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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 21 février 2010
Sa note : 9/20

LINE UP

-Loïc
(chant)

-Stéphane
(guitare+chœurs)

-Thierry
(guitare+chœurs)

-Romain
(basse+chœurs)

-Alexandre
(batterie+chœurs)

TRACKLIST

1)Two Revolutions
2)Morning Star
3)1971
4)Goodbye
5)Behind the Eyelids

DISCOGRAPHIE


Wild Shades - Underground Sanity (Démo)
(2009) - pop rock - Label : Autoproduction



Des maladresses. Voilà ce que je retiendrai des cinq titres de Underground Sanity, composés et interprétés par les Wild Shades. Cinq garçons à la recherche de leur univers, d’un socle commun d’où ils pourront puiser l’inspiration et l’énergie nécessaires à la création de belles choses. Un terreau qu’ils trouveront, on l’espère, bien vite, et où leur fragilité et leur sensibilité pourront s’épanouir et donner vie à une personnalité singulière et touchante. Car pour l’heure, nous n’y sommes pas encore.


Les 5 morceaux ont beau présenter des atmosphères similaires, et fricoter avec la pop/rock sombre, à fleur de peau, avec une teinte très légèrement goth, ils donnent néanmoins l’impression que le groupe ne sait pas où il va. Les transitions entre douceur et agressivité ne viennent pas naturellement, et si Wild Shades se trouve dans la première, il force invariablement le trait dès qu’il tente de s’énerver. "Morning Star" est un parfait exemple : sa première moitié, en arpèges quasi-Curesques, fait mouche, mais dès que la saturation entre dans la balance, on ne s’y retrouve pas, Loïc s’époumone sans parvenir à nous toucher, sa teinte agressive ne nous convainc pas plus, et on attend bien gentiment que ça se termine. Maladresse des compositions donc, le contraste le plus choquant se trouvant dans "Behind the Eyelids". Passée une première partie qui pousse à la rêverie tordue, qui rappelle – du peu que j’en connais – les Legendary Pink Dots, et véhicule une tension qui porte l’espoir d’un vrai titre marquant, Loïc enchaîne sur un spoken-word risible (« Maïbi it’s time to opeun the ouindow »… hum) et l'enchaînement suivant fait se ramasser le tout complètement. Tristesse.

Ces morceaux brinquebalants ne sont pas sauvés par une interprétation qui reste souvent sommaire et ne s’assume qu’assez mal. La batterie est approximative sur les sections rapides, les quelques tentatives de solos restent ternes et hésitantes, et Loïc n’a pas encore trouvé sa voix. Encore une fois, la première partie de "Behind the Eyelids" le montre sous son meilleur jour, celui où son chant se fait plaintif sans être geignard, où la menace se pointe sous le trémolo, où le potentiel se dévoile… mais ailleurs, il titube, force, prend des caps dont il ne maîtrise pas la traversée, et ce qui reste regrettable le temps de vingt minutes pourrait bien devenir agaçant sur la durée d’un album complet. Et il y a aussi cette production brouillonne, étouffée, faiblarde particulièrement sur les passages les plus costauds, qui met au jour les défauts de la formation plutôt que d’en renforcer la cohésion. Un côté approximatif qui fonctionne malgré tout sur la première moitié de… "Behind the Eyelids", oui, vous commencez à comprendre ! Y aurait-il là une direction à suivre ?


Ce n’est évidemment pas à un chroniqueur de décider de l’évolution stylistique d’un groupe. Mais il peut malgré tout pointer ce qui lui semble être, pour le moment, les points forts de ce qu’il a entendu. Ce qu’il ressort d’Underground Sanity, c’est que le propos est plus frappant lorsqu’il est délicat que lorsque la machine s’emballe, et que Wild Shades devrait se concentrer sur cette première facette pour ses projets futures. Après tout, la nuance sauvage peut aussi se travailler dans la douceur…


www.myspace.com/wearewildshades


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