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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 07 février 2010
Sa note : 12/20

LINE UP

-Pete Ponitkoff
(chant)

-Jeff Lenormand
(guitare)

-Jason Behan
(guitare)

-Emad Jaghab
(basse)

-John Gotelli
(batterie)

TRACKLIST

1)Gethseamane
2)Lost in Apathy
3)Stains of Accountability
4)Decimation of World Trade Through Organization
5)Amongst the Forgotten
6)Anatomy of Social Issues – Problem and Contribution
7)Eradication of the Seeds of Purity
8)End of All Ends
9)Despised from Inception
10)Fragments of Reason
11)Conditioned for Failure
12)Devouring the Residual Bile
13)Persecution Ascencion Leave Nothing Standing

DISCOGRAPHIE


Agenda Of Swine - Waves of Human Suffering
(2008) - death metal grindcore pascontent-core - Label : Relapse Records



Salut à toi, ami(e) métalleux(se). Tu n'es pas content? Tu n'aimes pas trop la façon dont les choses se passent ces derniers temps? Tu as besoin d'évacuer cette vile violence qui s'empare de toi face à une crise où les [place ici ton insulte favorite] qui vont le mieux s'en tirer sont finalement ceux qui l'ont provoqué? Et toi, ami(e) coreux(se), tu as mal à la culture à chaque fois que tu allumes la télé ou la radio? Tu as envie de balancer des high-kick à qui mieux mieux dès que tu vois un dirigeant la ramener? Eh ben Agenda of Swine (AOS) est fait pour toi.

Ces gars là sont encore moins contents que toi, y a un tas de trucs qui leur font péter les plombs, et ils le font savoir! AOS a été fondé en 2004 par Pete Ponitkoff, Jeff Lenormand et John Gotelli, profitant des hiatus de leurs groupes respectifs Benumb et Vulgar Pigeons (déjà moyennement des poètes lyriques) pour s'embarquer dans l'aventure d'un grind-death engagé et pour le moins vindicatif. Relapse, qui reste selon moi un des labels qui se trompent le moins lorsqu'il s'agit de lancer un groupe et de dénicher des talents (dernièrement Revocation, Graves of Valor), se montre intéressé et les signe fin 2007 pour un album qui sort en juin 2008. Voici donc Waves Of Human Suffering, premier effort de ce groupe pourtant déjà bien expérimenté, et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'album porte plutôt pas mal son nom, et qu'on ne nous a pas vraiment menti sur la marchandise. On nous avait promis un crossover grindcore/death/thrash vénère, et pour s'énerver, ça s'énerve plutôt bien! Ça s'énerve ok, mais est-ce que cela vaut quelque chose? Sur ce point, disons le tout de suite, Agenda of Swine ne réinvente pas le grind. Effectivement, on a là un mix tout ce qu'il y a de plus conventionnellement bourrin entre grind frénétique, brutalité death et esprit frondeur hardcore.

Ça joue bien, et grâce à une production plutôt monstrueuse pour un premier album, bien lourde tout en restant claire, le tout est très intelligible, ce qui en matière de grind n'est jamais gagné d'avance. Les morceaux sont généralement courts et rapides (sans déconner!), la double est omniprésente et le groupe ne ralentit le tempo qu'avec parcimonie pour quelques breaks hardcore d'une lourdeur à vous rompre la nuque, mais qui ne brillent cependant pas par leur originalité. On a également le droit à l'instru typique du groupe qui essaie d'aérer un peu son propos en milieu d'album ("Eradication of the Seeds of Purity"). On les en remercie, mais on s'y attendait. Et c'est un peu le problème de cet album : certes, le groupe maîtrise totalement son sujet et transpire la sincérité : si ce chanteur n'a pas VRAIMENT les glandes, alors personne ne les a ("Decimation of World Trade Through Organization"), mais il reste néanmoins dans les sentiers battus et ne propose finalement rien de bien nouveau. On apprécie l'écoute, on retient de bonnes idées par-ci par-là, comme ces quelques passages au groove hardcore plutôt bien joués ("Gethseamane", ou encore "Devouring the Residual Bile"), mais il est difficile d'extraire des morceaux vraiment marquants de ce pavé de 35 minutes.


Vous vous en doutez, voici un album qu'il serait pour le moins inconvenant d'offrir à votre chère maman pour la fête des mères. Agenda Of Swine se donne à fond sur ce premier album, et on peut saluer l'effort d'un groupe que l'on sent vraiment impliqué, à l'image de son chanteur notamment, mais regretter néanmoins un manque certain d'originalité. Si vous aimez les Fuck The facts, Agoraphobic Nosebleed, Brutal Truth et autres poids lourds de la scène courrez-y, vous ne serez vraiment pas déçus, loin s'en faut. Si vous préférez le métal lyrique à chanteuse, vous risquez de prendre un peu trop cher. Mais c'est à vous de voir.


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