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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 11 novembre 2009
Sa note : 14/20

LINE UP

-Charly Steinhauer
(guitare+chant)

-Kai Pasemann
(guitare)

-Olly Keller
(basse)

-Roland Jahoda
(batterie)

TRACKLIST

1)Suburban Riot Squad
2)Hollow Peace
3)Riptide
4)Rise In Rank
5)Evolution Reset
6)Nothingness
7)No Place To Survive
8)Dream Hero
9)Planet Terror
10)Psychofficial

DISCOGRAPHIE

Electrify (2008)
Riot Squad (2009)
Tales of the Weird (2012)

Paradox - Riot Squad
(2009) - thrash metal power metal - Label : AFM Records



Je ne vais pas revenir une nouvelle fois sur les difficultés qui ont émaillé le parcours de Paradox. Focalisons-nous plutôt sur les bonnes nouvelles : le groupe de Charly Steinhauer est enfin en mesure de pouvoir enchaîner rapidement deux albums, pour la première fois depuis… 1989 ! D'où cette question qui peut paraître hors de propos, puisque réservée en général aux groupes qui débutent : à peine 18 mois après la sortie de l'imparable Electrify, les Allemands sont-ils capables d'enchaîner sur un autre album du même tonneau ?

Dans le domaine du thrash, on peut distinguer deux écoles. La première est placée sous l'égide de Metallica : c'est un peu celle des gentils, où on retrouve des groupes comme Testament qui, sans cracher sur des passages furieux de temps en temps, privilégient une certaine recherche mélodique. En temps ordinaire, c'est ici que peut se positionner l'œuvre de Paradox. Sauf que je ne sais pas quelle mouche a piqué Charly Steinhauer récemment, mais toujours est-il que celui-ci a, dans une certaine mesure, basculé du côté obscur de la Force. En effet, on trouve sur Riot Squad plusieurs titres dont la vitesse et la sauvagerie rappellent instantanément l'autre bord, celui des bad boys : l'école Slayer. C'est le cas par exemple de la grosse mandale "No Place To Survive", une véritable décharge d'adrénaline à l'état pur qui donne envie de tout fracasser sur son passage. Une impression qu'on retrouve aussi sur le début atomique de "Psychofficial", voire sur certains passages de "Evolution Reset". Plus généralement, on observe une certaine tendance au durcissement de la musique de Paradox. A la différence d'un Electrify qui se voulait plus varié avec des mélodies plus évidentes, seul "Nothingness" ralentit un peu le tempo et vient marquer une petite accalmie bienvenue. Autant d'éléments qui font que Riot Squad nécessite un temps d'apprivoisement un peu plus long que son prédécesseur.

En effet, difficile d'adhérer immédiatement à la doublette d'intro "Suburban Riot Squad" / "Hollow Peace". Le son froid et vaguement cyber metal, le chant assez approximatif de Charly Steinhauer, on connaît et on a fini par s'y faire ; en revanche, la batterie en mode mécanique et bourrin décérébré, c'est nouveau et ça fatigue vite, surtout quand le reste du morceau, sympa mais sans plus, ne suffit pas à compenser ce handicap. Il faut presque attendre "Riptide", qui voit Paradox renouer avec son amour pour Metallica, pour voir Riot Squad démarrer réellement pour ne plus s'arrêter (hormis un petit coup de mou sur "Dream Hero"). La montée en puissance se poursuit avec "Rise In Rank", le premier gros morceau de l'album : intro heavy puissante, riffs qui sentent l'urgence et cette petite pointe de mélancolie caractéristique du style Paradox dans les leads et les lignes vocales. Brillant ! Ensuite ça déroule : "Evolution Reset", sorte de pendant à "Hyperspeed Hallucinations" sur Electrify, défile à 2000 à l'heure, "Nothingness" calme le jeu avec classe avant l'agression "No Place To Survive"… L'ultime surprise vient du heavy "Planet Terror", tout en progression avec son break calme et surtout son outro atmosphérique emplie de sérénité. Ca aurait presque pu finir là-dessus, mais comme le contraste avec le début ultra-bourrin de "Psychofficial" fonctionne bien lui aussi, on ne va pas pinailler.


A cette époque où le jeunisme est à la mode, c'est un nouveau camouflet pour la relève du thrash, qui vient une nouvelle fois de se faire botter le cul par des papys. Paradox a beau être un groupe de quadras, il nous prouve une nouvelle fois qu'il sait s'y prendre beaucoup mieux que la jeune garde pour faire sonner un album de thrash de bout en bout. Et si Riot Squad est moins évident qu'Electrify, moins varié et un peu plus difficile d'accès, il n'en reste pas moins un nouveau succès artistique à mettre au crédit de Paradox. Amateurs de thrash, ne passez pas à côté.


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