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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 18 mars 2010
Sa note : 12/20

LINE UP

-Klaus Hyr
(chant)

-Hank Shermann
(guitare)

-Craig Locicero
(guitare)

-Marc Grabowski
(basse)

-Mark Hernandez
(batterie)

TRACKLIST

1)Demon Class
2)Ghost Hunt
3)My Tongue
4)Luscious Damned
5)Below Zero
6)Alien Six
7)Palace of Glass
8)Fast and Furious
9)Summoned
10)Astronomica

DISCOGRAPHIE

Demonstrous (2010)

Demonica - Demonstrous
(2010) - thrash metal moderne - Label : Massacre



Avant même de passer sur la platine (ou dans le lecteur MP3 désormais), il y a des promos qui ne vous inspirent pas grande confiance. Premier indice : Massacre Records, un label pas spécialement réputé pour la qualité de son catalogue. Deuxième indice : une pochette carrément moche, qui ne risque pas d'appâter le chaland. Troisième indice, un nom pourri, Demonica, ultra clichesque et qui évoque immédiatement les tréfonds de la troisième division du heavy suédois ou du speed mélodique finlandais. Pas gagné tout ça…

En fait, c'est au moment de la lecture du line-up que l'intérêt remonte d'un cran. Matez un peu la paire de guitaristes : Hank Shermann de Mercyful Fate, et Craig Locicero de Forbidden. Ça vous en fout pas plein les mirettes une association pareille, deux fines gâchettes qui nous refont le coup de l'entente américano-danoise pour la gloire du thrash ? Parce qu'en effet, Demonica se rapproche davantage du domaine habituel de Locicero que de celui de Shermann. Toutefois, on est loin d’une simple resucée de Forbidden puisque ce projet s’inscrit principalement dans une veine power / thrash moderne, avec quelques touches neo de temps en temps (sur "Below Zero" ou "Summoned" notamment). Histoire de faire simple, on dira que Demonstrous s’inspire pas mal d’Annihilator, et en particulier l’album Schizo Deluxe, dont on retrouve ici les mêmes atouts… mais aussi les mêmes défauts.

Après une intro mid tempo déjà bien charpentée, les choses sérieuses commencent enfin et là, c’est la grosse mandale dans la tronche : quelle puissance hallucinante ! La production maousse, le riff épileptique, le chant rageur, la batterie en mode berserk, tout converge vers le même but : en foutre plein la gueule de l’auditeur. Même dans un style où la performance collective prime afin d'ériger un véritable bloc, Shermann et Locicero parviennent tout de même à se montrer à leur avantage par des leads bien sentis ou des soli impeccables. Bref, "Demon Class" est un opener monstrueux qui lance l'album sur des bases très élevées. Mais les interrogations ne tardent pas à arriver, dès le titre suivant en fait : "Ghost Hunt" assure bien elle aussi, mais le coup du couplet ultra-bourrin suivi d'un refrain mid tempo, ils nous l'ont pas déjà fait sur le morceau précédent ?

Et le reste de l'album déroule sa partition sur le même ton, avec des variations très minimes d'un titre à l'autre. Du coup, la lassitude s'installe rapidement et pour un "Fast and Furious" qui tire son épingle du jeu, il faut aussi se fader des titres sans plus comme "Luscious Damned" voire carrément ratés comme "Alien Six", dont le refrain force tellement le trait sur le côté evil que ça en devient grotesque. Peu de titres ressortent du lot : "My Tongue", un mid tempo basique mais qui du coup tranche énormément avec les autres titres, avec un Klaus Hyr qui singe Dave Padden ; le lent et heavy "Below Zero", qui parvient à développer une ambiance vaguement torturée ; et "Palace of Glass", un titre dans l'orientation générale de l'album, mais qui dispose d'un break absolument génial, avec un gimmick de guitare un peu barge qui rappelle forcément la patte Annihilator.


Aveuglés par leur quête de puissance absolue, Demonica tombe dans le même piège que Jeff Waters en son temps sur Schizo Deluxe : oublier d'écrire de vrais morceaux. Évidemment, le potentiel est là (comment aurait-il pu en être autrement ?), mais celui est loin d'être exploité à sa juste mesure, et au final les moments mémorables ne sont pas légion. Demonstrous fait un peu l'effet d'une gifle : sur le coup ça pique, mais 5 minutes après tout est oublié. Verdict final : pas foncièrement mauvais, mais Demonica avait en main de quoi faire tellement mieux…


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