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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 28 juin 2010
Sa note : 12/20

LINE UP

-Peter
(chant+guitare)

-Edgars ''Zirgs''
(basse+chœurs)

-Martins
(guitare)

-Kaspars
(instruments folk+chœurs)

-Edgars ''Mazais''
(batterie)

TRACKLIST

1)Curse of the Witch
2)Son of the Mare
3)The Nine-Headed
4)Bewitched Forest
5)In the Yard of the Father's Son
6)The Devilslayer
7)The Stone Sentinel
8)In the Underworld
9)Black Rider
10)The Last Battle

Titre bonus:
11)Kurbads

DISCOGRAPHIE

Kurbads (2010)
Senprusija (2015)

Skyforger - Kurbads
(2010) - heavy metal folk - Label : Metal Blade Records




Avec mon pote Olaf, on s’est dit qu’on profiterait bien du week-end pour changer d’air. Ça bougeait pas mal chez les Baltes, qu’il me disait, alors quitte à voir du pays autant mettre les voiles vers l’est et voir ce qui s’y passe. On a sorti le drakkar 2 places, fait les réserves d’hydromel, et on a vogué à la volette jusqu’à se retrouver en terre lettone ; et ça va peut-être vous surprendre, mais on n’a pas mis bien longtemps à se faire des amis…


Pour ce qui était de tirer notre crampe, c’était râpé : là où on a débarqué, le Letton était bien plus présent que la Lettone. Tant pis pour les filles de l’Est ; on attendra qu’elles se pointent à la maison. Et puis, on n’a pas eu à le regretter plus que ça, car le Balte est fort bon camarade. Comparé à nous, Nordiques, il est plus sec, plus hargneux, mais aussi moins mélancolique ou tambour-trompette. Il aime sa terre, comme nous, mais il préfère la célébrer dans ses moments de gloire plutôt que de chialer sur ses années sombres. Il est fier, le letton. Il est dur. Et puis surtout, il a un sacré gosier ! Y a juste que l’hydromel, c’est pas trop son truc ; lui, il ne jure que pas la bière, le houblon, la tireuse. Et qu’est-ce qu’il écluse ! À croire que c’est ce qui leur a donné ces voix rocailleuses, ces timbres de corbeaux enragés auxquels ils se prêtent dès qu’il s’agit de raconter leurs histoires. Et ils en avaient quelques-unes, des histoires…

Ouais, Olaf et moi, on s’est bien vite retrouvés attablés avec une bonne dizaine de ces gaillards, et ils ont entamé, très vite, des chants guerriers et autres récits de légendes du coin, la cornemuse en bandoulière et la voix très assurée. Alors évidemment, on n’a rien compris à ce qu’ils racontaient, mais vu le ton de l’ensemble, ça causait un coup de batailles sanglantes dans lesquelles le Letton se montrait sans merci, et l’autre coup d’aller boire une bière à la taverne du coin. Viril et alcoolisé, pour résumer. Sans fioritures non plus ; ça frappait fort dès le départ, ça ignorait la finesse tout du long, et ça s’empoignait de bon cœur dans une bourrinitude décomplexée. Seulement, à force de s’abreuver de litres de bière, ce qui nous vidait la tête a fini par nous peser sur l’estomac ; et la tristesse, bordel ? Un cœur vaillant a aussi le droit de soupirer, de temps à autre ! Mais non, chez les Lettons, c’est pas de pitié, pas de tendresse. Faudra faire avec.


Quand on a rejoint le drakkar à l’aube, on était un peu groggy : ces chants, c’était toujours un peu la même chose, et tenir jusqu’à la fin du banquet demandait un foie en acier : ça regorgeait d’alcool, mais ça manquait un peu de bouffe. Mais au moins, le jour où on voudra s’arroser plus que de raison, sans se soucier de la forme, on saura à quelle porte frapper. En espérant qu’y aura quand même plus de Lettones la prochaine fois.



NB: Les titres indiqués dans la tracklist sont traduits du letton, le disque étant intégralement chanté dans cette langue, et non en anglais.


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