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CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 03 mai 2010
Sa note : 12/20

LINE UP

-Mark Trueack
(chant)

-Matt Williams
(guitare+chœurs)

-Sean Timms
(claviers+chœurs)

-Shaun Duncan
(basse)

-Peter Raidel
(saxophone)

-Jamie Jones
(batterie)

-Tim Irrgang
(batterie)

TRACKLIST

1)Suffocation
2)Artificial World
3)Nothing Lasts Forever
4)Not Human Anymore
5)Tesla
6)Reflections
7)The Power of 3
8)Rule of 3's
9)Gone in the Blink of an Eye
10)The Great Reward

DISCOGRAPHIE

Artificial (2010)

Unitopia - Artificial
(2010) - pop prog - Label : Inside Out Music



Pour Unitopia, c’était clairement mieux avant. En cinquante minutes, ces Rois de la Fleur d’Outre-Atlantique se proposent de fustiger le matérialisme, le manque de communication, la surinformation, bref ce qui fait le sel de nos charmantes sociétés modernes ; et de renouer, pour de bon, des liens simples et naturels entre les hommes. Avec un tel postulat de départ, le chroniqueur prend peur devant ce qui pourrait être un aréopage de nostalgiques irrécupérables, du genre à réciter les mantras de Jon Anderson en lieu et place de la prière du coucher, et qui ont ressorti l’orgue Hammond et le Minimoog du grenier de Tonton pour l’occasion.

Alors, Unitopia, groupe revival ? Pas tout à fait. Le groupe a compris que pour parler à son époque, ça ne servait pas de l’aliéner de son décor. Du coup, pas de sonorités râpeuses, pas de batterie pachydermique ; et si la boucle ambient de "Suffocation", digne d’un Tangerine Dream de seconde zone, laissait craindre le pire, le morceau suivant rattrape la mise en proposant… un morceau de pop/rock honnête, agréable. Malgré l’aspect conceptuel de l’ensemble et les titres qui se répondent les uns les autres, la présentation d’Artificial reste modeste, et seules les 13 minutes de l’inégale "Tesla" peuvent faire figure de mastodonte au milieu d’un ensemble mesuré, jamais virtuose ni excessif. Ce qui n’empêche pas de grandes ambitions, comme un final tonitruant en la personne de "The Great Reward", qui remplit parfaitement son rôle : finir sur une note épique et vibrante, et accessoirement, sur le meilleur morceau de l’album. Sauf que finir sur une excellente impression, ça ne suffit pas toujours pour contrebalancer le reste…

Bah oui, parce que groupe revival, pas tout à fait, mais quand même. Car avec "Nothing Lasts Forever", Unitopia est peut-être parvenu à enregistrer l’hommage aux Beatles de l’album bleu le plus balourd de la création. Des citations du refrain (« Maybe the guys from Liverpool got it right when they said "Come Togetheeer" »… fallait oser) aux arrangements qui fleurent bon le George Martin au rabais, il y a un goût de trop plein qui sabre net le plaisir. Même chose pour les canons à la Gentle Giant qui interviennent ici et là ("Rule of 3's", "Gone in the Blink of an Eye") et tombent systématiquement comme un cheveu dans la soupe. Mais le plus agaçant, à force d’écoutes répétées, c’est bien cette manie qu’a Mark Trueack de singer le Peter Gabriel des années 2000 sur les trois quarts du disque. Or, si l’envie me prend d’écouter du Peter Gabriel, je vais plutôt mettre… un disque du Gab’, non ? Car dans ce contexte, le mimétisme est irritant, et c’est d’autant plus dommage qu’au naturel, sa voix est suffisamment chaude et expressive pour capter l’attention. Manque de pot, on l’entend surtout dans le pastiche "Nothing Lasts Forever"…


Pour un groupe qui dénonce l’artificialité, c’est quand même dommage de recourir à des « emprunts » aussi flagrants pour appuyer son propos. Et au final, ça pèse lourd dans la balance. Mais tout comme il y a des fans de The Watch, il y aura certainement des amateurs de cette uchronie pop-progressive dans laquelle le Gab’ n’aurait jamais quitté son terrain de jeu premier. D’autant plus que les mélodies y sont. La plupart du temps.


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