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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 22 mai 2010
Sa note : 12/20

LINE UP

-T.B
(chant+guitare+effets)

-R.M
(guitare)

-B.E.J
(basse)

-M.K
(batterie+claviers)

TRACKLIST

1)Valium Holocaust
2)Aerophobia
3)Posttraumatic Stress Syndrome
4)Dolcontin Blues
5)Fucking Karma
6)The U.F.P. Is Leaving
7)Rivotril Matja
8)We Miss Them
9)The Eye Among the Stars
10)Sweet Poison

DISCOGRAPHIE

Flukt (2008)
Sweet Poison (2010)

Angst Skvadron - Sweet Poison
(2010) - black metal martien - Label : Agonia Records



Angst Skvadron avait admirablement surpris son monde il y a 2 ans avec un 1er album qui débarqua sans crier gare, très darkthronien mais moderne dans son expression et surtout halluciné et proche des martiens. Voilà le groupe de retour avec un nouveau petit dans les bras, Sweet Poison et sa pochette laissant apparaître une molécule du virus du sida, accompagné de son logo SF d’un vert toujours aussi douteux. Dans la droite ligne de Flukt en terme d’approche artistique. Evocateur de la partie musicale ?


Les premières notes de l’album ne laissent pas de place au doute, il s’agit d’Angst Skvadron ! Remarquable performance pour un groupe aussi jeune que d’avoir su se forger un son si caractéristique en 1 seul album. Cet accord lancinant répété sous fond de chœur féminin très générique de série télé avec des soucoupes volantes des années 50 démontre que le groupe n’a rien perdu ni de son culte des petits bonshommes verts, ni de son inspiration. Enfin tout du moins pour cette introduction. La 2e piste arrive sur cette rampe de lancement. Petite surprise désagréable, ce n’est pas vraiment au niveau de ce que Flukt avait laissé dans nos souvenirs. Un peu thrash, mais toujours avec ce son si spécial confinant au Darkthrone moderne et spatial, la composition semble un peu mi-molle. Ce n’est pas dérangeant en soi car le groupe n’est pas une machine de guerre blastée, mais comme le riff n’est pas extraordinaire, ça manque d’accroche.

Heureusement, "Posttraumatic Stress Syndrome" avec son riff de piano repris de manière bien plus énergique par la guitare et une batterie énervée remonte la barre juste derrière ! On retrouve un Angst Skvadron drogué, inspiré et furieux tout en incorporant cette touche de folie externe. C’est là qu’il excelle. Au bout de ce 1er tiers d’album on est donc le cul entre 2 chaises. Sweet Poison réitère-t-il la réussite de Flukt ou s'embourbe-t-il dans un certain ennui ? Hélas, mille fois hélas, la suite va plutôt faire pencher la balance pour la 2e proposition. Les chansons qui vont suivre vont continuer à osciller entre bon et moyen sans direction précise, avec fort heureusement cette patte si spéciale. Cependant une patte ne fait pas tout et il faut l’accompagner de compositions fortes pour qu’elle signifie vraiment quelque chose. Or cette valse entre inspiration et incompréhension laisse un arrière-goût de déception en bouche.

Pourtant, il ne s’agit pas d’un mauvais album, que nenni. Il s’agit simplement d’un groupe qui a généré une forte attente sur son 2nd album et qui n’arrive pas à sa hauteur. Les Norvégiens n’hésitent jamais devant la difficulté pour se lancer dans une tirade sans batterie remplie de claviers étranges ("Dolcontin Blues") ou abreuver de sons technoïdes toute une chanson ("Fucking Karma"). La volonté d’aller toujours en avant est donc bien là, l’incartade blues "We Miss Them" s’imposant du coup comme une évidence. Leur problème sur cette livraison est qu’ils manquent de peps, surtout sur la fin de l’album qui se termine étrangement. Peut-être est-ce dû à une aggravation de leur condition mentale de psychotiques des martiens qui rend leur monde plus difficile d’accès. Car là où Flukt était accueillant, ce Sweet Poison donne moins envie de venir. Moins fun. Le black metal n’est pas fun, mais Angst Skvadron l’est. Et en perdant une partie de ce fun, ce nouveau disque perd une partie de son intérêt.


Mi-figue mi-raisin, Sweet Poison déçoit par un côté trop paresseux, langoureux. Angst Skvadron possède sa remarquable identité, aucun doute, mais n’a pas renouvelé le niveau de ses compositions passées. Trop forte identité ou baisse passagère d’inspiration ? À voir dans le futur, mais quoiqu’il en soit, il s’agit d’un album plus dispensable que Flukt.


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