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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 16 mai 2010
Sa note : 9/20

LINE UP

-Dorus
(chant)

-Joost
(chant)

-Ben
(guitare)

-Loek
(basse)

-Roel
(batterie)

TRACKLIST

1)Deadbeat
2)Pandemic
3)Virus
4)Cure for Life
5)Compulsory Infected
6)Wretched Worm
7)Cadaverous Abortion
8)Zombie Grinder
9)Prophet
10)Moulding the Deformed
11)Phobia
12)Premeditated
13)Sea of Limbs
14)Violent Overkill

DISCOGRAPHIE


Inhume - Moulding The Deformed



Je l'avoue, j'ai un peu de mal à comprendre tout l'aspect « fascination du gore » présent chez pas mal de groupes de métal extrême (ouais, en général, c'est pas un truc de gentil groupe de prog'). De Cannibal à Carcass, tous ces groupes, leurs visuels, et leurs lyrics, me répugnent quand même un brin. Et pourtant, pu*** que j'aime leur musique! Mais c'est vrai quoi, même si c'est second degré, ce que j'ose espérer, les tripes, les bébés morts et les dissections de zombies ça va bien cinq minutes … Et là, je reçois le dernier Inhume. Pas de bol, les Hollandais sont un peu typiquement le groupe fasciné par le gore que je viens de décrire. Et, évidemment, ils font du death grind sur-bourrin.

Vous l'aurez compris, même si je trouve ça vilain et vite lourd, le côté gore-grind-violence ne me dérange pas foncièrement pour peu que le groupe en question assure musicalement derrière. J'ai cité deux monstres références en la matière, monstres qui appartiennent à ce genre de groupes dont le son est tellement bon qu'il vous en ferait (presque) oublier tous les à-côté un peu nauséabonds qu'ils trimbalent. Seulement voilà, Inhume n'est pas Cannibal Corpse, et encore moins Carcass. Inhume, c'est plutôt un vieux groupe de stakhanovistes du grind un peu anonyme qui revient avec un Moulding The Deformed à la pochette absolument immonde, contenant 14 morceaux de death grind bourrin, certes carré et correctement exécuté, mais d'une banalité finalement assez affligeante, et qui plus est assez mal produit, ce qui n'arrange rien. C'est également deux chanteurs assez ridicules, le premier avec un growl qui ressemble plus à un borborygme de porc semi-égorgé qu'à un réel growl death maitrisé (''Deadbeat'', ''Pandemic''), et un second spécialiste des cris suraigus (''Pandemic'', Virus''), et pour lui même constat, c'est raté, aucune articulation, les deux frontmen se contentant finalement de sortir des sons difficilement identifiables, et qui en tout cas n'apportent absolument aucune valeur ajoutée aux morceaux. Et si, parfois, Inhume arrive à dépasser sa condition de chantre d'un grind-death bêtement bourrin pour proposer des trucs légèrement plus « progressifs », si je puis dire, ce n'est que très rare, et ça ne dure pas.

Le morceau ''Cure for Life'' en est un exemple (relatif cela dit), avec une intro et un refrain un peu travaillés, mais derrière le groupe retombe bien vite dans la fange, la faute notamment à des riffs tout sauf inspirés, et ce tout au long de l'album. Le jeu de batterie est du même acabit, platement bourrin, blastant à tout va sans aucun sens du groove, et par instants à la limite de la justesse (''Compulsory Infected''), ce qui est dommage. Bref, dans l'ensemble c'est très violent, le groupe ne levant que rarement le pied (''Cadaverous Absorption'', ''Pandemic'', et encore, je sais même pas si on peut appeler ça « lever le pied »), ne variant aucunement les ambiances, alternant invariablement pendant 14 morceaux riffs ultra simplistes et monolithiques sur fond de blast beat ou de rythmique thrash « poum-tac » au taquet, au choix. En gros, l'écoute de cet album, qui plus est atrocement long pour un album du genre, s'apparente plus à un calvaire qu'à un plaisir. Par contre, il faut rester objectif et préciser que le fan de death grind frénétique, bourrin et sans concession aucune y trouvera plus que largement son compte, tant le groupe évolue dans les plus caractéristiques archétypes du genre. Pour le profane par contre, l'impression que tous les morceaux sont interchangeables et l'incapacité quasi totale à retenir le moindre riff ou refrain intéressant de cet album seront autant de raisons de ne pas s'y attarder. Un truc pour des fans de grind surement, fait par des fans de grind assurément tant les bonshommes ont l'air d'aimer ça.


Pour conclure, typiquement un truc de spécialiste, on aime ou on déteste. N'étant, à la base, pas un fan du genre, j'ai eu beaucoup de mal avec cet album, qui représente selon moi tout ce que le grind a de pire à proposer : prod' minable, mecs dont on a parfois l'impression qu'ils savent à peine jouer, aucune inspiration dans les riffs, chant ridicule, morceaux monolithiques se ressemblant tellement que c'en est à peine croyable, bref rien de très engageant. À moins, bien sûr, d'être un fan déjà acquis à la cause.


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