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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été mise en ligne le 09 février 2010
Sa note : 16/20

LINE UP

- Capt’ain Roses
(guitares+chant)

- Benoît Popol II
(claviers+chant)

- Wladimir Ohrelianov II
(Basses+chant)

- Yüla Slipovitch
(Batterie+chant)

- VaGoDor Deu Sahpun
(saxophones+clarinette)

- Tzom Trümb
(trombone)

- Siphon Trounezöhle
(guitares+machines+samples+percussions)

- Jules Lefranc-Gaulois Kaïser
(percussions)

TRACKLIST

1)Didier Mozart's Latest Score
2)The Crou Is Back
3)What Will They Give to Me...
4)Screw You Back
5)... Your Soul ?
6)Little Boy Round the Corner
7)Entracte [quete]
8)Dead Boy Round the Corner
9)Gone Save the Quid
10)Solo in Fol Flart Harmolic Mijor
11)Nevermind the macedoine [Greek Sandwich with Oignons Proverb]
12)La grande braderie des Menhirs Kusturica
13)Sabra y Shatila
14)Territorial Talion Pissings
15)Wooden Legs Race
16)Chittor
17)Forgotten Graves
18)St Barthelemy
19)Voix sans issue
20)Blessed Are the Deafs
21)Hama
22)Darius & Danette [Feat. M-P. Jarroussin & A. Mupontel]
23)Factory [of Dreams]
24)Free Gibbet
25)Rêves partis
26)Last Fantasy
27)Free Gidaire
28)Marcel & Bretzel sont dans un four à pain

Etc...

DISCOGRAPHIE


Sebkha-Chott - Nigla[h]
(2008) - barré inclassable fusion Mekanik Metal Rio - Label : Musea AMMD



Ovni déjanté de la scène avant-garde française, Sebkha-Chott n’a semble-t-il pas fini de faire parler de lui. Entre un univers totalement autre, une musique foutraque mais ambitieuse et des performances live souvent saluées par les amateurs, le groupe a tous les atouts dans sa manche pour séduire les cerveaux les plus déglingués qui nous lisent. Nigla[h], le dernier album en date, nous permet d’observer quelques changements dans la musique du groupe. De quoi replonger la tête la première dans l’univers d’Ohreland avec un intérêt renouvelé.

La première chose que l’habitué remarquera à l’écoute du disque, c’est la qualité de la production. Après un Nagali Malidi déjà convaincant à ce niveau, Nigla[h] remonte le niveau d’un cran ! Et c’est tout à l’honneur de Sebkha-Chott d’accoucher d’un son aussi clair et précis alors que ce dernier n’hésite pas à utiliser un nombre indécent d’instruments. On craint toujours avec ce type de groupe de sombrer dans la bouillie sonore indigeste, mais ce n’est décidément pas le cas ici. Un beau tour de force qui sera malheureusement terni par un défaut de taille : la gratte électrique.

En effet, elle n’est toujours pas aussi lourde que l’on souhaiterait. Si ses interventions sont techniquement largement à la hauteur, son rendu reste quelque peu cheap et décevant. Continuons dans les points qui fâchent avec l’obstination du groupe à découper sa tracklist en petits morceaux (72 ici !) oscillant entre quelques secondes et 2-3 minutes. Si l’album s’écoute d’une traite, les nombreux morceaux formant en fait un long titre fleuve de 74min, il n’en demeure pas moins (comme sur Nagali Malidi d’ailleurs) que les transitions sont bien trop souvent abruptes ce qui finit par amenuiser la cohérence du tout.

Mais ces réserves mises à part, Nigla[h] nous offre un véritable festival musical pour tous les amateurs de RIO. Car si le précédent opus du groupe pouvait être qualifié de Mekanik Metal Disco, il s’agit plus ici de Mekanik Metal RIO ! Si l’orientation des frenchies se voulait bien fun avant, Nigla[h] se veut beaucoup moins fendard. Dissonances à tous les étages, répétitions hypnotiques de certains motifs, passages contemporains à la Thinking Plague, hurlements pattoniens, growl, grunt, double grosse caisse, death qui tâche, crie, ambiance mortuaire à la Univers Zero sur une bonne partie du disque… Malgré l’apport d’excellentes parties plus lumineuses (funky/Klemzer/jazzy/salsa etc…), le skeud reste dans son ensemble plus noir qu’auparavant.

Le chant clair et lyrique se fait également plus rare et les quelques partis popesques ont aussi complètement disparu. Mais ce retournement d’ambiance se fait au profit de structures plus carrées, jouissives et maîtrisées qu’avant. Nigla[h] contenant ainsi son lot de pure tuerie, notamment toute la dernière partie du disque (à partir de "Like a Broken Record") ou Sebkha-Chott prend l’auditeur par les roubignolles et ne lui laisse alors plus aucun répit ! Et malgré les structures complexes et le relatif bordel sonore proposé (mais encore une fois maîtrisé), l'auditeur ne sera jamais perdu, moyennant tout de même une certaine attention de sa part.


Sebkha-Chott continue donc sur sa lancée tout en améliorant sa formule. En transformant Ohreland en véritable cauchemar ambulant Rionesque, le groupe a gagné en efficacité et ambition ce qu’il perd en discotitude. Et si le groupe arrive à atténuer à l’avenir les défauts qui plombent quelque peu l’expérience, nul doute qu’il accouchera d’un album définitif dans le genre !


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