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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été mise en ligne le 22 février 2010
Sa note : 10/20

LINE UP

- Capt’ain Roses
(guitares+chant)

- Benoît Popol II
(claviers+chant)

- Wladimir Ohrelianov II
(Basses+chant)

- Yüla Slipovitch
(Batterie+chant)

- VaGoDor Deu Sahpun
(saxophones+clarinette)

- Tzom Trümb
(trombone)

- Siphon Trounezöhle
(guitares+machines+samples+percussions)

- Jules Lefranc-Gaulois Kaïser
(percussions)

TRACKLIST

1-48)Intro
49)Bienvenue à Babylone
50)Pinok'Ïo
51)Le Cirque des Enfers
52)La Comtesse Del Amafia
53)Carpe Diem
54)La chute d'Ohreland (Ghost Track : Le Cirque des Enfers)

DISCOGRAPHIE


Sebkha-Chott - De la persistance...
(2009) - barré inclassable fusion - Label : Musea AMMD



Si le premier album de Sebka-Chott souffrait d’un gros défaut de production, il n’en demeurait pas moins tout à fait réjouissant, décalé et parfaitement ludique. Partant de ce constat, on était en droit de se demander si retourner en studio pour réaliser un nouvel enregistrement du disque ne serait pas une bonne idée au vu des progrès sonores dont nous a gratifié le groupe avec le temps. Ni une, ni deux, voila que cette brillante idée s’est concrétisé avec la sortie De la persistance...Mais le groupe ne se contente pas d'une simple réédition et se permet même de revisiter l'intégralité des titres ! Mais sortir pareil disque peu de temps après le foisonnant et réussi Nigla[h] n'a-t-il pas porté préjudice à l'ensemble ?

On peut se poser la question car le résultat n’est pas forcément celui qu’on attendait. Tout d’abord, ce n’est pas qu’une simple réinterprétation du premier album mais carrément une réécriture dans les grandes largeurs avec pour toile de fond l’évolution stylistique aperçu dans l’excellent Nigla[h]. En gros, les titres De la persistance… n’ont plus qu’un vague rapport avec ceux De l’existence… Quelques mélodies et cœur par ci ou par la et c’est à peu près tout. Certains morceaux ont même totalement muté comme "Carpe Diem" qui passe d’un réjouissant titre salsa-metallico-déjanté à un remix electro lounge légèrement crispant et loin d’être passionnant. Et le gros problème de l’album c’est que cette constatation se retrouve dans la majorité de ses titres. C’est loin d’être aussi captivant que les originaux et l’on s’ennuie ferme à l’écoute du disque.

On trouvera bien quelques fulgurances instrumentales dont le groupe a le secret comme le final de "Le Cirque des Enfers" et sa reprise à la fin de "la chute d’Ohreland", le break technoïde à la Secret Chief très bien amené dans "Pinok’ïo" ou bien encore les quelques touches post-rockeuses dans le très rionesque et excellent "La Comtesse del Amafia". Mais tout cela ne suffit malheureusement pas à rendre l’expérience suffisamment intéressante pour qu’on retourne le disque dans tous les sens. L’ambiance hérité de Nigla[h] se marrie finalement assez mal avec ces remix de titres qui étaient à l’origine bien plus fun, lumineux et déglingués. De plus, si la production du disque a fait un bon de géant, la gratte est toujours légèrement cheap, ne rendant toujours pas justice au passage les plus lourds du disque. Ajoutons encore un sketch en introduction du disque d’environ 3 min décomposé en 48 pistes franchement pas drôle et la tolérance de l’auditeur finit par être un peu trop entamée.


Partant pourtant d’une très bonne idée et d’attentions louables, Sebka-Chott ne parvient pas à transformer l’essai pour cette fois. Moins attachant malgré ses défauts que l’original, un bon cran en dessous de Nigla[h] dans l’efficacité et la qualité des compos, ce remix aura sans doute du mal à trouver sa place chez les fans du genre. Par contre, les acharnés du groupe et autres collectionneurs fanatiques trouveront ici assez de matières pour s’envoyer leurs fixes de Mekanik Metal Disco. On attend tout même le prochain « vrai » album avec impatience.


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