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CHRONIQUE PAR ...

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Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Kelly Sundown Carpenter
(chant)

-Rusty Cooley
(guitares)

-Bobby Williamson
(claviers)

-Shawn Kasack
(basse)

-Matt McKenna
(batterie)

TRACKLIST

1)Raise Hell
2)Riders
3)Warcry
4)Outworld
5)The Never
6)City of the Dead
7)Prelude to Madness
8)The Grey Tide
9)I Thanatos

DISCOGRAPHIE

Outworld (2006)

Outworld - Outworld



C'est le premier album des jeunes Texans, à bien des égards déjà impressionnants. Si l'on se fie à l'ambiance générale d'Outworld, il faudrait caser ce disque quelque part entre Nevermore, Trivium et Pantera mais les choses sont bien plus compliquées qu'il n'y paraît. Le propos essentiellement agressif d'Outworld est en fait, pour peu que l'on tende un peu l'oreille, servi par cinq musiciens monstrueux. John Petrucci ne s'y est pas trompé, peu avare en compliments envers ses jeunes compatriotes, et en particulier envers le guitariste Rusty Cooley. Du metal progressif donc, mais version char d'assaut, casques blindés et sulfateuses rouillées. Subtil mais destructeur, Outworld est un groupe étonnant.

Si Awake et Train Of Thought représentent pour vous ce qui se fait de plus virulent en matière de metal progressif, voilà cinq jeunes gens qui ont deux mots à vous dire. Un "Raise Hell" foudroyant de rapidité démarre en trombe, sur fond de riffs incompréhensibles, ce qui en premier lieu passe pour être un heavy-metal burné à la Metalium - et niveau textes on ne doit pas en être loin. C'est Kelly Sundown Carpenter (Beyond Twilight) qui pousse la vocalise, et le registre qu'il adopte (agressif et aigu) ne déroge pas de cette impression. Ce n'est qu'à partir d'un solo de guitare dissonant que tout se met en place : breaks, rythmiques syncopées panteriennes, solo de basse, c'est un vrai foutoir. On n'a pas compris grand chose, si ce n'est que la production, pour un premier album, est excellente.

Les morceaux d'Outworld sont en fin de compte très construits. D'une longueur en moyenne supérieure à six minutes, ils laissent la part belle aux envolées instrumentales, toutes plus surprenantes les unes que les autres. N'allez pas croire Kelly Carpenter incapable pour autant, ce serait une erreur. C'est même un chanteur extrêmement performant, doté d'un puissant vibrato, et capable de tenir des notes exagérément hautes sans sourciller. Jorn Lande a du souci à se faire. Les couplets de "War Cry" sont ainsi intégralement hurlés, dans une tonalité plus proche du puissant Matthiew Barlow que du guttural Rob Halford - à savoir sans falsetto. Plus posé sur les introductions mélodiques de "Outworld" ou de "The Never", il est toujours à l'aise. Le seul souci est que, contrairement à Beyond Twilight, les compositeurs d'Outworld l'ont peu gâté en lignes vocales pertinentes. Comprendre par là que les morceaux d'Outworld tombent tous dans le travers de la technicité à outrance, au détriment des chansons elles-mêmes. Cette remarque est d'ailleurs aussi valable pour les autres musiciens. Beaucoup de prouesses, mais que retient-on ?

Cela n'empêche pas de rester bluffé par un "Outworld" orienté un tantinet plus progressif « classique », avec des leads de clavier à la Dream Theater et un solo de basse aussi majesteux qu'inattendu ou encore par le phrasé guitaristique psychédélique de Rusty Cooley sur l'instrumental "Prelude To Madness". La partie instrumentale de "Grey Tide", complètement folle, vaut également le détour. Les exemples sont multiples. On ne peut donc décemment pas être malveillant envers Outworld, dont le premier album regorge de qualités auxquelles pléthore de combos confirmés ne pourra jamais prétendre. Reste que le bastonnage à outrance sur toute la longueur du disque finit par lasser à la longue, surtout sans mélodie ni gimmick identifiable. Outworld est un groupe au potentiel énorme, à n'en pas douter la sagesse serait maintenant de chercher à en tirer profit. C'est peut-être un futur grand qui se dévoile à nous...




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