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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 12 décembre 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Dave Silver
(chant+guitare)

-Sy Taplin
(guitare)

-Sasha Cron
(basse)

-Ernie Nogara
(batterie)

TRACKLIST

1)Insurrection Rising
2)Corruption X
3)In Absence of Liberty
4)The Serpent Tongue of Divinity
5)Vigil of the Navigator
6)Enemy Image (Dehumanization)
7)Silent Empire
8)The Nihilist Machine
9)He Who Laughs Last

DISCOGRAPHIE


Savage Messiah - Insurrection Rising
(2009) - heavy metal thrash metal - Label : Candlelight



Quand il voit les mots « thrash » et « anglais » associés, votre serviteur a toujours tendance à se méfier. La Perfide Albion a beau avoir accouché d'un grand nombre de groupes majeurs du metal, voilà un style qui a toujours mis en échec ses ressortissants. Que ce soit Onslaught, Sabbat ou Xentrix dans les années 80, ou plus récemment Evile, aucun de ces groupes n'a su proposer quoi que ce soit de vraiment transcendant. Dernier candidat en date, Savage Messiah se montrera-t-il capable de vaincre le signe indien ?

Savage Messiah s'est en tout cas donné les moyens de réussir son pari en s'octroyant les services de Chris Tsangarides. Le vétéran anglais qui, faut-il encore le rappeler, a gagné son ticket pour la Gloire éternelle en ayant produit Painkiller de Judas Priest, nous démontre qu'il est encore dans le coup avec un travail une nouvelle fois impeccable, à la fois clair et puissant. Avoir un tel atout dans sa manche c'est bien, l'exploiter à sa juste valeur avec de bonnes compos c'est mieux. Et les Anglais ne se font pas prier en prenant un départ canon avec le morceau titre, une petite bombe de thrash moderne. Bon, pour un vieux con comme moi, cette évolution récente qui conserve la vitesse mais qui abandonne une grande part d'agressivité, pourtant un des fondements du genre, ressemble toujours à une hérésie ; mais il faut bien reconnaître un certain côté catchy au résultat, avec des changements de tempo bien amenés sur le pré-refrain et le refrain. Voilà pour une entrée en matière parfaitement réussie qui ne demande qu'à être confirmée.

Pas besoin de ménager un suspense de toute façon tué dans l'œuf par la note : le reste de l'album est tout à fait à la hauteur de ce premier titre. Savage Messiah aurait donc réussi là où tous ses compatriotes ont échoué ? Et bien… pas vraiment. Ces fourbes d'Anglais ont quelque peu contourné l'obstacle, puisqu'Insurrection Rising n'est pas un album de thrash, en tout cas pas dans le sens commun du terme. Les titres rapides ne sont pas légion sur l'album, puisqu'outre "Insurrection Rising", seuls "Enemy Image" et "The Serpent Tongue of Divinity" (un des légers creux de l'album avec ses growls cheapos sur le refrain) voient le groupe appuyer sur l'accélérateur, toujours dans cette approche moderne du genre. Mais vous me direz, il est possible de jouer du thrash sans donner dans le supersonique. Et à l'instar d'Evile, Savage Messiah semble avoir été traumatisé par les rythmiques brise-nuque de Slayer sur "Expendable Youth" ou "Skeletons of Society", comme en témoigne les excellents mid tempos "Corruption X" et "Vigil of the Navigator".

Autre grosse influence sur cet album, celle d'Iced Earth. On trouve en effet plusieurs passages qui font immédiatement penser au style de Jon Schaffer, et pas seulement par la présence de ces célébrissimes rythmiques à mi-chemin entre heavy et thrash (l'exemple le plus flagrant étant le break de "Enemy Image", bien chargé en adrénaline) ; ainsi, "In Absence of Liberty", un mid tempo avec un refrain qui donne dans le power mélodique, rappelle fortement l'époque The Glorious Burden ; de même, certains plans et plus généralement la construction globale de "Silent Empire", notamment l'alternance entre passages calmes en arpège et refrain heavy, renvoie directement à un titre comme "Melancholy". Enfon, on saluera une conclusion encore plus réussie que le début : l'intro metalcore est trompeuse, "He Who Laughs Last" est en effet un titre speed qui glisse progressivement vers un heavy marqué de la patte du Megadeth 90's, c'est à dire vaguement désabusé au niveau des guitares et du chant sur le refrain, comme "Angry Again" par exemple.


Insurrection Rising fait partie de ces albums qui se bonifient à chaque écoute. Du simple « ouais, pas mal » des premières approches, on prend conscience progressivement : du fait qu'il n'y a pas de morceaux ratés et que certains sont même carrément bonnards ; que Savage Messiah affiche déjà une belle maturité dans les arrangements généralement soignés mais pas surchargés, tant dans les pistes de guitares que dans les mélodies vocales ; que les influences sont très bien digérées et que les Anglais ne se contentent pas de repomper leurs aînés sans vergogne. Bref, voilà un second album très solide d'un groupe très prometteur. Vivement la suite !


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