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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 12 février 2010
Sa note : 13/20

LINE UP

-Scott Lewis
(chant)

-Cory Arford
(guitare)

-Ryan Gudmunds
(guitare)

-Fred Calderon
(basse)

-Shawn Cameron
(batterie)

TRACKLIST

1)Hell Chose Me
2)Dead Archetype
3)Monarch Entombed
4)Names Mean Nothing
5)Heartless
6)Sorrowspell
7)The Scope of Obsession
8)By Darkness Enslaved
9)The Liar's Funeral
10)Genocide Initiative

DISCOGRAPHIE


Carnifex - Hell Chose Me
(2010) - hardcore death metal Deathcore 100% pur jus - Label : Victory Records



Carnifex. Si vous êtes un tant soit peu familier de la scène deathcore, vous avez forcément déjà entendu parler de ces gars là. Les californiens font en effet partie des piliers du genre, du moins de toute la frange plus « death » que « core ». En effet, les furieux sont plutôt à ranger à côté des Job For A Cowboy et autres Black Dahlia Murder que d'All Shall Perish ou Despised Icon. Bref, indéniablement une belle congrégation de poètes qui nous livrent avec ce Hell Chose Me leur troisième opus en cinq ans d'existence. Plutôt productif les ptits, mais voyons ce que vaut ce troisième assaut.

Disons-le tout de go, point de surprise majeure au rendez-vous, les Californiens restent dans l'assez droite lignée de ce qu'ils proposaient par le passé, à savoir un deathcore très typé brutal death, notamment sur les couplets, mais qui sait clairement s'aérer et proposer et une variété intéressante sur les refrains, les ponts et autres breaks, bien que l'on retrouve évidemment au premier plan les gros beatdowns hardcore caractéristiques du genre ("Hell Chose Me", "Dead Archetype"). L'archétype du gros deathcore ricain en somme. Seulement voilà, les vilains connaissent salement bien la recette et parviennent, malgré l'absence totale de toute forme d'originalité et de surprise, à être efficaces et à proposer un opus varié tant au niveau des aspects techniques des compos qu'au niveau des ambiances qu'elles développent (le morceau ''Heartless'' en est un bel exemple). On apprécie notamment toutes les séquences piquées au metalcore où la première guitare balance une rythmique saccadée et plombée pendant que la lead tisse des ambiances plus développées derrière (''Entombed Monarch'').

D'ailleurs, vu qu'on parle plomb, parlons de la production. Très franchement c'est impressionnant, en ce qui me concerne c'est l'une des meilleures prods que j'ai pu entendre dans la mesure où elle épouse plus que parfaitement le style du groupe. Surpuissante, claire et d'une lourdeur...cette lourdeur ! Sérieusement, du très beau boulot, notamment sur la basse, qui enveloppe réellement l'ensemble et lui donne une puissance rarement atteinte : ce sentiment d'explosion sourde lorsque débutent certains breaks est juste incroyablement bon, bien que quelque peu artificiel. Et le reste me direz-vous? Ma foi, on a le droit au classique chant alternant growl death caverneux et voix hardcoro-criardo-écorchée vive. Pas une once de voix claire ici, on n'est pas des « fake », on est des « true » et d'ailleurs on a un peu tendance à en rajouter des caisses, mais on le fait vraiment bien alors « go sit on a knife » comme on dit (je sais pas vraiment où on dit ça cependant, et je ne souhaite pas le découvrir outre mesure).

C'est d'ailleurs un peu l'impression générale avec cet album : Carnifex connaît son business et pourrait probablement sortir 30 chansons de cet acabit par an, mais il faut néanmoins reconnaître l'effort de composition d'un groupe qui n'est pas encore tombé en mode automatique si je puis dire. De plus, le niveau technique est vraiment excellent, ce qui aide pas mal pour composer avouons-le. Les guitaristes sont plutôt inspirés dans un genre où on peut pourtant vite tourner en rond, et proposent des séquences assez variées sans tomber dans la démo, notamment avec des breakdowns un peu plus originaux que la moyenne (''By Darkness Enslaved'', ''The Scope of Obsession''), ou du moins qui sonnent vraiment mieux grâce à la production pachydermique dont je vous entretenais plus haut. Évidemment, il convient de mesure garder, puisque si le groupe fait ici son job avec enthousiasme et application, il ne fait malheureusement pas beaucoup plus. Il manque notamment un ou deux tubes immédiats qui leur permettraient de rejoindre les tueurs de la scène, c'est-à-dire en ce qui me concerne Black Dahlia Murder ou All Shall Perish, notamment grâce aux poutreries que sont ''Miasma'' et ''Awaken the Dreamers''.


Vous l'aurez compris (ou alors vous êtes indéniablement une espèce rare de boulet), cet album est à réserver aux fans de gros deathcore qui tâche tout en ne sortant pas des sentiers battus. Dans une scène où il est plus leader que suiveur (ce qui est toujours mieux que le contraire), Carnifex rappelle à tous qu'avec cet opus il maîtrise le style jusqu'au bout des ongles, et qu'à défaut de réinventer le deathcore (à qui ça ne ferait pourtant pas de mal), il ne sombre aucunement dans la facilité et propose un album d'une efficacité qu'on ne saurait remettre en question.


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