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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 25 novembre 2009
Sa note : 12/20

LINE UP

inconnu (les serviteurs de Satan souhaitent garder l'anonymat)

TRACKLIST

1)The Time of No Time
2)Evermore
3)I'll Be Your Ghost
4)The Yonder Beckons
5)House of 10000 Voices
6)Christ or Cocaine
7)Queen of My Burning Heart
8)Angel's Prayer
9)Feeding the Fire With Tears and Blood
10)Rake Your Nails Across the Firmament
11)The Anti-Kosmik Magick

DISCOGRAPHIE


The Devil's Blood - The Time Of No Time Evermore
(2009) - hard rock circa 1970 - Label : Van Records



Mais où était passé Satan ? Entre ces albums cyber-futuristico-conceptoïdes et les diverses formations psychologico-nombrilico-conditionhumanistes qui font l’affiche des Eternels, le spirituel peinait à (re)trouver sa place. Mais n’ayez crainte, le Grand Cornu est de retour grâce à une formation sanglante dont le nom annonce la couleur ; et quel meilleur choix, en effet, pour honorer la toute puissance du Malin que… du hard rock seventies avec chant féminin ? Vous êtes sérieux les mecs ? Ouh là là, c’est Glen Benton qui va faire la tronche là…

Eh oui, The Devil’s Blood, c’est le retour des messes noires à poil dans les granges désaffectées, où l’on forniquait à foison tout en buvant du sang de bouc. Comment cela sonne en 2009 ? Tout pareil qu’il y a quarante ans, bien sûr ! Enfin, tout pareil… on a malgré tout perdu le côté crade et délicieusement amateur des productions de l’époque, et les guitares, bien qu’omniprésentes, sonnent très propres sur elle. On pense plus à "Don’t Fear the Reaper" qu’à "Speed King" en terme de qualité sonore, c’est vous dire s’il va falloir y croire très fort pour sentir l’esprit de la Bête vous pénétrer durant ces cinquante grosses minutes. On va donc laisser cet aspect folklore de côté et voir si les compositions de The Time Of No Time Evermore tiennent la route.

Et dans l’ensemble… oui. Mais alors, par pitié, n’espérez pas la MOINDRE touche d’originalité dans ce que vous allez écouter. Ces gens sont des traditionalistes acharnés et chaque riff, rythmique, ligne vocale semble couler du moule hard rock qui a fait la joie des 70’s, quand bien même on ne peut identifier des emprunts directs. C’est parfois très embarrassant, comme par exemple sur "Christ or Cocaine", dont le riff sonne tellement cliché qu’il est pratiquement impossible de l’apprécier au premier degré. Et ce chant de crécelle, appuyé et fort en vibrato, n’arrange pas exactement les choses. C’est clairement le point faible de la formation, celui qui vient gâcher la fête sur des morceaux pourtant appréciables sans cela ("Feeding the Fire With Tears" and Blood, qui se casse la figure lors du refrain).

Fort heureusement, les guitares sont là. Et là où la voix nivelle par le bas, elles vont se charger de sauver la mise en balançant une brochette de riffs directs et efficaces. Ça ne marche pas toujours, c.f. "Christ or Cocaine" ou le poussif "Angel’s Prayer", mais quand ça fonctionne, le morceau est porté jusqu’au bout sans trop d’efforts. Touche légèrement mélancolique sur "Evermore" ou l’épique "The Yonder Beckons", plus « sudiste » que ses comparses – et où la voix contribue à l’atmosphère plutôt que de la desservir. Pour l’énergie rock&roll, on conseillera "Queen of My Burning Heart" et son riff doublé, ou le remuant "Rake Your Nails Across the Firmament" qui peut prendre le contrôle de vos cervicales si vous êtes bien disposés. Et pour que la sauce prenne parfaitement sur tous les plans, il faudra attendre l’ultime "The Anti-Kosmik Magick", qui se laisse le temps de solos inspirés et z’émouvants pour refermer le livre sur une bonne note.


Un voyage par procuration vers un hard rock quarantenaire, ça vous chante ? The Devil’s Blood ne propose rien de plus que ça, avec les qualités et les défauts que ça comporte, mais ils ont un savoir-faire (et une bonne paire de guitaristes) qui joue en leur faveur. À l’occasion, pourquoi pas… quant à Satan, ce ne sera pas encore pour cette fois-ci. Peut-être qu’il se fait trop vieux pour ces conneries, après tout…


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