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CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 10 avril 2010
Sa note : 16/20

LINE UP

-Sean Jenkins
(chant)

-Sacha Laskow
(guitare+chœurs)

-Nick Foster
(basse+chœurs)

-James Duncan
(guitare)

-Brett Duncan
(batterie)

TRACKLIST

1)Abiogenesis
2)Beg to Consume
3)Lay in the Bed You've Made
4)Emergent
5)Transformation
6)Monsters Are Real
7)Embrace the Uncertain
8)Formless Dimension
9)Approaching the Singularity

DISCOGRAPHIE

Allegory (2008)
The Singularity (2010)

Divinity - The Singularity
(2010) - death metal thrash metal Metal hybride inspiré - Label : Candlelight



Je l'avoue, j'ignorais absolument tout du groupe dont je vais vous entretenir aujourd'hui avant que mes chers collègues me balancent cette promo, qualifiée par leurs soins de « métal hybride bourrin ». Et ma foi, je dois dire qu'il s'agit d'une définition plutôt véridique, que je préciserai en ajoutant qu'il s'agit de Canadiens, et qu'en bons canadiens pratiquant un métal virulent et contemporain, ils se sont quelque peu inspiré de celui qui incarne « za Canadian fuckin' metal » depuis des années, je veux bien sûr parler de l'incommensurable génie et du travailleur infatigable aux multiples projets et casquettes qu'est le grand Devin Townsend.

Clairement, nul ne peut décemment se prévaloir d'être fan de métal et ignorer qui est l'énergumène, à moins d'avoir 14 ans et de croire qu'Epica ou Marilyn Manson c'est du métal (on en a vu, on en a même été parfois). En tout cas, les mecs de Divinity eux le savent très bien. Et ça s'entend dès le premier morceau, dont la lourdeur et le groove présents dans les riffs saccadés et le jeu de batterie fait immédiatement penser soit à du Devin Townsend Band bourrin, soit à du Strapping Young Lad posé (''Abiogenesis''). Mais n'allez pas pour autant vous imaginer qu'on va se taper du plagiat de DT ou de SYL pendant trois quarts d'heure. Que non. Si l'influence du père Dev' est bien présente, elle reste assez diffuse sur la suite de l'album, car clairement Divinity sait construire des compos pleines de personnalité et d'identité. Bien aidés en cela par une production au taquet, surpuissante comme il se doit et claire tout en restant suffisamment charnelle et organique, les Canadiens nous envoient en pleine face neuf titres puissants, racés et variés, remplis de bonnes idées et, comme de bien entendu, excellemment exécutés sur le plan technique.

En même temps, dans le métal moderne au sens large (et notamment le deathcore et la vague groove metal), on a de plus en plus l'impression que tous les groupes sont systématiquement composés de putains de musiciens au niveau technique indécent. Cela dit on ne va pas s'en plaindre, du moins pas en ce qui me concerne. Mais bien évidemment, la technique ne fait pas tout, et pour exister au sein de la masse il s'agit d'être capable de composer des morceaux qui marquent. Et de ce point de vue là, pas trop d'inquiétudes à avoir du côté des ptits gars de Divinity, tant ce deuxième album des canucks BUTE. Les mecs sont inspirés, c'est indéniable, même si le tout n'est pas toujours d'une grande originalité et qu'un assez haut niveau de bourrinage est maintenu tout au long de l'album. Enfin quand je dis que c'est bourrin, disons plutôt que le/la fan de brutal death trouvera ça plutôt posé quand le/la fan de gentil prog' croira écouter la bande son de la fin du monde, sauf peut-être sur la légèrement moins poilue ''Embrace the Uncertain'', au côté prog' justement assez marqué. Quoi qu'il en soit, l'écoute de ce Singularity ne s'avère absolument pas fastidieuse, et les pistes s'enchaînent et ne se ressemblent pas.

Au niveau des voix, du lourd également, avec une alternance voix hurlée/voix claire extrêmement bien dosée. La voix claire rappelle énormément celle de Guillaume Bideau, on a donc par moments l'impression d'écouter du putain de bon Mnemic (''Lay in the Bed You've Made'', soit le genre de morceau que les Danois aimeraient bien pouvoir écrire) ou du Scarve période Irradiant, ce qui fait toujours plaisir vu l'énorme tuerie qu'est cet album. Mais tout cela ne nous dit pas ce que joue Divinity, au juste. Et là, c'est la grosse colle, ce qui en général n'est pas mauvais signe, bien au contraire. On pourrait tout de même dire que les Canadiens jouent un genre de thrash-death hyper moderne et varié, incorporant des claviers et autres samples (''Approaching the Singularity''), des riffs puissants et plein de groove qui ne sont pas sans rappeler DT et SYL bien sûr (''Beg to Consume'', ''Transformation''), mais également la scène mélodeath (''Lay in the Bed You've Made''). De plus, il s'agit d'un groupe qui sait également faire preuve d'un classicisme agréable car parcimonieux (sur ''Formless Dimension'' et ses plans thrash old-school notamment). Du très lourd donc.


Bref, un style assez difficilement descriptible car terriblement personnel + de nombreuses écoutes nécessaires pour appréhender des morceaux extrêmement riches, variés, tout en gardant une grosse cohérence sur l'album + un sacré paquet de bonnes idées + des vocaux énormes + une prod' en béton + des soli de champions + etc = dites-moi, ça sent un peu la tuerie ce truc non? Eh ben ouais, c'est la claque mon gars/ma fille, et Dimebag te dit donc : « jette-toi dessus si tu veux du lourd ». Un album à ne pas manquer, assurément. Et n'en déplaise à mon éminent collègue CCC dont la chro lattait un brin leur premier assaut, je vais direct me le choper histoire de voir si ça claquait déjà autant.


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