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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2010
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Gus Gabarro
(chant)

-Pino Sicari
(guitare)

-Alexandros
(claviers)

-Dimitri Oldani
(basse)

-Carlos
(batterie)

TRACKLIST

1)Walking Back to Hell
2)Marble King
3)Spartan Warriors
4)Overlord

5)Revolution World
6)Jungle of Madness
7)Nameless Hero
8)Children of the Sand
9)Battle Prayer
10)Prophet of War
11)Efialths

DISCOGRAPHIE


Overmaster - Madness Of War



Overmaster est le nouveau projet de Gus Gabarro, l'ancien frontman du groupe italien White Skull. Pour ceux qui ne connaîtraient pas White Skull, voici une petite mise en perspective : si on considère Rhapsody comme un poids lourd européen type Inter Milan, et Vision Divine ou Secret Sphere comme des outsiders locaux comme la Fiorentina ou le Genoa, alors il faudrait ranger White Skull à peu près au même que Skylark, ce qui correspondrait à l'échelle de la Série A à Catane ou l'Atalanta Bergame. A priori, pas de quoi s'enflammer…

…et ce n'est pas "Walking Back to Hell", intro pompeuse de 2 minutes développant une ambiance cinématographique avec bruitages de guerre et narration en fond sonore, qui va nous rassurer sur l'état des forces en présence. À moins que ce ne soit une feinte machiavélique : se faire passer pour un énième groupe de power metal sans intérêt afin de mieux surprendre son monde à l'arrivée des choses sérieuses… Stratégie payante : avec aussi peu d'attente au départ, "Marble King" sonne du coup comme une divine surprise. La courte intro laisse entrevoir une influence néoclassique, mais on en restera là : le reste, c'est du speed mélodique pur jus, et parfaitement maîtrisé en plus : véloce, racé, et avec un réel sens du refrain. Pour donner un point de comparaison, on pense pas mal à ce que pourrait produire Masterplan dans un bon jour. On appréciera tout particulièrement le chant de Gus Gabarro, qui préfère jouer la carte du chant heavy avec pas mal de grain plutôt que de se borner à une copie forcément pâlichonne du Grand Maître, Michael Kiske bien sûr. Quand on voit la qualité de ce titre, ou bien de "Efialths", autre détour dans le genre, on en vient presque à regretter qu'Overmaster ne vienne pas plus souvent fureter dans ce registre.

En effet, hormis ces deux titres, Madness Of War donne quasi exclusivement dans un seul style : le heavy speed bourrin, aka le true metal comme on appelait ça il y a une dizaine d'années (terme qui a disparu des écrans radar depuis). En gros, c'est la foire aux riffs acérés, à la double pédale et aux refrains glorieux à entonner le poing levé. Et là encore, la plupart du temps, Overmaster s'en tire avec les honneurs. Première tentative, première réussite : "Spartan Warriors" est de cette trempe de morceaux dont le simple riff suffit à provoquer une montée d'adrénaline. Au-delà de ça, saluons l'effort d'Overmaster pour proposer autre chose qu'une structure toute simple : ce titre comporte pas mal de plans, avec des enchaînements bien huilés et un refrain en mode marche / arrêt, un petit truc tout con qui fonctionne à chaque fois. Et cette attaque de solo… Bref, la barre est mise vraiment haut. Dommage que le groupe n'ait pas mis autant d'application sur chaque titre. La fin de l'album comporte en effet son lot de titres bâclés, où le groupe se contente de bourriner sans véritable travail sur les riffs. Quand le refrain est potable, ça passe encore ("Battle Prayer") ; sinon, l'ennui ne tarde pas à se pointer ("Prophet of War").

Overmaster n'a peut-être pas beaucoup bossé ses riffs (vous me direz, ce n'est pas le premier groupe de true metal dans ce cas), mais niveau refrain, on sent que les gars se sont creusés un peu la tête. L'exemple le plus frappant est celui d'"Overlord". Vu le titre de l'album, on se doute que ce morceau parle de l'opération du même nom (pour ceux qui dormaient en cours d'Histoire, rappelons qu'il s'agit de la bataille de Normandie, notamment le débarquement). Et alors qu'on part pour un morceau speed tout ce qu'il y a de plus classique, Overmaster sort de sa manche un excellent refrain, d'une intensité dramatique parfaitement en rapport avec le sujet. Le groupe tente d'ailleurs de surfer sur la vague en proposant exactement le même type de refrain emphatique sur le morceau suivant, mais la ficelle est un peu grosse. Surtout que là encore, les Italiens ont un peu bâclé le boulot : aucun travail d'intégration à la compo, un petit silence et hop, on balance le refrain. Autant dire qu'on aurait pu le retrouver sur n'importe quel titre de l'album… Ceci dit, le refrain est également l'atout principal du très bon mid tempo "Children of the Sand", tandis que celui de "Nameless Hero", qui joue le rôle de la ballade de service, n'est pas mal non plus.


Madness Of War, c'est typiquement le genre d'album dont on n'attend absolument rien et qui se révèle au final être une très bonne surprise. Bien sûr, les Italiens n'ont rien inventé et se contentent d'arpenter des chemins déjà balisés, bien sûr on trouve quelques maladresses ci et là, mais on leur pardonnera aisément vu la qualité presque inespérée du reste de l'album, qui devrait aisément ravir les fans de heavy dans sa forme la plus primaire. Comme quoi on se moque, mais même les petites équipes sur le papier peuvent accomplir de belles choses !


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