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CHRONIQUE PAR ...

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Arroway's
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mai 2010
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-A. Hadorn
(chant)

-Fursy Teissier
(chant+guitare+basse)

-Winterhalter
(batterie)

TRACKLIST

1)L'envol des corbeaux
2)L'échappée
3)Les feuilles de l'olivier
4)Song for moutains
5)Sur les quais
6)Effet de nuit
7)Septembre et ses dernières pensées
8)Chanson d'automne
9)Svipdagr & Freyja
10)Une matinée d'hiver

DISCOGRAPHIE


Discrets, (les) - Septembre Et Ses Dernières Pensées
(2010) - post rock black atmosphérique - Label : Prophecy Productions




Ce n'est pas rien de dire que Les Discrets est issu de la même scène black atmosphérique qu'Alcest ou Amesoeurs. Créé en 2003 autour de Fursy Teissier (Amesoeurs, Phest), Winterhalter (Amesoeurs, Peste Noire) et A. Hadorn, le groupe sort son premier album en même temps que le petit dernier de Neige, Ecailles De Lune (chronique ici), sur le même label. À l'écoute, la première évidence qui s'impose est la filiation musicale forte entre ces groupes.


Il est tentant d'appréhender Septembre Et Ses Dernières Pensées en comparaison avec le dernier Alcest. Là où Neige propose un voyage paradoxal entre rêve bienveillant et ciel assombri, Les Discrets semblent s'enfoncer dans un cauchemar pas tout à fait torturé mais totalement gris. L'atmosphère de ces chansons respire le temps de pluie et le vent humide, soufflé par la voix diffuse de A. Handorn. On retrouvera dans le chant les mêmes caractéristiques indistinctes et peu articulées que chez Alcest, à cela près que le ton demeure le même sur l'ensemble de l'album, voire le tire en longueur. À quelques exceptions près, chaque morceau s'articule autour de ce chant filiforme vaporeux, d'une base rythmique saturée en cymbales brillantes, de riffs opaques et d'éclats de guitares métalliques – les mêmes que l'on retrouve chez Alcest, mais moins aériens. Les Discrets ne boudent pas une entrée en matière typiquement black & blast ("Les feuilles de l'olivier") mais semblent préférer les développements post rock plus ou moins aérés ("Effet de nuit", "Chanson d'automne", "Svipdagr & Freyja") quitte à parfois connaître des longueurs.

Car malgré l'éclaircie après la brume que nous apporte "Une matinée d'hiver", amorcée par l'accalmie de "Svipdagr & Freyja" dans sa deuxième moitié, Septembre Et Ses Dernières Pensées nous emporte trop loin dans la grisaille, jusqu'à nous faire perdre conscience. On s'enlise en milieu d'album dans des nappes électriques uniformes, on s'endort sur les intermèdes acoustiques ("Sur les quais"). Les changements d'atmosphère sont alourdis d'une pesanteur rythmique frôlant le doom. Le chant enfin prend des allures de somnolence monocorde, laisse filer l'album dans une certaine indifférence. Septembre Et Ses Dernières Pensées a pourtant pour lui, bien que reléguée à l'arrière, une certaine dynamique rock dans ses rythmiques qui se laisse s'exprimer dès que la batterie explore des horizons plus colorés comme sur le titre éponyme. Malgré tout, l'effet d'écoutes même approfondies reste beaucoup trop diffus et les éléments de composition ne sonnent pas de manière assez diversifiée pour que cet opus se distingue vraiment.


Indépendamment du rapprochement forcé avec Ecailles De Lune d'Alcest qui le dessert sensiblement, Septembre Et Ses Dernières Pensées est un premier album bien plus qu'honorable qui laisse ouvert à une marche de progression et de maturation. Et le groupe ayant signé pour un contrat de cinq albums avec leur label, nul doute que l'on aura l'occasion d'observer leur évolution.


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