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CHRONIQUE PAR ...

71
Arroway's
Cette chronique a été mise en ligne le 06 août 2010
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Ed
(chant)

-Jonny
(guitare)

-Rick
(guitare)

-Iain
(basse)

-Paul
(samples)

-Leks
(batterie)

TRACKLIST

1)Tides
2)Drowning/Sinking
3)Callous Heart
4)An Ocean of Lights
5)Frozen
6)The Disappointment
7)Crane Lake
8)A Foreboding Sky
9)The Weight of Faith
10)Truth Has Come

DISCOGRAPHIE


Devil Sold His Soul - Blessed & Cursed
(2010) - postcore ambient - Label : Century Media




Aux premières écoutes de Blessed & Cursed, on peut dire d'une certaine manière que ce n'était pas gagné d'avance. Non pas que Devil Sold His Soul n'ai failli dans la réalisation de ce second album. Mais, c'est qu'arrivé grosso modo au milieu de l'année, après qu'un bon panorama des albums labellisés hardcore, postcore et hybrides aient déjà défilés et si l'on ne connaissait pas les antécédents du groupe, on pouvait se poser la question : est-ce que Devil Sold His Soul allait parvenir à se démarquer ?


En ce qui concerne la base de chez base, le niveau indispensable pour en jeter un minimum – c'est-à-dire au moins autant que les autres -, les musiciens de Devil Sold His Soul ont à portée de main tout ce qui leur est nécessaire. Les Anglais assoient avec aisance un postcore de bonne qualité. La densité musicale est variable selon les atmosphères : d'un classique et océanique "Tides", dont l'introduction claire et électrique initie à un développement attendu plus vigoureux qui se prolonge sur "Drowning/Sinking" ; des explosions hurlées et soudaines de "Callous Heart" ; des riffs lourds de "The Disappointment" ; de la longue introduction piano et chant clair, habillée au fur et à mesure de roulements de toms et de riffs en arrière-plan à la guitare, qui prend à contre-pied aux deux-tiers de l'album sur "A Foreboding Sky". Et, récurrente tout le long de Blessed & Cursed, cette alternance de minutes vocales écorchées, aux sons torturés de violence, et de calmes introspectifs, aériens parfois, franchement post rock même sur un typique "Frozen". Pour conclure finalement que cet album ne dépareille pas avec les canons du genre.

Pourtant, deux éléments au moins viennent relever cette première appréciation. Le premier, c'est un mélange discret mais bien dosé de diverses influences pour créer des ambiances et des mélodies appropriées. Les parties vocales se partagent entre des hurlements bien déchirés et un chant tout à fait metalcore, une composante qui, si elle peut évoquer à certains quelque a priori, se révèle être une caractéristique appréciable de la musique de Devil Sold His Soul. Les compositions sont contrastées de manière égale ce qui confère à l'album un équilibre stable. Les morceaux bien qu'assez longs en moyenne ne souffrent pas de remplissages trop assommants, exception faite du final de "The Disappointment" dont le pattern est répété ad libitum de manière très insistante. Malgré tout cela, à ceux qui seraient déçus par une première écoute trop lisse, on ne saurait que trop leur conseiller de persévérer. Car il faut bien reconnaître Blessed & Cursed est un album possédant un certain charme global, une cohérence et une consistance sur l'ensemble des compositions dont on prend conscience au fil des écoutes. Et qui pousse, une fois le disque fini, à repartir pour un tour explorer les titres plus en détails.


Blessed & Cursed possède ce petit « plus » qui donne toute sa valeur à la musique de Devil Sold His Soul. Ce nouvel opus est un album de qualité qui mûrit avec le temps, bien que certains morceaux soient également susceptibles de trahir certaines longueurs. Mais Blessed & Cursed s'apprécie avant tout comme un ensemble qui fonctionne bien. Et dont on peut dire, sans trop exagérer, que le charme opère.


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