c'est l'immense morceau "Baptism of Fire" qui prend le relai et qui nous ôte de la tête tout éventuel doute quant à la qualité de ce dernier album. It's a baptism of fiiiiire!

On comprend en fait très rapidement qu'on est ici en présence de titres plus sympathiques les uns que les autres, et Sahg exploite une fois de plus les recettes qui font la qualité de leurs compositions : riffs plus tueurs les uns que les autres, enchaînements d'accords plus qu'efficaces, lignes vocales une fois de plus anthologiques, et tout ça dégage une puissance tout simplement phénoménale. Cet alliage (Baïla ! ... hum héhé) de compositions directement inspirées des seventies et d'originalité dans les procédés, à savoir des harmonies des mieux trouvées, des introductions très inspirées, des rythmiques parmi les mieux fichues et des solos une fois de plus très bien ficelés, fait de ce disque une perle. Précisons également que ce disque est peut être plus accessible et digeste que les deux précédents, il nécessitera toutefois sans doute quelques petites écoutes pour être apprécié à sa juste valeur.

Comme les fois précédentes, il y a divers types d'ambiances, morceaux plutôt rapides et emballés à la "Pyromancer" ("Downward Spiral"), titres plutôt rock 'n roll (l'excellent "Mortify", un des titres-phares du disque, dont le riff rappelera à certains l'excellent "Night People" du regretté Dio), morceaux lents et lourds rappelant le toutefois irremplaçable "Repent" ou des power ballads pas kitsch du tout (citons encore une fois "Mother's Revenge" pour illustrer ces deux derniers points). L'ambiance mélancolico-colérique domine encore une fois le disque, soutenue par un chanteur qui ne cesse d'améliorer son style vocal : Olav Iversen chante en effet de manière légèrement plus rauque qu'auparavant, tout en maîtrisant son organe à la perfection : on appréciera une fois encore son timbre plutôt aigu et ses nombreuses envolées lorsque les morceaux partent en puissance.


C'est la règle de Debussy. Sahg, avec ce troisième album, réalise un triplé digne des plus grands, et une identité reconnaissable dès les premières notes, ce qui est une grande qualité. Ayant démontré dès leur première galette leur immense talent, on n'en attendait pas forcément moins, mais il y a fort à parier que ce troisième disque fasse partie de l'anthologie du groupe dans quelques années. On a là entre les mains, Mesdames, Messieurs, ce qui est peut-être le meilleur album de Sahg.


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