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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 29 novembre 2009
Sa note : 8/20

LINE UP

-Steev Esquivel
(chant)

-Jim Adams
(guitare)

-Mike Kaufman
(basse)

-Mark Hernandez
(batterie)

TRACKLIST

1)Prion
2)The Prophecy
3)Bastard Son
4)The War Inside
5)Fuel the Fire
6)Eschaton
7)Sloth
8)Desert Sands
9)Dissolving Around You
10)Asthmaphere
11)Eyes of the Front

DISCOGRAPHIE

The Prophecy (2009)

Defiance - The Prophecy
(2009) - thrash metal power US - Label : Candlelight



La récente vague thrash emmenée par toute une meute de jeunes loups aura eu un drôle d'effet secondaire : la reformation de vieux crabes ayant raté le train du succès dans les 80's, et qui s'imaginent tenir une seconde chance pour accéder à la postérité. Comme si le fait d'avoir été là à la grande époque allait conférer un semblant de crédibilité en plus à des groupes comme Defiance. Mais qui va croire une seconde qu'un groupe considéré jadis comme un troisième couteau va subitement avoir quelque chose d'intéressant à proposer ?

Defiance fait fi de cette question et a donc décidé de remettre le couvert avec son line-up classique, celui qui œuvrait sur les deux derniers albums du groupe avant sa séparation. On retrouve donc Steev Esquivel au chant, dont l'actualité est décidément très chargée puisqu'il vient de sortir un nouvel album avec son propre projet Skinlab, lui aussi fraîchement reformé ; Jim Adams et Mike Kaufman sont également de la partie, tout comme l'aurait souhaité le second guitariste Doug Harrington, malheureusement emporté par un cancer peu après avoir remis le couvert. Seul le batteur a changé de tête, puisque c'est désormais Mark Hernandez qui tient les baguettes. Un musicien tout à fait capable, si l'on en juge par sa prestation très convaincante sur la tournée de reformation (encore une !) de Forbidden, où il remplaçait rien de moins que Paul Bostaph. Alors est-ce vraiment lui ou un homonyme qui joue de façon aussi médiocre sur cet album, multipliant les patterns plus lourdauds les uns que les autres ? Peut-on pour autant lui reprocher de plomber le travail de ses petits camarades ? Même pas, puisque ces derniers ne sont visiblement pas plus inspirés que lui…

The Prophecy souffre en effet d'un gros problème de qualité au niveau des compo, dont le spectre va du moyen au complètement abominable. Le ton est donné d'entrée par "Prion", un titre assez musclé mais plutôt moyen. Pas encore de quoi s'alarmer à ce moment-là : après tout, Defiance peut très bien avoir voulu balancer une sorte d'apéro musclé, une façon de dire « Ouais les mecs on est de retour et on va botter des culs », avant de passer à des choses plus sérieuses. Le hic, c'est que Defiance enchaîne alors sur deux titres aux rythmiques pataudes. Si "The Prophecy" a au moins le mérite de proposer un refrain correct qui fait penser à du Testament époque Low, "Bastard Son" est un naufrage complet avec son riff imbuvable. On en serait presque gêné pour les Californiens de les voir rendus à proposer un tel étron. Le pire, c'est qu'il ne s'agit même pas d'un cas isolé puisqu'on retrouve ce sentiment plus tard avec "Sloth" voire "Fuel the Fire", limite indignes d'un groupe pro. On accordera à Defiance une légère amélioration sur la fin à partir de "Dissolving Around You", avec trois derniers titres loin d'être géniaux mais qui remontent très légèrement le niveau général de l'album ; mais que c'est maigre…


Et bien voilà, on le voyait venir gros comme une maison, voilà une reformation inutile qui débouche sur un album tout aussi inutile, qu'on pourrait résumer ainsi : les meilleurs titres sont tout juste moyens, quand les plus mauvais sont carrément catastrophiques. On en viendrait presque à espérer que le groupe se sépare à nouveau, et définitivement cette fois. Remarquez, cela en prend le chemin, puisque Steev Esquivel a déjà mis les voiles à peine un mois après la sortie de l'album, déclarant ne l'avoir enregistré que pour honorer la mémoire de Doug Harrington…


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