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CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 20 mars 2010
Sa note : 16/20

LINE UP

-Tim Goergen
(chant)

-Joe Cocci
(guitare)

-Jay Van Schelt
(guitare)

-Mike Beaujean
(basse)

-Drummer
(batterie)

TRACKLIST

1)The Book of Books
2)Arsenal
3)Dig a Ditch
4)Call Off the Wedding
5)Extinguish Them
6)Jump Ship
7)Creature
8)Tractor Pull
9)Holy Mess
10)Victory

DISCOGRAPHIE

Creature (2009)
Halfway Human (2017)

Within The Ruins - Creature
(2009) - death metal metal prog deathcore prog - Label : Victory Records



Alors aujourd'hui, pour changer, je vais vous parler...deathcore. J'entends déjà les « roh non, pas ça, parlons plutôt drone doom » s'élever, mais je me permettrais d'y couper court en vous assurant tout d'abord que le groupe dont je vais vous entretenir vaut le détour. Vraiment. Puis je vous dirais que si vous n'êtes pas content, ma foi vous pouvez toujours vous rabattre sur mes autres papiers du moment, qui en plus d'être fort bien écrits ne parlent pas une seule seconde de deathcore, mais bien de brutal death, de black étonnant et de melodeath, soit une merveilleuse preuve du formidable esprit d'éclectisme qui m'habite.

Mais je m'égare, et même si un peu d'auto-congratulation n'a jamais fait de mal à personne, revenons à nos jeunes moutons belliqueux de Within The Ruins. Et pour commencer soyons cash : si vous abhorrez le deathcore, pas la peine de vous forcer à écouter ce groupe dans une honorable mais vaine tentative d'ouverture d'esprit, ce n'est clairement pas Within The Ruins qui vous le fera aimer, tant les américains évoluent dans les plus classiques archétypes du genre. D'un autre côté, si vous êtes plus ou moins acquis à la cause, ou du moins pas allergique au genre, je peux d'ores et déjà vous assurer que vous allez adorer ce Creature, tant Within The Ruins maitrise à la perfection les codes du style et se les approprie avec une personnalité indéniable. Prod' parfaite, ultra claire et puissante (peut-être trop même, quid du passage des titres à l'épreuve du live?), niveau technique aberrant voire hallucinant pour un groupe aussi jeune, tout y est. Du côté des compos, même combat : le groupe alterne couplets frénétiques aux accents thrash death, breakdowns propres au genre, avec des changements de rythme et d'ambiance incessants amenant un fort côté « prog' surexcité » à l'ensemble, le tout bien sûr avec une facilité déconcertante. Alors certes Within The Ruins a tendance, comme beaucoup de jeunes groupes du genre, à manquer de cohérence dans ses compos et à trop confondre technique et musicalité. En effet, Creature est un pavé d'une grande richesse, qui nécessite un sacré paquet d'écoutes avant de livrer un verdict équitable.

Mais autant dans la plupart des cas le manque de cohérence et de fil directeur dans les morceaux suffit à tuer un album prometteur (comme chez Animosity ou The Boy Will Drown), autant chez Within the Ruins on leur pardonne bien volontiers ces erreurs de jeunesse, et ce pour deux raisons majeures. Premièrement, parce que WTR a su, sur ce Creature, mesure garder et a réussi à construire des compos très variées tout en gardant un minimum de cohérence (''The Book of Books'', ''Dig a Ditch''). La seconde raison c'est tout simplement l'inspiration et le talent des musiciens, largement au dessus de la moyenne, notamment chez la paire de gratteux qui nous gratifient de riffs sacrément techniques et inventifs, finement ciselés tout au long de l'album (l'énorme ''Creature''), alors même que le tout reste foncièrement bourrin et que le groupe ne lève que rarement le pied (les instrus ''Jump Ship'' et ''Victory'', et encore... ). La section rythmique n'est pas en reste puisque le groupe prend un malin plaisir à proposer des séquences sortant de l'ordinaire et lorgnant vers le mathcore (un peu), le prog (beaucoup!) et l'expérimental, notamment en triturant les habituels breakdowns du genre qui peuvent vite s'avérer très chiants pour leur donner une teinte bien plus technique et variée (''Creature'', le méchant final de ''Dig A Ditch''), le tout sans jamais abuser de ceux-ci, ce qui est déjà en soi un bel exploit au sein de la scène deathcore.


Bref, une belle réussite en ce qui me concerne. On en prend réellement plein les oreilles à l'écoute de ce Creature, album-monstre parsemé de dizaines de bonnes idées qui accrochent l'auditeur pour peu qu'il ne soit pas trop réfractaire au style. Alors évidemment, cette galette n'est pas évidente à aborder tant il y a d'informations à digérer, mais quelques écoutes auront tôt fait de vous convaincre du talent des jeunes américains, qui se rapprochent indubitablement des cadors de la scène, Iwrestledabearonce et Arsonists Get All The Girls en tête.


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