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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 22 février 2010
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Jason Wood
(chant)

-Christopher Cappelli
(guitare)

-Mike Hatalak
(guitare)

-Steve Lemke
(basse)

-Nick Mirusso
(batterie)

TRACKLIST

1)This Ghost
2)Reckless Abandon
3)Thank You for Drinking
4)Miss October
5)Bled Out In Black and White
6)Martyr of Truth
7)Nihility
8)Life of Uncertainty
9)The Architects
10)Complacence Without Pursuit (Lividity)

DISCOGRAPHIE

Lividity (2009)

It Dies Today - Lividity
(2009) - metalcore - Label : Trustkill



Il paraît que Sirens, le précédent album de It Dies Today, était vachement bien. C'est fort possible, mais il est sorti en 2006... et en 2006, j'étais en mission secrète pour le MI6. Il s'agissait de désamorcer un fromage radioactif déposé sous le Parlement par un groupuscule séparatiste moldave. Le futur de l'humanité toute entière était en jeu. Et quand un membre de ton escouade (Bob Hastings, un dur de dur) crève dans tes bras, que tu vois la peau de son visage se décomposer en bubons jaunâtres et qu'il te supplie de dire à sa femme qu'il l'aimait... tu ne penses pas à allumer ton iPod. D'où ma méconnaissance du groupe.

Tout occupé que j'étais à assurer l'existence d'un futur pour vos enfants, je n'ai pas pu écouter l'ancien chanteur Nicholas Brooks. Il paraît que son remplaçant Jason Wood est assez similaire dans son registre hurlé, mais que sa voix claire est plutôt différente. Soit. En tous cas ses beuglement hyper saturés rendent plutôt pas mal, en particulier parce qu'ils se placent dans les mediums, plus death que core... et que vu la musique pratiquée, ne pas avoir affaire à des cris aigus juvéniles à la Attack Attack est un facteur d'originalité bienvenue. La voix claire est malheureusement à l'image du reste : très classique. It Dies Today donne dans un metalcore version jeune mais pas trop : de très gros riffs thrash, des harmonies de guitare incessantes, des beatdowns faits pour agiter les cheveux, un batteur qui débaboule des ours... et des refrains en chant clair hyper catchy qui donneront aux fans de Slayer envie de brûler le disque. Le tout étant hyper bien calé, très pro, énergique à souhait et mis en valeur par une production méchante et massive... comme il se doit, en résumé.

Le ton légèrement blasé de ce dernier commentaire n'aura pas échappé à grand-monde et c'est pour cause : Lividity est un album dépourvu de défaut criant, mais également dépourvu de qualités notables hormis celles déjà mentionnées. Tout ça est fort bien fait, mais l'absence crasse d'originalité dans le genre est tellement intense qu'elle en annihile presque l'efficacité du tout. Ce manque cruel de relief n'est que très rarement surmonté, et il n'y a guère que "Miss October" pour coller la gouache : les harmonies In Flamesiennes, les accélérations thrash/death des couplets, le refrain en clair bien gaulé et surtout un break instrumental à la guitare (woah, une mélodie discernable !) lui permettent de sortir du lot. A part ça c'est un peu le désert : une intro mélodique ou un break chanté réussi par-ci par-là("Martyr of Truth", "Nihility") ne suffisent pas à relever le tout et à créer des souvenirs. C'est bien triste vu le niveau de jeu et la véhémence affichés, mais c'est comme ça. Nous ne sommes plus en 2006, et ce genre d'album a été réalisé des milliards de fois par des milliards de groupes...


Très correctement réalisé mais dépourvu de moments mémorables, Lividity est l'exemple type de l'album qu'on oublie une fois reposé. Et c'est là tout son avantage : au moment d'ajuster la visée de mon fusil à lunette afin d'éliminer le meneur d'une tentative de coup d'état en Suisse romande, l'écoute de Lividity ne fit aucunement trembler ma main et je pus me fendre d'un magnifique headshot. Je le dédiai d'ailleurs à Bob Hastings. Paix à ton âme, vieux camarade...


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