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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 17 avril 2010
Sa note : 10.5/20

LINE UP

-Claudio Coassin
(chant)

-Luca Michael Martina
(guitare)

-Matteo Di Bon
(guitare)

-Andrea Corona
(claviers)

-Michele Colussi
(basse)

-Enrico Fabris
(batterie)

TRACKLIST

1)Fire Ants
2)Turned Up and Down
3)Never Ending Stairway
4)Nothing but a Mistake
5)I Want to Remember
6)Shift
7)Fake Idols
8)Beaten Roads
9)One Day
10)Buried in You / Walk On Actor

DISCOGRAPHIE

Flies & Lies (2007)
Psychromatic (2010)

Raintime - Psychromatic
(2010) - mélodique melodeath power metal un peu électro - Label : Lifeforce Records



C'est un pari risqué que tente Raintime avec Psychromatic. 3 ans après s'être fait remarquer avec Flies & Lies, leur second album porté par le buzz autour de la reprise du "Beat It" de feu MJ, les Italiens ont décidé de tout changer. Exit le melodeath à la suédoise, place à un power à la Evergrey laissant la part belle aux claviers. Un choix osé, puisque ce genre de changement drastique est souvent contre-productif : l'ancienne fanbase crie à la trahison, et la nouvelle, ben… elle n'arrive jamais. Alors ce pari, perdu d'avance ?

Ce qui est sûr en tout cas, c'est que les fans de Flies & Lies risquent de ne pas passer loin de l'infarctus à l'écoute de Psychromatic. Déjà, commencer l’album par des arrangements électro et balancer un passage carrément drum n' bass au bout de quelques secondes, fallait oser. Mais bon, à la limite ça passe, d’une part parce que ça reste assez court, et d’autre part parce que "Fire Ants" est de loin le titre le plus réussi de l'album, le plus catchy du moins. Mais par contre, le refrain dansant de "Turned Up and Down", là c'est pousser le bouchon un peu loin. Non mais sans déconner, c'est quoi ce délire ? On dirait du tanz metal, cette abominable spécialité Allemande, la lie de toute musique assimilée de près ou de loin au metal. À moins que Raintime n’ait eu envie de réaliser son propre "Stick Stickly", dont le célébrissime clip a révélé Attack Attack! aux yeux du monde entier… Toujours au rayon nouveautés qui risquent de ne pas faire l’unanimité, la disparition du growl. Claudio Coassin n’utilise désormais que le chant clair agressif avec la maxi dose d'effets. Seule exception, une tentative de chant hardcore sur "Nothing but a Mistake" qu'on qualifiera de particulièrement poussive. Claudio, si tu nous lis : ne refais jamais ça s'il te plaît, c'est vraiment pas ton truc.

On ne s'attarderait sans doute pas autant sur le changement de direction artistique de Raintime si celui-ci avait été réussi. S'il avait été moins suspect aussi. Parce qu'à l'écoute de titres aussi putassiers que "Nothing but a Mistake" ou "One Day", on a vraiment l'impression d'un album calibré pour le marché US. À se demander si Raintime ne partage pas le même management que Lacuna Coil… Attention, cela ne signifie pas automatiquement que c'est mauvais, à l'image du thrashy "Beaten Roads" plutôt sympa, mais difficile de passer outre ce côté calculé à l'extrême. Et puis il faut quand même bien avouer qu'à l'issue des 47 minutes que dure Psychromatic, il n'y a pas grand-chose de marquant à signaler. Peut-être la lente et étrange "Shift", qui développe une ambiance froide, limite déshumanisée, lorgnant presque vers la cold wave (!). "Fake Idols" aussi, un mid tempo tout aussi catchy que "Fire Ants". Pour le reste, on a affaire à un paquet de plans power et parfois neo, qui semblent interchangeables d'un morceau à l'autre. En fait, les Italiens se cassent les dents sur le même écueil qu'Evergrey sur Monday Morning Apocalypse : balancer du gros riff bodybuildé c'est bien, mais sans le sens du refrain qui tue à la Disturbed, il manque clairement un truc.


Si l'on s'en tient au strict plan artistique, on peut véritablement parler de gadin pour Raintime. Loin de confirmer les espoirs nés de Flies & Lies, Psychromatic marque au contraire une nette régression. Mais tout n'est pas perdu pour les Italiens : tout le monde sait que qualité et succès commercial ne sont absolument pas liés. Il leur reste donc encore une chance de réaliser l'objectif principal à peine masqué de Psychromatic : vendre plus d'albums, peu importe le prix à payer. Y compris celui de la perte de l'intégrité artistique…


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