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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 19 juillet 2010
Sa note : 12/20

LINE UP

-Pedro
(basse+chant)

-Raph
(guitare)

-Steven
(guitare)

-Laurent
(batterie)

TRACKLIST

1)The Battle Rages On
2)Where Fear And Silence Prevail
3)G.T.H. (Go To Hell)
4)Retribution
5)Bark At The Moon
6)Shadowzero
7)Chain Lightning
8)The House Down Below
9)Perfect Hatred
10)Nobody Listens
11)Die With A Smile

DISCOGRAPHIE


Blackness - Stimulation For The Beast




La carrière de Blackness n'a rien d'un long fleuve tranquille. Un premier album en 2000, suivi d'un second deux ans plus tard… puis le néant. Après un petit soubresaut en 2008 avec la réédition de leur deuxième album Dawn Of The New Sun, c'est cette fois avec du nouveau matériel sous le bras que les Lyonnais refont surface, dans un contexte à priori un peu plus favorable : dans le creux de la vague en 2000, le thrash est revenu en force sur le devant de la scène ces dernières années.


Blackness attaque le couteau entre les dents, et "The Battle Rages On", qui porte très bien son nom, laisse alors penser que ce come back va valoir le détour. Le style, évidemment agressif mais avec une touche moderne, n'est pas sans faire penser à ce qu'Exodus propose ces derniers temps, la production d'Andy Sneap en moins (ce qui ne me déplaît absolument pas personnellement). On retrouve également une petite touche d'Annihilator dans l'utilisation des gimmicks de guitare lead et dans la reprise après le break, qui n'est pas sans rappeler l'intro de "King Of The Kill". Vu les références, je vous confirme que ça envoie le bois, surtout que le refrain hargneux mais facilement mémorisable apporte un vrai plus à ce morceau. Malheureusement, si je me sens obligé de le mentionner, c'est parce que ce point crucial a tendance à être un peu trop négligé par la suite.

En effet, s'il y a bien un point noir sur cet album, sans doute le seul mais il est important, c'est l'absence de réel travail sur les mélodies vocales. Du coup, non seulement on est en cruel manque de refrains qui bottent le cul, mais on finit aussi par ne plus faire attention aux couplets tant ceux-ci défilent sans grande différence d'un morceau à l'autre : tempo élevé, riffs typiquement thrash et chant rageur sans la moindre variation. C'est souvent au moment des breaks que Blackness se montre à son avantage, comme sur "Shadowzero" ou "The House Down Below" et son riff velu. C'est surtout l'occasion pour le guitariste lead de nous en mettre plein les mirettes : sans doute un disciple de Jeff Waters, tant par la propension à caser un max de solo par morceau que par sa dextérité affolante une fois la six-cordes en main. Incontestablement le point fort du groupe.

Faute de refrain ultime (le meilleur étant celui de la reprise d'Ozzy "Bark At The Moon"), aucun morceau ne prend réellement le pas sur les autres. "Retribution" n'en était pas loin, ce titre étant un peu différent des autres avec son riff un peu moins typé old school et son break au piano rappelant certaines fantaisies de Victor Smolski dans Rage. "Shadowzero", qui s'enflamme complètement une fois arrivé au break, se hisse également parmi les meilleurs moments de l'album, de même que la décharge punkoïde "Nobody Listens" qui rappelle le Sodom des 90's. Pour le reste, malgré quelques titres anecdotiques, on retrouve aussi pas mal de bonnes idées à droite à gauche, comme la sortie du break en voix claire de "Where Fear And Silence Prevail" (sans doute la meilleure mélodie vocale de tout l'album) ou le riff très classique mais efficace de "G.T.H. (Go To Hell)".


A la réflexion, le climat risque de ne pas jouer tant que ça à la faveur de Blackness, puisque la concurrence fait rage en cette année 2010 où les ténors du thrash tels qu'Exodus, Overkill ou Annihilator tiennent magistralement leur rang. Stimulation For The Beast ne joue évidemment pas dans la même cour, mais il se révèle être un bon petit album de seconde division, porté notamment par des solos plus renversants les uns que les autres. Reste que pour viser plus haut, il faudra impérativement apporter plus de soin au chant, parce que la frustration va vite arriver si Blackness ne parvient pas à redonner un peu d'intérêt aux couplets et porter l'estocade sur les refrains.


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