3961

CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 02 mars 2010
Sa note : 9/20

LINE UP

-Guillaume Bideau
(chant)

-Mircea Gabriel Eftemie
(guitare)

-Rune Stigart
(guitare)

-Tomas "Obeast" Koefoed
(basse)

-Brian "Brylle" Rasmussen
(batterie)

TRACKLIST

1)Sons of the System
2)Diesel Uterus
3)Mnightmare
4)Climb Towards Stars
5)The Erasing
6)Climb Towards Stars
7)March of the Tripods
8)Fate
9)Hero(in)
10)Elongated Sporadic Bursts
11)Within
12)Orbiting

DISCOGRAPHIE


Mnemic - Sons of The System
(2009) - indus metal mainstream - Label : Nuclear Blast



Il est indéniable que la vague de metal dite « moderne », aux influences cyber et indus notamment, a plutôt le vent en poupe ces dernières années. Depuis Fear Factory, un paquet de groupes plus ou moins influencés par les robots de la Bay Area et plus généralement par tous les groupes ayant cette volonté de faire avancer le schmilblick métallique à grands coups de samples et d'expérimentations diverses, se sont essayés avec plus ou moins de succès à l'exercice périlleux de la modernisation de notre almighty metal. Et autant parfois on assiste à de belles réussites (le dernier Sybreed par exemple), autant là c'est plutôt du coté du plantage qu'il faut regarder...

Alors certes, le dernier album des Danois, qui comme chacun sait comptent en leurs rangs Guillaume Bideau, digne représentant de la scène métal française s'il en est (ex-Scarve notamment), possède certaines qualités, que j'évoquerai plus bas. Mais clairement, les ptits gars de Mnemic, officiant tout de même dans le genre depuis bientôt 10 ans avec ce 4e album, ne parviennent pas à franchir le palier qui les auraient amenés un niveau au-dessus et surtout à satisfaire les attentes causées par le buzz dont le groupe semble bénéficier ces derniers temps. Ce Sons Of The System avait pourtant l'enrobage du carton plein : titre accrocheur, artwork dans la même veine, un ''Diesel Uterus'' aux allures de tube lâché dans la nature quelques temps avant la sortie de l'album pour faire monter la sauce, bref on s'attendait à du lourd. Et après maintes écoutes, je dois dire que c'est quand même la bonne grosse déception.

Déjà, assez peu d'évolution par rapport aux albums précédents : toujours ces ambiances indus et ces samples entendus mille fois enrobant des riffs saccadés, martiaux, lorgnant vers le Meshuggah et évidemment le Fear Factory mais sans vraiment arriver ni à les égaler ni à s'en démarquer : quand on voit ce qu'arrivent à pondre des groupes bien plus jeunes (les énormes After The Burial ou Architects en tête), on se dit que c'est dommage. On se rassure tout de même au niveau de la production, avec un son surpuissant et très clair bien qu'un peu chargé et avec quelques réserves sur la grosse caisse, trop en retrait à mon sens, du moins pour un groupe officiant dans une veine où celle-ci possède un rôle des plus centraux. Mais ce qui agaçe par-dessus tout, ce sont ces velléités clairement affichées de viser un public le plus large possible et de taper dans le gros mainstream sans vergogne.

La totalité des refrains sont ainsi passés à la moulinette « mélodie éculée + voix claire (au demeurant de qualité, on parle tout de même de l'ex-voix claire de Scarve, mais malheureusement pas des plus inspirées ici) + samples type chœurs ou nappes de synthés grandiloquentes » . Ainsi, on a le droit a un ''Mnightmare'' au refrain des plus pénibles ou encore à un ''The Erasing'' quasi exclusivement chanté en voix claire, avec un riff rappelant un mauvais In Flames époque Soundtrack To Your Escape, tout comme sur ''Elongated Sporadic Bursts'' d'ailleurs. Les guitaristes sont en effet au diapason de cette velléité de faire du facilement accessible, et autant les gars d'In Flames sont, qu'on aime ou pas le virage pris par le groupe en 2002, des pointures en la matière, autant Mnemic a encore du boulot : écoutez le riff d'intro de ''Climbing Towards Stars'' par exemple, ou encore un ''March of The Tripods'' des plus chiants niveau jeu de gratte, pour vous en convaincre.

Il n'y a bien que les riffs de ''Diesel Uterus'' qui m'aient fait bouger la tête, malgré cette dérangeante impression d'entendre quasiment le même riff d'intro que sur l'excellent ''Early Grave'' d'Architects. Bref, on a tout calibré au millimètre près pour que ça accroche, et notamment sur le chant, sur lequel je reviens parce qu'il y a quand même grosse déception par rapport à ce que Guillaume proposait par le passé. Certains refrains frisent ainsi le ridicule, tant le chanteur en fait des tonnes : sur un ''Fate'' ou un ''Diesel Uterus'' par exemple, on n'est vraiment pas loin de l'émo, ou alors du plagiat de Burton C. Bell sur 'Elongated Sporadic Bursts''...De manière plus générale, il n'est pas un morceau où le groupe n'aie pas cette volonté de faire de l'accessible à base de riffs simplistes et de refrains de stade, masqués par une prod' pachydermique, un jeu de batterie intéressant et un bel enrobage de samples.


Vous l'aurez compris, je considère cet album comme un beau paquet cadeau aux atours aussi alléchants que son contenu est décevant. Je considère donc qu'au delà d'une démarche qui ne regarde que le groupe et que je ne jugerais pas, Mnemic a surtout raté son coup et sa cible. C'est ce qui justifie le coup de gueule passé sur ce 4e album, et c'est bien dommage quand on voit à quel point il est possible d'allier qualité et démarche plus commerciale (les derniers Sybreed ou Darkage en témoignent).


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7