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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 19 avril 2010
Sa note : 17/20

LINE UP

-Greg Puciato
(chant)

-Benjamin Weinman
(guitare+piano+programmation)

-Jeff Tuttle
(guitare+chœurs)

-Liam Wilson
(basse)

-Billy Rymer
(batterie)

TRACKLIST

1)Farewell, Mona Lisa
2)Good Neighbor
3)Gold Teeth on a Bum
4)Crystal Morning
5)Endless Endings
6)Widower
7)Room Full of Eyes
8)Chinese Whispers
9)I Wouldn't If You Didn't
10)Parasitic Twins

DISCOGRAPHIE


The Dillinger Escape Plan - Option Paralysis
(2010) - hardcore barré inclassable jazz mathcore évolutif en diable - Label : Season Of Mist



« The Dillinger Escape Plan est devenu commercial avec Miss Machine!/DEP est enfin devenu audible avec Miss Machine et surtout Ire Works!/C'était mieux avant et Mike Patton a tout foutu en l'air avec Irony Is A Dead Scene!/Grâce à cet EP, le groupe a su s'ouvrir encore plus de portes et enrichir sa musique sans tourner en rond, chose risquée avec le genre qu'il a contribué, à savoir ce que l'on appelle le mathcore./Mais Ire Works était quand même un album bien commercial, ces mecs se sont vendus, ils ne font plus de mathcore depuis leur premier album!» Non, The Dillinger Escape Plan fait ce qu'il veut.

Et tant mieux. On ne le dira jamais assez, le plus important chez un groupe reste qu'il suive sa propre voie et non celle désirée par les fans de tout genre. Ce qui tombe bien étant donné que cela semble avoir toujours été la ligne de conduite de ces Américains bien barrés. Comme si jouer une musique ultra technique et bourrine ne leur suffisait plus, ils ont décidé peu à peu de jouer une musique encore plus technique et bourrine, l'accessibilité pop et mélodique en plus. Reste que cet Option Paralysis n'est pas vraiment le type d'album sur lequel le quidam moyen ira se ruer. Accessibilité reste un mot bien relatif. Et ce n'est pas l'opener "Farewell, Mona Lisa" qui me contredira. Car passée l'intro crunchy, c'est une déferlante de violence qui s'offre à votre gueule avec blast et hurlements au menu, suivi d'une succession de breaks tous plus variés les uns que les autres, du plan bœuf aux climax catchy comme il le faut.

Et après treize ans d'existence, le groupe a suffisamment engrangé d'expérience et de talent pour que ce fourmillement d'idées s'enchaîne sans accrocs, à l'image des épileptiques "Room Full of Eyes" et "I Wouldn't If You Didn't". Et lorsque la violence brute se doit de dominer, cela donne des titres ne dépassant pas les deux minutes trente avec "Crystal Morning" et son break central empli de tension ou encore "Good Neighbor" dont le beatdown final est d'une intensité effrayante. Les titres les plus longs sont forcément ceux où le patchwork est le plus fourni. "Chinese Whispers", par exemple, associe une intro barrée comme il faut à des couplets entraînants et beuglés par un Greg Puciato plus fort que jamais, tandis que les instants mélodiques sont écrasés par un blast agressif comme il se doit ou soutenus par une grosse caisse bien fâchée, jouée par la nouvelle recrue qu'est le jeune et impressionnant Billy Rymer, dont le jeu foldingue colle parfaitement avec les riffs atonaux et bien souvent déglingués de Benjamin Weinman et Jeff Tuttle.

Mais là où The Dillinger Escape Plan aime à en coller plein la trogne, c'est aussi par des titres que l'on pourrait qualifier de progressifs dans leur évolution, le superbe "Widower" en tête, où la violence n'intervient qu'au bout de quatre minutes d'une montée où le piano de Mike Garson accompagne, ou plutôt se voit accompagné par le groupe pour un titre qui n'est pas sans rappeler le délicieux "Mouth of Ghosts" présent sur Ire Works, groupe qui varie son propos avec une aisance évidente et un jeu plus épuré que ce à quoi il nous a jusque-là habitué durant les précédents morceaux. Et une fois la purée envoyée, c'est un final jazzy qui vient calmer le jeu pour une ambiance piano-bar envoûtante... avant un dernier coup dans la gueule. "Parasitic Twins", dernière pièce de l'album, surprend quant à lui par le fait qu'il s'agit d'un morceau dénué de violence de bout en bout, se concluant dans un final dont les chœurs de Puciato rappellent sans peine ceux dont un certain Devin Townsend a le secret. Surprenant.


S'ils sont des vendus à la solde des mercantiles maisons de disque (le groupe a quitté Relapsa pour se faire distribuer par Season Of Mist suite à la quasi absence de promotion que ce premier avait mis en œuvre pour leur précédent effort) et du public MTV (les membres avouent préférer l'ambiance des petites salles), The Dillinger Escape Plan est en tout cas devenu une référence d'inventivité et d'intégrité personnelle. Car forcément, des déçus, il y en aura. Dommage pour eux, Option Paralysis est une valeur sûre, que le groupe rend déjà de manière presque impeccable sur scène. Ce qui n'est même pas surprenant, à force...


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