3833

CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 15 décembre 2009
Sa note : 14/20

LINE UP

-Jyrki 69
(chant)

-Bazie
(guitare)

-Timo-Timo
(guitare)

-Archzie
(basse)

-Jussi 69
(batterie)

TRACKLIST

1)Back In Blood
2)We Own The Night
3)Dead N' Gone
4)The Good, The Bad & The Undead
5)Kiss Me Undead
6)Lips Of Blood
7)Dead Girls Are Easy
8)Night Watch
9)Some Kind Of Magick
10)Hunger
11)Suspiria Snow White
12)Eternal

DISCOGRAPHIE

Angels (2007)
Back In Blood (2009)

69 Eyes, (the) - Back In Blood
(2009) - rock gothique glam - Label : Nuclear Blast



The 69 Eyes est une institution du rock gothique en Finlande. Des titres tels que 'Gothic Girl', 'Brandon Lee' (les destins tragiques sont une valeur sure), 'Paris Kills' ou 'Dance d'Amour' ne laissent aucun doute sur l’orientation du groupe. Et ce ne sont pas les comparaisons (justifiées) avec Type O Negative ou les collaborations répétées avec Ville Valo de HIM qui ont permis au combo de s’affranchir de son image de groupe pour gothopouffes pré-pubères. Sauf que le combo d’Helsinki n’a pas toujours joué du gothique.

Back In Blood est déjà leur neuvième album, et les débuts du groupe qui remontent à presque vingt ans en arrière n’avaient pas grand-chose à voir avec la musique pour corbeaux. Sur leurs premiers albums c’est un glam coloré et joyeux qui était à l’honneur. Bien sur le changement de style a correspondu au début du succès, ce qui explique le relatif anonymat dont pâtit la période glam. Il semble bien que le combo de Helsinki se souvienne enfin de ses débuts, opérant avec Back In Blood une sorte de retour aux sources salutaire. Attention, l’univers du groupe n’a pas changé pour autant. On retrouve toujours cette esthétique inspirés des clichés gothiques comme les vampires, la mort, le sang… Mais désormais cela se limite à l’emballage, à l’image. La musique, elle, a pris un sacré coup de pied au cul et est à présent presque totalement rock.

Dès l’excellent titre d’ouverture qui donne son nom à l’album les guitares sont à l’honneur, la voix est écorchée et à des kilomètres de l’organe profond de Peter Steele, et le tout est bien pêchu, mélodique et accrocheur. On pense beaucoup plus à Mötley Crüe qu’à Type O Negative ou HIM ! The 69 Eyes est (re-)devenu un groupe de glam rock et se rapproche à présent de la vague sleaze suédoise des Backyard Babies, Hardcore Superstar et autres Hell N’ Diesel. Ceci dit on retrouve ici et là quelques éléments gothiques, comme les couplets de 'Dead N' Gone' sur lesquels Jyrki 69 retrouve sa voix grave et romantique. Mais cela ne dure pas, un refrain bien rock remet vite la compo dans les sens de la marche, d’autant plus que le titre suivant, 'The Good, the Bad & the Undead', est un hommage au rock n’ roll, le vrai, tant musicalement que sans ses paroles.

D’autres réminiscences goths voient le jour que se soit sur la plus soft 'Kiss Me Undead', sur 'Lips of Blood' (tiens, ce bon vieux Peter Steele est de retour ?) ou surtout sur ce 'Hunger' qui semble tiré du passé. Mais tous ces moments sont très vite compensés par une suite beaucoup plus rock, comme si le groupe essayait d’équilibrer volontairement et consciemment son album entre les deux styles qui font son identité. A ce titre, les tueries rock constituent clairement les meilleurs moments de Back In Blood, que ce soit 'The Good, the Bad & the Undead', le single 'Dead Girls Are Easy' (qui est illustré par un clip bien sexy), 'Some Kind of Magick' ou encore 'Suspiria Snow White'. L’influence d’un Sentenced light, compatriotes Finnois malheureusement séparés aujourd’hui, voit ainsi le jour sur ces titres efficaces. A l’inverse les ballades gothiques ('Hunger', 'Eternal') sont assez pénibles dans leurs tentatives maladroites de faire pleurer les collégiennes.


Même si The 69 Eyes ne tire pas un trait définitif sur sa période gothique, Back In Blood est un beau changement de cap. Tout en gardant une esthétique et quelques éléments musicaux typiquement goths, le groupe évolue très clairement vers quelque chose de beaucoup plus rock. La personnalité du combo n’est pas plus marquée qu’auparavant, les influences étant à présent à chercher plus du côté de Los Angeles que de Brooklyn, mais la musique est plus intéressante que par le passé, c’est indéniable.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3