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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 07 mars 2010
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Al Jourgensen
(chant+arrangements+guitares+claviers)

+ Guests/divers
(tout le reste)



TRACKLIST

1)Trojan Horse
2)Filthy Senoritas
3)Dykes
4)Juice
5)Piss Army
6)Fuck Money
7)Bitch Addictive
8)Air Traffic Control
9)Poke a Hot Ass
10)Me So Horny
11)Me So Horny (remix)

DISCOGRAPHIE


Revolting Cocks - Got Cock?
(2010) - rock indus électro obsédée - Label : 13th Planet Records



Je l'avoue, mon premier contact avec les Revolting Cocks ne m'a pas mis dans les meilleures dispositions pour chroniquer cet album : un vieux clip horrifico-sexy sentant bon l'arrache et les années 90 où les compères de side-project de l'inénarrable Al Jourgensen se fendent d'une reprise électro-rock-indus un peu minable de "Do You Think I'm Sexy" du paléolithique Rod Stewart. Bref, pas trop ma tasse de thé. Mais devant le second (voir troisième, voir douzième) degré clairement affiché par le groupe, je me devais de m'atteler à la chro de cette nouvelle galette des clowns de Jourgensen avec la même décontraction. Il n'empêche...

Il n'empêche en effet que comme dirait le fabuleux Orson Welles dans le non moins fabuleux Grand Détournement : La Classe Américaine, pondu à l'époque par une certaine chaîne cryptée de qualité : « J'ai l'impression qu'on se fout un peu de ma gueule ». Et c'est effectivement bien l'impression qui domine après quelques écoutes de ce Got Cock?, qui se trouve être tout de même le 8e album de ce side-project aussi drôle et con que dispensable, du moins d'après ce que j'ai pu en écouter. Bref, Revolting Cocks c'est du gros rock indus qui tâche comme le père Al sait si bien le faire (pour peu qu'on en soit fan, ce qui n'est pas réellement mon cas), mixé dans le cas des RevCo avec des touches d'électro que je qualifierais de « boom boom vulgos », comme sur les assez vilains ''Dykes'' et ''Me So Horny'' par exemple. Mais ne vous y trompez pas, RevCo c'est avant tout du pur rock'n'roll indus (''Trojan Horse''). Une fois encore, pas trop ma came, mais passons. En toute objectivité alors, que dire de cet album à la pochette aussi pourrave que sa production est carrée et puissante (le père Al s'en est carrément chargé lui-même) ?

Eh bien que pour un peu que vous ne soyez pas allergiques aux couplets fleurant bon la cold wave surchargée chargée en paillettes, effets et autres samples un peu cheap (''Filthy Senoritas'') et les refrains aux riffs un peu easy, ma foi vous risquez d'apprécier. Niveau chant, pas trop de surprises non plus, mais Al alterne les phases chantées de sa voix grave reconnaissable entre mille (on aime ou pas) et les phases plus énervées (en mode vocodées ou non) avec une originalité et un sens de l'humour et du décalage qu'on ne peut qu'applaudir. Bref c'est un peu la foire d'empoigne là-dedans, le groupe alterne les morceaux axés électro et ceux beaucoup plus axés rock'n'roll avec facilité et professionnalisme, et il faut bien admettre que c'est relativement efficace, même quand on est un poil réfractaire au style comme je le suis. Difficile en effet de résister au refrain d'un ''Piss Army'' (nom donné aux fans du groupe) et à ses spoken lyrics hilarants où Al garantit à toute groupie s'engageant dans la-dite armée la possibilité d'être, comment dire, chaleureusement accueillie par « au moins un des membres fondateurs du groupe »...

Musicalement parlant, pas grand chose d'original certes, mais le groupe ne se contente en tout cas pas du minimum, avec des riffs qui accrochent (''Fuck Money'') et surtout la prestation d'un Al Jourgensen encore une fois en grande forme et qui tire littéralement le groupe derrière lui (en même temps c'est un peu lui, le groupe.) : l'entendre s'égosiller « so buy my fuckin' album » sur ''Fuck Money'' est véritablement un plaisir. Alors après tout n'est pas parfait, loin s'en faut, et il est clair que sans la grande forme d'un Al décidément excellent, cet album pourrait vite passer pour une belle bouze tant les lignes de chant font finalement toute la qualité (relative!) de cet album. J'en veux pour exemple un ''Air Traffic Control'' ou un ''Poke a Hot Ass'' qui s'avèreraient vite assez pénibles sans l'inventivité du frontman, qui se pose ici un peu en Mike Patton du genre. Et ce n'est pas le pour le moins pouffesque ''Me So Horny'' sur lequel se clôt l'album qui modifiera ce sentiment.


Bref, cela ne vous aura pas échappé, j'ai au cours de la rédaction de cette chro quelque peu modifié mon point de vue sur la nouvelle saillie du gars Jourgensen, dont il faut bien reconnaître le talent et surtout la capacité à se foutre de tout et de tout le monde pour nous sortir un album aussi allumé et obsédé que ce Got Cock?. Alors comme je le disais, on se fout un peu de la gueule du monde et je ne vois personnellement pas de grand intérêt à l'achat d'une telle connerie, mais il est clair que le groupe a évité le naufrage en sortant un album indéniablement fun sans pour autant oublier le côté carré et professionnel du tout. Du kiff pour les fans, une curiosité pour les autres en somme.


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