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CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 14 décembre 2009
Sa note : 13/20

LINE UP

-Nera
(chant)

-Flauros
(chant)

-Chris
(guitare+basse)

-Spectre
(claviers)

+

-Rogol
(batterie)

TRACKLIST

1)False Sleepwalker
2)Vote for Heresy
3)I Devium
4)Pain Collector
5)Final Conjuration
6)II Fumus
7)Gloria Inferni
8)III Venenum
9)Solfernus Path
10)Lunar Silhouette
11)King of the Burning Anthems
12)IV Spectaculum
13)Chimera
14)Mesmeric Seance

DISCOGRAPHIE


Darzamat - Solfernus




Après le plombier polonais, nous sommes « victimes » depuis quelques années déjà d’une invasion très sympathique de groupes de metal de ce pays. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, le metal Polonais ne se résume pas aux Vader, Behemoth et compagnie, tous ces groupes particulièrement extrêmes de death ou de de black sans concession au propos satanique virulent. Darzamat en est la preuve.


Le combo de Katowice en est déjà à son cinquième album avec ce Solfernus. Après des débuts semble-t-il clairement orientés black metal symphonique, le groupe change assez radicalement de style suite à un profond remaniement de line up. L’intégration de la chanteuse Nera permet à Darzamat de s’orienter vers un metal gothique à chant féminin, même si le hurleur Flauros est toujours de la partie. Solfernus associe en quelque sorte les deux styles pratiqués par le groupe. "False Sleepwalker" ouvre le bal et fait figure de morceau témoin présentant en un peu plus de 4 minutes tout ce que les Polonais vont proposer sur cet album. Après une courte introduction atmosphérique parcourue de voix chuchotées qui rappellent le prologue du Seigneur des Anneaux version Peter Jackson, le titre débute sur un metal puissant renforcé d’arrangements symphoniques très présents. Une voix extrême alterne avec une voix claire féminine d’abord discrète puis prépondérante sur un passage central typique de ce que certains appellent le gothopouffe.

Riche, intéressant, mais pas très accrocheur et tout cela manque quelque peu de ligne directrice, les différents éléments semblant se succéder sans logique apparente. Ces caractéristiques vont ainsi se retrouver sur tout l’album, notamment cette alternance entre la voix extrême assez remarquable de Flauros (même si le hurleur est plus à l’aise en black qu’en death) et celle de Nera qui pourrait s’avérer lassante si elle était la seule mais qui ici est le parfait contrepoint du chant extrême. Cet équilibre vocal est l’un des points forts de l’album et sera respecté sur tous les titres sauf deux: "Vote for Heresy" sur lequel le growl est très largement majoritaire, la voix féminine n’étant alors qu’un gimmick, et "Pain Collector" où c’est l’inverse qui est de mise. Ce sont les deux moins bons morceaux de l’album, car le groupe tombe alors dans des clichés usés jusqu’à la corde.

Un petit côté black symphonique voit le jour à partir de "Final Conjuration" et n’est pas sans évoquer un groupe comme Cradle Of Filth. Ce sentiment est renforcé sur les nombreux interludes qui ponctuent l’album avec force bruitages anxiogènes et voix angoissantes chuchotées ou déclamées sur fond de claviers symphoniques ou de piano, dans un esprit proche des albums concept du groupe anglais. Solfernus atteint son apogée lors de ses morceaux les plus épiques comme "Gloria Inferni" ou "Solfernus Path", sur lesquels les éléments symphoniques sont particulièrement à l’honneur et sont alors bien plus que de simples arrangements. Un mot sur la production assez excellente qui permet de profiter des diverses couches de la musique en conciliant puissance et clarté, et qui est signée Andy Laroque. Le guitariste de King Diamond se fend logiquement d’un petit solo au passage.


Au final Darzamat apparaît sur ce Solfernus comme un bon élève appliqué, maîtrisant bien les différents ingrédients de sa recette, et se démarquant juste ce qu’il faut par une utilisation judicieuse et égalitaire de ses deux vocalistes et de leurs registres opposés. Cependant cela ne suffit ni à créer une musique réellement originale à la personnalité marquée, et ne compense pas le manque de vraies bonnes chansons, tout simplement.


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