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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 27 décembre 2009
Sa note : 18/20

LINE UP

-Kobi Fahri
(chant)

-Uri Zelcha
(basse)

-Yossi Sassi Sa'aron
(guitare+Saz+bouzouki+chumbush+piano)

-Matti Svatizki
(guitare)

TRACKLIST

1)Sapari
2)From Broken Vessels
3)Bereft in the Abyss
4)The Path Part 1 – Treading Through Darkness
5)The Path Part 2 – The Pilgrimage to Or Shalem
6)Olat Ha'tamid
7)The Warrior
8)His Leaf Shall Not Wither
9)Disciples Of The Sacred Oath II
10)New Jerusalem
11)M i ?
12)Vayehi Or
13)Barakah
14)Codeword: Uprising
15)In Thy Never Ending Way (Epilogue)

DISCOGRAPHIE


Orphaned Land - The Never Ending Way Of ORwarriOR
(2010) - death metal metal prog Metal Oriental Mystique - Label : Century Media



Orphaned Land se complait dans le luxe et la classe. Le luxe de prendre son temps entre ses albums - compter quatre ans minimum, celui d'avoir créé et amélioré un style inimitable et probablement inégalable, celui de puiser au fond de ses origines et de le revendiquer, celui de ne pas s'essouffler au fil du temps. La classe, c'est d'être juste un petit groupe de death métal oriental folk qui aime raconter des histoires mystiques dans ses compositions et qui se paie Steven Wilson.

L'histoire de The Never Ending Way Of ORwarriOR, mieux vaut la laisser de côté. Non pas qu'elle ne soit pas digne d'intérêt, mais voyez-vous, sans le booklet, cela relève d'une vraie mission que je n'ai pas envie de relever. L'ère du numérique est passée récemment par les grandes maisons de disques, et le résultat est là, tant pis. Et en ce qui concerne Orphaned Land, ce n'est pas grave, il vaut mieux laisser le soin à l'auditeur de déflorer l'objet. Après tout, cela fait quand même quatre longues années qu'il tourne en rond autour d'un génial Mabool en songeant aller se lamenter au pied d'un mur que sa suite n'est pas encore là. Imaginez l'angoisse du fan se rendant chez son disquaire favori des cailloux plein les poches, prêt à « l'intifader » au cas où il ne l'aurait pas le jour de la sortie. Imaginez alors qu'il ne soit pas bon, c'est un coup à plastiquer toutes les Fnacs de France et de Jerusalem.

Évitons le bain de sang inutile : Mabool a un vrai successeur, mais il faut se méfier des apparences, l'habit ne fait pas le rabbin comme on dit du côté de Tel Aviv. Il est vrai qu'il est plus facile à appréhender que Mabool, les mélodies semblent plus directes et plus intuitives, pour peu que l'on connaisse au préalable les penchants musicaux du groupe. Mais il recèle la même richesse et un souci du détail encore plus poussé qu'une écoute au casque révélera, ainsi que l'apport de Steven Wilson à la production : impressionnant. Pas une once des presque quatre-vingt minutes du CD n'est laissée au hasard, pas un seul des nombreux instruments folk n'est pas dignement intégré (chumbush, flûtes, shofar, santour, percussions, guitare) témoignant d'une orchestration quasi-parfaite. Et vu que Century Media est gage d'un son de qualité, le rendu est vraiment alléchant.

Fahri est toujours aussi performant lorsqu'il alterne growl, chant clair et narration ("The Warrior" dans un hébreu grandiose), avec cette fameuse résonance mystique qui donne tant de puissance à ces passages (milieu de "Disciples of the Sacred Oath II"). Les vocaux féminins ne cessent de s'améliorer ("Sapari", "New Jerusalem", "In Thy Never Ending Way") se permettant même une excursion « Van Giersbergenienne » dans "New Jerusalem" : la similitude de timbre sera troublante pour les adeptes. Souvenez-vous de Sahara et de ses chants féminins toujours tellement à la limite, voire carrément faux, que cela mériterait presque une réédition avec Shlomit Levi. Avant de clore le sujet, il est important d'insister sur le fait que les growls subsistent, sans se ramollir et c'est plutôt rassurant, cette intégrité... Difficile de reprocher quelque chose, si ce n'est que les parties en hébreu ne sont pas assez nombreuses (un album complet serait probablement fantastique) et aussi que rien n'est apporté par rapport à Mabool, mais est-ce un problème?


C'est étonnant parfois la rapidité avec laquelle on pense faire le tour d'un album, et la lenteur avec laquelle on réalise qu'on a en fait tout faux : J'en prends à peine la mesure et cela fait plus de cinquante fois qu'il tourne. The Never Ending Way Of ORwarriOR est une vraie motte de beurre (Casher) dont on se délecte au fur-et-à-mesure que l'on découvre sa finesse et que l'on s'attache au détail de la matière. Je vous laisse, j'ai pris rendez-vous pour ma circoncision, le toubib ne pouvait pas hier, c'était Sabbat. Faut aussi que je mette ma Kipa et que je me laisse pousser les anglaises et ça me prendra bien quatre ans. Shalom mes frères.


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