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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 13 juillet 2010
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Gabul
(guitare+chant)

-Imperion
(guitare)

-Maschgullh
(basse)

-Sardukh
(batterie)

TRACKLIST

1)Cannibals
2)Ktulu Rising
3)Season Of The Wolfes
4)Atomizer
5)Take No Prisoners
6)Enter Bukatha
7)The Fall Of Trosstus
8)Paradise Of Flesh
9)Kamuula Karmaljakk
10)Vermingod
11)Cyberincarcer-Ation
12)Brainslugs


DISCOGRAPHIE

Atomizer (2010)

Mammutant - Atomizer
(2010) - death metal doom metal - Label : Massacre



Les mots-valise, je croyais que c'était réservé aux sociologues. Les adulescents, les célibattants et autres termes plus débiles les uns que les autres… Et bien, aujourd'hui, voilà que ce sont les groupes de metal qui s'y mettent. Pionnier du genre, Mammutant, "subtil" croisement entre le côté très pesant de leur musique et leur concept science fiction d'êtres venus de l'espace pour coloniser la Terre. Dommage qu'une fois ces deux éléments réunis, ils ne se sont pas aperçus que ça donnait un nom ridicule…

Mammutant pratique une sorte de doom death mâtiné d'une touche indus au niveau du son : death pour les riffs et la voix, doom pour le tempo vraiment très lent de quasiment toutes les compos. Hormis quelques courts passages sur "The Fall Of Trosstus" et à la fin de "Vermingod", où ils ont dû refiler en douce un Guronsan au batteur, cet album est invariablement leeeeeent… En mettant de côté l'intro et l'interlude "Enter Bukatha", on se retrouve donc avec 10 titres issus du même moule, avec à peine quelques petites variations de temps en temps, comme le rythme martial de "The Fall Of Trosstus". D'ordinaire, un tel niveau de linéarité est assez rédhibitoire à mes yeux ; mais là, je ne sais pas pourquoi, ça fonctionne. Mammutant reste fidèle jusqu'au bout à sa ligne directrice en développant au maximum cette ambiance froide et oppressante. Atomizer dispose donc d'une identité forte, mais a l'inconvénient de ne pouvoir être abordé que de manière globale, uniquement en tant qu'album. L'approche à l'ancienne en fait…

En effet, si l'on juge Atomizer morceau par morceau, à la sauce MP3 comme c'est un peu devenu la norme aujourd'hui, l'effet est un peu moindre. Forcément, même si les 10 morceaux sont assez proches en termes stylistiques, tous ne sont pas du même niveau. Après une tuerie comme "Season Of The Wolfes" et son riff ultra catchy à la Disturbed, ou encore des titres bien mastoc comme "Atomizer" ou le lancinant "Take No Prisoners", il y a une certaine baisse de régime qui se fait sentir par moments. Cela n'empêche pas quelques morceaux de tirer leur épingle du jeu, comme "Paradise Of Flesh" et sa ligne de guitare lead énigmatique, ou "Cyberincarcer-Ation", qui marque la seule apparition de chant quasi clair, un peu à la Steev Esquivel de Skinlab (un groupe auquel on pense assez souvent à l'écoute d'Atomizer). A côté de cela, il faut bien reconnaître que des titres comme "Vermingod" ou "Brainslugs" n'apportent pas grand-chose dans la marmite dès lors qu'ils sont pris de manière individuelle, et seule la dynamique de l'album leur permet de passer convenablement.


Atomizer est un album qui ne donne sa pleine mesure que lorsqu'il est appréhendé dans sa globalité. Cela nécessite donc d'avoir un peu de temps devant soi (un luxe que l'on ne s'accorde que trop rarement aujourd'hui), et aussi de se trouver dans un état d'esprit propice à s'imprégner de l'ambiance lourde et malsaine que dégage l'album. Si ces deux conditions ne sont pas réunies, il est très facile de passer à côté de l'album et de le trouver lourdingue. Mais si vous faites l'effort de vous mettre dans de bonnes dispositions, il prend alors une toute autre dimension. Particulier certes, mais loin d'être inintéressant.


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