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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 27 mai 2010
Sa note : 16/20

LINE UP

-Tim Steffens
(chant+guitare+basse)

-Florian Toyka
(guitare+basse)

-Patrick Schroeder (session)
(batterie)

TRACKLIST

1)Unter Bäumen
2)When I Long for Life
3)Stygian
4)Herbsthauch
5)Morn of Solace
6)Der Wald ist ein Meer
7)Merkur
8)Luker in the Moonlight
9)Noatun

DISCOGRAPHIE

Merkur (2009)

Klabautamann - Merkur



Klabautamann a déjà (un tout petit peu) fait parler de lui avec 2 albums, reconnus pour leur volonté d’aller voir ailleurs que dans le pur black metal, mais pas adulés non plus. La progression logique d’un groupe dans une telle démarche musicale est donc d’aller... plus loin bien sûr. Aller plus loin dans les tentatives d’expérimentations. Plus loin pour affirmer encore son identité. C’est là que ce nouveau Merkur intervient pour faire passer la grande marche au groupe du statut de « a encore à prouver » à celui de « à écouter absolument ».

Klabautamann va donner raison à tous ceux qui attendaient avec impatience la réalisation du haut de toutes ses promesses en proposant enfin un album inspiré de bout en bout. Il ose aller planer entièrement dans le mariage de raison entre le jazz et le black metal. De ce mariage, les Allemands prennent la délicatesse du toucher jazz avec ses penchants pour l’essai de structures peu communes, et les grosses accélérations blastées du black avec cette ambiance si particulière au genre. Nous n’avons toutefois pas affaire à un monument de noirceur, la démarche expérimentale du groupe ne collant pas vraiment avec cette caractéristique. Le son lui-même est clair, suffisamment précis pour apprécier les subtilités de la musique, avec un léger souffle black metal. Le groupe gagnera certainement à une meilleure production néanmoins. Le groupe ne renie pas les atmosphères et délivre de solides ambiances éthérées, d’un calme olympien.

Calme trompeur évidemment puisque de ces caresses de peau ou de slides de cordes délicats naissent l’électricité. Qui plus est, le chant typiquement black contribue grandement à ne pas perdre pied dans cet univers multiforme. Bien que structures et rythmes puissent laisser au questionnement, le chant est toujours là pour rappeler que oui, Klabautamann fait du black metal encore. Au-delà de cette fusion black jazz (et bien plus black que ce que peut évoquer le Blackjazz de Shining plus débridé dans la folie), les Allemands prouvent que leur pays est décidément très en forme. Car Lantlôs, Katharia, Infestus et Semen Datura sont autant d’autres groupes germaniques doués pour les compositions. Klabautamann les accompagne gaiement avec sa touche si particulière, unique d’ailleurs parmi ses confrères. Les chansons sont généralement réjouissantes avec des moments tantôt doux, tantôt headbangants, tantôt violents.

Merkur possède un peu de tout ça et le mixe très bien. La chanson titre est à ce sujet un pur bonheur auditif puisque sautant d’un riff un peu fou vers une montée en puissance blastée laissant s’exprimer la batterie quasi seule dans un passage d’une beauté proprement incroyable pour retomber sur un moment pur jazz. Les limitations de ce type de musique sont assez simples pourtant. Elles résident dans les moments les plus faibles du mariage, lorsque l’inspiration descend d’un cran. L’auditeur aimerait alors aller un peu plus vite. Fort heureusement, c’est rare sur ce disque et il y a toujours quelque chose pour rattraper cette impatience passagère. Le dernier mot sera réservé aux capacités techniques des membres du groupe, point incontournable pour une musique orientée jazz. C’est très bon. Ils jonglent tous aisément entre l’attaque black et la souplesse jazz au sein d’un même morceau. Pour autant, ce n’est pas la foire à la démonstration, ce qui est très bien.


Merkur constitue une réussite indéniable que tout amateur de musique progressive au sens progression d’un genre devrait écouter. Qui plus est, le groupe ne se contente pas d’être original. Les compositions sont fortes et inspirées, ce qui rend ce disque d’autant meilleur. Un certain effort sera requis pour pleinement apprécier toutes les subtilités immiscées çà et là, ensuite, c’est le pied.


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