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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 05 juin 2010
Sa note : 15/20

LINE UP

-Steve Rathjen
(chant)

-Dylan Ruskin
(guitare)

-Ivan Munguia
(basse)

-Ron Casey
(batterie)

TRACKLIST

1)Obliteration Untold
2)Beyond Bludgeoned
3)Awaiting Imminent Destruction
4)Nemesis of Neglect
5)Entity of Extinction
6)Mercy to None
7)Monumental Failure
8)Quantum Catastrophe

DISCOGRAPHIE


Brain Drill - Quantum Catastrophe



Nous avions laissé nos amusants américains avec un suspense insoutenable suite à l’explosion du groupe il y a deux ans, peu après la sortie de l’hystérique Apocalypse Feasting. Eh bien, soyez rassurés (ou pas) : nos lascars sont de retour, avec un batteur et un bassiste tout juste sortis de l’emballage, et comme on ne change pas une recette qui gagne – ou en tous cas, qui a fait parler d’eux en 2008 – Brain Drill revient avec une nouvelle bombe ultra-rapide, ultra-méchante et ultra-technique. Non, nous sommes d’accord : rien de nouveau.


Quantum Catastrophe, à part donc un line-up dépoussiéré, est dans l’absolue continuité du précédent opus. La recette est grosso-modo la même et le cahier des charges de Brain Drill ne doit comporter qu’une seule et unique ligne : comment peut on faire encore plus rapide et technique ? C’est assez simple : on ne peut pas, ou difficilement, après un premier album enragé qui a mis tout le monde à genou – certains d’admiration, d’autres au contraire pour leur supplier d’arrêter le massacre. Alors on prend les mêmes, et par contre, on améliore la forme : une production plus froide, plus propre, et qui rend donc le résultat encore plus violent qu’un Apocalypse Feasting qui manquait de corps et de percussivité dans le son. Mais pour le reste, pas de grosse perturbation : du gravity blast en veux-tu en voilà, des guitares complètement hallucinées qui ne quittent que rarement le monde de la triple-croche, et une basse qui tricote elle aussi à toute vitesse. Reste le growl de Rathjen qui, du coup, parait presque anecdotique tant l’attention se focalise sur les instruments.

Et que ressort-il de tout ce fatras ? Globalement, les choses s’améliorent. Même si l’impression de n’importe quoi revient trop souvent à la charge, avec un manque flagrant de structure et de recherche à plus d’un moment – on ne compte pas les riffs génériques en shred, que ça soit tapping, sweeping ou autre technique permettant de faire toujours plus de note à la seconde – la sauce prend bien par endroits. Brain Drill vous sort par moment des riffs venus de l’au-delà, auquel même le plus paraplégique ne saurait résister à l’envie d’headbanguer (sur "Awaiting Imminent Destruction" ou "Monumental Failure", par exemple). Force est donc de reconnaitre, un peu comme pour l’opus passé, que Brain Drill peut se montrer terriblement redoutable dès qu’il sort de sa marque de fabrique, à savoir la virtuosité débridée un peu vaine, et qu’il devient plus traditionnellement brutal death – cette caractéristique de la musique de Brain Drill avait déjà été soulignée pour le précédent opus. Toutefois, on ne peut que rester admiratif devant le niveau technique hallucinant exposé ici, car si tout cela peut rapidement avoir l’air d’un salmigondis de note, il suffit d’entendre la seconde guitare (ou même la basse) qui harmonise tout cela pour se convaincre que Brain Drill ne fait pas n’importe quoi, simplement qu’il le fait très, très vite.

La tracklist peut paraitre avare, avec seulement huit morceaux, quand on sait que les titres de Brain Drill sont très loin de dépasser systématiquement les trois minutes au compteur. Et c’est encore une fois le cas ici, à l’exception du dernier morceau, "Quantum Catastrophe", qui se paie le luxe de dépasser les… seize minutes. Immédiatement, on s’interroge : ben alors quoi, ils finissent l’album sur un mid-tempo à rallonge ? Ou un titre de remplissage et d’ambiance ? Non : Brain Drill finit par son meilleur titre à ce jour, qui fait en réalité presque onze minutes – les cinq dernières étant en effet des samples et autres bruitages. Sur ce titre, Brain Drill accouche d’une monstruosité où l’on détecte enfin un semblant de mélodies, de construction et de cohérence sans jamais – notez – sacrifier à sa recette et à sa façon de jouer à mach 12. L’ajout de quelques discrètes nappes de synthés et certaines mélodies (oui !) de guitare font à quelques instants penser à du Nile, et donnent une puissance tout à fait bienvenue à l’ensemble. Une chose est sure : s’ils parviennent à jouer ce titre sur scène, les quelques spectateurs qui auront survécus à un tel déluge ne pourront que s’agenouiller devant la performance.


Si "Quantum Catastrophe" (le morceau) est un aperçu de la direction que va prendre Brain Drill dans le futur, il y a des chances pour que leur prochain album soit attendu de pied ferme. En tout cas, Quantum Catastrophe (l’album) est plus convaincant qu’Apocalypse Feasting, et malgré une recette similaire parvient à se montrer plus mature, peut être un poil moins agressif, mais assurément plus efficace.


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