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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 08 juin 2010
Sa note : 11/20

LINE UP

-Joakim Broden
(chant)

-Rikard Sunden
(guitare)

-Oskar Montelius
(guitare)

-Daniel Myhr
(claviers)

-Pär Sundström
(basse)

-Daniel Mullback
(batterie)

TRACKLIST

1)Coat of Arms
2)Midway
3)Uprising
4)Screaming Eagles
5)The Final Solution
6)Aces in Exile
7)Saboteurs
8)Wehrmacht
9)The White Death
10)Metal Ripper

DISCOGRAPHIE


Sabaton - Coat Of Arms
(2010) - heavy metal - Label : Nuclear Blast



Comme Hammerfall, Sabaton nous vient de Suède. Comme Hammerfall, Sabaton a délibérément choisi de jouer du heavy metal complètement passéiste et assume parfaitement cette orientation. Comme Hammerfall, Sabaton porte des tenues de scène ridicules. Comme Hammerfall, Sabaton a remporté un succès quasi-inespéré vu que le groupe se contente de recycler sans imagination de vieilles recettes tout droit sorties des 80's. Et comme Hammerfall, après des débuts encourageants Sabaton semble déjà engagé dans l'inexorable spirale du déclin…

Pour dresser le tableau voici un constat simple : Coat Of Arms, c'est un peu The Art Of War au rabais, qui lui-même était une redite en moins bien d'Attero Dominatus, l'album référence des Suedois jusque là. Une nouvelle fois, on retrouve tous les éléments de la formule Sabaton : la voix rauque de Joakim Broden et sa façon toujours aussi spéciale de rouler les R, les chœurs grandiloquents un peu kitsch, les claviers tût-tût… Tout cela au service d'un heavy metal ultra classique, misant tout sur l'efficacité. Et c'est bien là que le bât blesse : avec une telle base de départ, il vaut mieux être capable de pondre du refrain fédérateur à la chaîne. Sabaton nous a démontré par le passé qu'il en était tout à fait capable ; or sur Coat Of Arms, sorti du morceau titre porté par son irrésistible rythmique tagada et de "Uprising", un mid tempo au refrain redoutable, pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Coat Of Arms nous offre le spectacle d'un groupe qui semble déjà arrivé au bout de ses limites, à l'instar de "Midway" qui n'est autre que "Ghost Division" – le retour. Si Sabaton est encore capable de sursaut d'orgueil comme "Saboteurs", la plupart des titres de cet album sont beaucoup trop téléphonés et ne suscitent qu'une indifférence polie. Et quand le groupe a de bonnes idées, il les gâche bêtement. Prenons l'exemple de "The Final Solution", qui traite bien évidemment de l'Holocauste : alors que Broden est parvenu à composer une superbe mélodie qui aurait pu apporter une réelle émotion à ce titre, Sabaton fout tout en l'air par une interprétation plus que balourde. Non mais sérieusement, balancer un passage avec le refrain juste soutenu par la batterie, sans doute un des clichés les plus dispensables du heavy, sur un titre censé être aussi solennel, même le Primal Fear des débuts n'aurait jamais osé.


Symbole suprême du renoncement artistique, la présence de "Metal Ripper" en conclusion. Alors que Sabaton n'avait pas glissé de titres « hommage » au métal sur The Art Of War comme "Metal Machine" ou "Metal Crüe", machine arrière toute sous la pression des fans, avec ce titre qui commence forcément par un clin d'œil au célébrissime riff de Judas Priest. Coat Of Arms sonne donc comme un acte manqué : les ingrédients sont là, l'envie nettement moins. Résultat, 40 minutes qui défilent vite, mais dont on ne retient pas grand-chose au final.


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