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CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 22 février 2010
Sa note : 9/20

LINE UP

-Marco Krasinski
(chant, basse)

-Manuel Minerva
(guitare)

-Fabrizio Damiani
(guitare)

-Matteo Deathbreed
(batterie)

TRACKLIST

1)HD80606B
2)The Die is Cast
3)Pandora’s Box
4)The 13th Demon
5)Kill FashionCore
6)Welcome to the Brotherhood
7)Faithless
8)The End of the Republic
9)Menticide
10)Cotard’s Syndrome
11)The Egyptian March
12)Burial at Sea

DISCOGRAPHIE


Fomento - Either Caesars Or Nothing
(2009) - hardcore - Label : Coroner Records



Il ne faut jamais se fier aux apparences, elles sont souvent trompeuses. Lorsque l’on reçoit l’album d’un groupe Italien venant de la Ville Eternelle comme le prouve le S.P.Q.R. fièrement affiché sur sa page myspace (non, cela ne signifie pas Sono Pazzi Questi Romani), intitulé Either Caesars or Nothing et ayant sur sa pochette un casque de centurion, on s’attend légitimement à un metal épique voire symphonique retraçant la glorieuse histoire de la Rome Antique. Pas à un bête hardcore basique…

Alors que les légendes nordiques et médiévales pullulent dans le monde du metal et fournissent des thèmes inépuisables à des paroliers chevelus en manque d’inspiration, l’antiquité Romaine n’est presque jamais abordée. Il a fallu attendre que des Québécois s’y intéressent par l’intermédiaire d’Ex Deo, projet parallèle du chanteur de Kataklysm Maurizio Iacono, pour que le sujet soit enfin abordé. Des Québécois, vous vous rendez compte ? Et malheureusement ce ne sont pas les Romains de Fomento qui vont remédier au problème, malgré les apparences. Either Caesars or Nothing est en effet un album de hardcore générique qui pourrait très bien venir tout droit de New York. Le seul thème auquel le groupe semble tenir à cœur est… la haine de la scène emo. «The War on Emo has Begun», proclament ainsi les Italiens qui posent en train de massacrer un pauvre ado à la mèche trop longue. Fomento est même allé jusqu'à écrire une chanson sur le sujet, la très fine "Kill FashionCore" aux paroles d’une profondeur remarquable («Everywhere Sad Cloned Wannabes, Your Stupid Scene Sucks»). Ok les gars, mais vous n’avez rien d’autre à raconter ?

Musicalement le groupe n’est pas beaucoup plus intéressant que textuellement. Les titres tournent autour de trois minutes en moyenne et s’enchainent sans que l’on puisse les différencier ou réaliser que l’on est passé au morceau suivant. Les riffs sont uniquement rythmiques et aucun n’est réellement mémorisable. Le chanteur bassiste beugle là-dessus sans aucune variation tout au long de l’album. Si sa voix semble efficace sur les premiers titres on s’en lasse très vite, la monotonie de son chant achevant les derniers espoirs que l’on pourrait avoir. Aucun refrain n’est vraiment fédérateur, on n’a même pas droit à des chœurs de supporters de foot imbibés. Tout n’est pourtant pas à jeter, le son de l’album étant notamment très réussi dans un style moderne sans être pour autant synthétique et aseptisé. La performance puissante et efficace du batteur Matteo Deathbreed (tiens, c’est son vrai nom?) est à noter, si tant est que la batterie n’est pas programmée (le doute est permis).


Vous l’aurez compris, Either Caesars or Nothing est un album très anecdotique. Pas foncièrement mauvais pour autant, car professionnel et même plutôt bien réalisé techniquement. Mais il n’y a rien ici qui permet à Fomento de se différencier de la masse des groupes de hardcore et des centaines d’albums du style qui sortent tous les ans.


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