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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 21 juillet 2010
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Heiländer
(chant)

-Moloch
(guitare)

-Spezi
(guitare)

-Ronald
(basse)

-Pulverizatör
(batterie)

TRACKLIST

1)The Last Prayer
2)Wake The Dead
3)Nothing To Regret
4)Haunting Metal
5)Another Rotten Life
6)Empires Of Inhumanity
7)Into Your Face
8)Rapture For Disaster
9)The Prophecy
10)Way To Immortality
11)Ravenous
12)Killers

DISCOGRAPHIE


Fatal Embrace - Empires Of Inhumanity
(2010) - thrash metal - Label : Metal Blade Records




C'est fou comme certains albums peuvent susciter des impressions fort différentes d'une écoute à l'autre, selon l'humeur du jour ou les éléments sur lesquels on se focalise. Par exemple, Empires of Inhumanity, le nouvel album des thrashers de Fatal Embrace, le quatrième seulement en 11 ans (les Berlinois on à peu de choses près le même rythme de sortie que leurs compatriotes de Blind Guardian) : ah, avec celui-là, j'ai dû changer d'avis autant de fois qu'un politicien moyen en fonction des sondages…


Les jours pairs, je me dis que les membres de Fatal Embrace ont vraiment tout pigé au thrash. Vous me direz, à priori, c'est pas très compliqué : vous faites péter des riffs tranchants avec matraquage de la corde à vide, un rythme de batterie binaire joué le plus vite possible, et par-dessus, vous crachez votre texte à fond sur le couplet avec une bonne dose d'agressivité, et vous terminez en martelant un refrain facilement mémorisable, si possible limité à une phrase bonne à gueuler comme un syndicaliste sur un piquet de grève. Voilà, avec ça, vous avez déjà une bonne base, il ne manque plus que les finitions. Ca a l'air simple, mais encore faut-il savoir faire sonner le tout. Et ça, Fatal Embrace sait le faire : les riffs vous choppent à la gorge, Heiländer met toutes ses tripe dans son chant, les morceaux sont dynamiques avec moults changements de tempo et à la batterie, Pulverizatör… ben rien de spécial à propos de lui, c'est un batteur de thrash lambda, mais je ne peux m'empêcher de glisser son nom dans la chronique. Sans être les meilleurs du circuit, les soli de Moloch et Spezi (décidément, ces gars ont des pseudos aussi impayables que leurs tronches) tiennent parfaitement la route. Idem pour les compos, qui sont toutes au minimum bonnes et plutôt variées : Fatal Embrace a choisi l'école Slayer, la plus agressive, mais n'oublie pas de caser quelques titres plus mélodiques ("Nothing To Regret") ou plus lents ("Empires Of Inhumanity"). Cerise sur le gâteau, une bonne reprise de "Killers", avec juste ce qu'il faut comme changement au niveau du chant et de la batterie pour apporter une coloration thrashy.

Et les jours impairs, je me dis que si les gars ont tout compris, c'est surtout parce qu'ils ont tout piqué à leurs aînés, au pluriel puisque les influences sont nombreuses. Voici un passage en revue en accéléré de l'album : "Wake The Dead" ? Que ce soit au niveau du riff, du chant ou du break mid tempo ravageur, tout est emprunté à Slayer, y compris les célèbres cris aigus de Tom Araya (même topo pour "Ravenous"). "Nothing To Regret" ? Un petit côté Forbidden / Testament, avec un aspect thrash light et un accent mis sur la mélodie. "Haunting Metal" ? Du Exodus old school, avec une ligne de chant calquée sur "Damage Inc.". "Another Rotten Life" ? Du Suicidal Tendencies avec James Hetfield au chant à la place de Mike Muir. "Empires Of Inhumanity" ? Un ersatz du "Sign Of Fear" de Destruction, avec le même tempo très lent et le même type d'ambiance funèbre. "Into Your Face" ? Un riff à la Megadeth, saupoudré du même gimmick de gratte lead que sur l'intro de "Disposable Heroes". "Rapture For Disaster" ? Une décharge nerveuse avec un riff minimaliste à la Sodom. "The Prophecy" ? On se croirait sur Among The Living d'Anthrax, tant par le riff que par le pattern très Benantien de la batterie. Et pour finir, "The Way To Immortality", exhumée d'une démo vieille de 13 ans qui démontrait déjà tout l'amour du groupe pour Metallica, caractérisé par un riff à la "Master Of Puppets" et par l'insertion soudaine d'un break calme, autre marque de fabrique des Horsemen. Bref, c'est un vrai catalogue du petit thrasher illustré. Remarquez, c'est moins idiot que ces groupes de revival thrash qui s'évertue à singer un seul groupe : au moins là, c'est un peu plus varié.


Vous l'aurez constaté, deux sentiments ambivalents s'affrontent : d'un côté le plaisir d'avoir un album de thrash old school qui tient la route du début à la fin, de l'autre la gêne de voir que Fatal Embrace se contente de recycler les recettes des autres. Maintenant, quand vous vous concoctez un plat à partir d'un bouquin de cuisine, vous ne faites pas la fine bouche si le résultat est bon. Alors OK, ce n'est pas une démarche artistique très noble, mais n'exagérons rien : là on ne parle que de thrash… Et après tout il y a bien des groupes comme Overkill qui ont réussi à faire carrière en pompant allègrement sur les copains, donc pourquoi pas ?


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