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CHRONIQUE PAR ...

71
Arroway's
Cette chronique a été mise en ligne le 09 novembre 2009
Sa note : 16/20

LINE UP

-Jan Jamte
(voix)

-Johannes Persson
(guitare)

-Fredrik Kihlberg
(guitare + piano)

TRACKLIST

1)The Guillotine
2)Stop making speeches
3)If all else fails
4)Media
5)Hyenas
6)Through walls
7)Like coming home
8)Asleep
9)Last call
10)1909_08_04
11)One of us must heng

DISCOGRAPHIE

Second Wave (2006)

Khoma - Second Wave
(2006) - post rock Alternatif - Label : Roadrunner Records



Khoma, c'est plus un collectif et un projet musical libre qu'un groupe à proprement parler: en plus de ses trois membres officiels, notons la présence parmi la joyeuse bande de musiciens de Thomas Hedlund derrière les fûts et de Jonas Friksson à la basse. Et lorsque l'on sait que les patronymes de tous ces gaillards sont évocateurs de Cult of Luna, the Perishers ou the Deportees, on se dit que l'on est en droit de s'attendre à du rock typé et authentique avec une griffe un peu plus heavy, Cult of Luna oblige. Après un premier album Tsunami, les Suédois nous reviennent avec le bien nommé Second Wave.

La musique de ce second opus est à la fois tourmentée et étrangement sereine. Un mix de riffs massifs et d'ambiances éthérées avec une touche personnelle indéniable. Le premier titre "The Guillotine", grave et lyrique, nous invite sobrement pour un voyage introspectif. Cette introduction simple et élégante sonne un brin dramatique, ne serait-ce que par le chant retenu du violoncelle et un titre qui n'évoque rien de réjouissant. L’atmosphère s’électrise franchement sur "Stop making speeches": des riffs viennent peupler inlassablement l'espace sonore, les basses et les rythmiques jouent d'une résonnance tribale, les guitares s’étalent et planent à mi-hauteur. La voix torturée de Jan Jamte survole le tout pour délivrer ses complaintes désespérées. Toutes guitares saturées et explosions de cymbales gardées, il y n'a pas de superflu: Khoma sait distinguer l'essentiel pour donner du corps à sa musique et garde un style fluide et précis.

L'énergie est là sur les refrains désespérés, parfois à la limite de l'agressif et toujours émotionnellement intenses. Difficile de ne pas se laisser emporter par cette vague de riffs puissants qui envahit l'espace de manière si totale. On retrouve ces élans propres au post-rock qui peuvent emmener très loin. Curieux mélange que le cocktail d'émotions provoqué par Second Wave: mélancolie, révolte, tristesse, clairvoyance. On ne sombre pas définitivement dans la lenteur mortelle de "Hyenas", le dynamisme vivant de "Through walls" nous emporte immédiatement après. Le sentiment de liberté, d'évasion sur les couplets de "If all else fails" ou "Media" en contrebalancent les accents douloureux sans pour autant affaiblir la tension. C'est comme si la limpidité du son derrière la saturation et le timbre clair de la voix de Jamte portaient un peu d'espoir. Les trois morceaux finals prennent d'ailleurs une ampleur qui sonne comme une délivrance. L'album crée une atmosphère aux émotions puissantes mais globalement positives.

L ‘équilibre était presque parfait. Il se brise avec "Like coming home" et "Asleep". L'ensemble s'engourdit sensiblement, "Asleep" nous plonge dans la léthargie promise par le titre du morceau. Mais surtout la tension farouche des parties vocales devient presque déplaisante notamment sur le refrain de "Like coming home". Ailleurs, l'harmonie avait été préservée par d’infimes nuances qui en faisaient justement le charme. N'exagérons rien, la différence n'est pas si marquée que cela mais elle suffit pourtant à scinder l'album. Heureusement cette baisse de niveau n'est que passagère: immédiatement sur "Last call" le chant de Jamte nous séduit de nouveau. L'énergie des premiers morceaux est même plus maîtrisée, moins sauvage et les compositions semblent être plus matures: "One of us must heng" est une conclusion parfaitement réussie, synthèse du meilleur de l'album.


L’enchaînement des quatre premiers titres est un bon aperçu de ce que Second Wave peut offrir de meilleur, il est dommage que la partie centrale de l’album qui introduit des morceaux plus mesurés coupe ainsi cette impulsion. Mis à part ce léger déséquilibre, Khoma délivre une très bonne prestation et conclut de la meilleure manière sur les trois derniers morceaux pour un final qui laisse, somme toute, un arrière-gout très intéressant.


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