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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 02 avril 2010
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Jamie Hanks
(chant)

-Taylor Danley
(guitare)

-Kyle Rasmussen
(guitare)

-Adam Roethlisberger
(basse)

-Scott Walker
(batterie)

TRACKLIST

1)Awaken
2)8 to 5
3)Through His Eyes
4)Out of Sight Out of Mind
5)Builind and Breaking Bridges
6)Frozen Feastings
7)Lucid Nightmare
8)A Great Farmland Romance
9)As the Vultures Circle
10)Still Breathing

DISCOGRAPHIE

An Awakening (2010)

Those Who Lie Beneath - An Awakening
(2010) - death metal brutal deathcore 100% US - Label : Metal Blade Records



Qu'on l'encense ou qu'on l'abhorre, nul ne peut nier que la vague deathcore a été, ces dernières années, l'une des plus grosses pourvoyeuses de sorties metal. Dans le sillage des « pionniers » du genre (Despised Icon, Black Dahlia Murder, All Shall Perish, etc), un nombre de groupes hallucinant s'est formé aux US et a commencé à surfer sur la vague, un peu comme ce fut le cas quelques années auparavant avec le metalcore, dont le deathcore est lui-même inspiré. Dans ce contexte, nous évoquons aujourd'hui Those Who Lie Beneath (TWLB), jeune groupe de Portland fondé en 2009 et qui n'a clairement pas perdu de temps pour sortir son premier album.

Et le premier constat que l'on peut faire, c'est que nonobstant la rapidité peut-être excessive avec laquelle ce premier LP a été sorti, les choses ont été bien faites, du moins dans la forme. La production en est l'exemple parfait : extrêmement lourde et puissante, elle colle parfaitement à la musique du groupe, soit un mix des plus violents entre brutal death (beaucoup) et hardcore/metalcore (un peu). En effet, tout comme les groupes dont il se rapproche clairement (Carnifex, Whitechapel, ou Dying Fetus si on remonte un peu plus loin), TWLB est beaucoup plus « death » que « core ». Assez peu de beatdowns propres au genre donc, mais plutôt des compos lorgnant vers le grind et le brutal death, notamment au niveau du chant extrêmement gras et guttural, se rapprochant parfois des vilains pig squeals bien connus des aficionados du grind. Bref, ici point de deathcore à velléités commerciales, mais bien un album hyper bourrin, compact et sans pitié. En gros ça blaste dans tous les coins, pas une once de chant clair à l'horizon, le tempo ne ralentit que rarement et encore, quand il le fait c'est pour mieux écraser l'auditeur sous des gros breaks malheureusement assez patauds, bien qu'utilisés avec parcimonie, ce qui n'est déjà pas mal quand on voit comme certains groupes sur-abusent des beatdowns coreux sans aucune inventivité (Despised qui?).

A part ça, eh bien la promo du groupe ne ment pas sur la marchandise : « sur cet album, nous voulions être les plus brutaux et evil possible ». De ce point de vue c'est mission accomplie, tant ce An Awakening arrache. Fans de Dying Fetus, Suffocation et autres Immolation, vous ne serez pas dépaysés, car comme je le disais TWLB reste foncièrement bourrin et n'aère que rarement son propos. Par contre, quand la même promo se permet de fanfaronner, en assurant que le groupe se démarque clairement par son originalité dans un style en perte de créativité et aux « riffs recyclés », on dit « non non, tonton » quoi. Alors certes, il ne s'agit là de que du jeu de la promotion et de la pub, seulement le groupe est tellement à l'opposé de cette définition que cela énerve quelque peu le chroniqueur alléché par cette promesse d'un véritable « souffle d'air frais ». En gros, Those Who Lie Beneath c'est absolument tout sauf original, comme d'ailleurs la plupart de ses comparses deathcoreux ayant choisi de suivre la Brutale voie ouverte par les grands anciens, Suffo et autres Cannibal Corpse en tête. TWLB fait donc preuve d'un classicisme quasi effarant dans la construction de ses compositions, sur les séquences grind/death frénétiques (''Awaken'', ''8 To 5'') ou les passages plus lourds et mid-tempo (''Through His Eyes'').

Les riffs sont également au diapason, c'est-à-dire aussi bien exécutés que communs et déjà entendus, de même que les breaks et les solis qui à de rares exceptions près (le final de ''Building and Breaking Bridges'' notamment) n'apportent absolument rien de neuf. On retient quelques bonnes idées de-ci de-là, notamment un final en mode instrumental prog' pas dégueulasse (''Still Breathing'') ou encore un ''Frozen Feastings'' au feeling plus black metal assez rafraîchissant au milieu de toute cette lourdeur, mais dans l'ensemble tout cela est un peu léger, et l'écoute de ce pavé compact, homogène et violent s'avère de ce fait assez vite fastidieuse. Bref, un groupe extrêmement professionnel pour un premier album, affichant de grosses capacités techniques et qui maîtrise son propos. En termes de contenu, d'originalité et de personnalité par contre, pas grand chose à se mettre sous la dent, et c'est tout de même un sentiment de déception et d'ennui qui domine après maintes écoutes. TWLB, dans sa volonté de ne pas sortir des sentiers battus et de proposer un son plutôt hype en ce moment dans le metal bourrin 100% US, devrait donc salement galérer à sortir du rang et à se faire remarquer. Du moins de ce côté-ci de l'Atlantique.


Finalement, assez peu de choses à dire sur cet album tant TWLB manque encore de personnalité. Carré et pro certainement, mais tout aussi anonyme et interchangeable. Les natifs de Portland trouveront probablement leur public aux US dans la mesure où le style qu'ils pratiquent est très en vogue là-bas, mais pas plus, du moins pas avec un album si avare en prise de risques. Typiquement le genre de groupe qui cristallise toutes les critiques à l'encontre du deathcore, critiques à relativiser tout de même, au vu de l'inexpérience de ses membres. Quoi qu'il en soit, souhaitons leur de parvenir à se démarquer un peu plus à l'avenir.


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