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CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 09 novembre 2009
Sa note : 17/20

LINE UP

-Peter Tägtgren
(chant+guitare)

-Mikael Hedlund
(basse)

-Horgh
(batterie)

TRACKLIST

1)Valley of the Damned
2)Hang Him High
3)Solar Empire
4)Weed Out the Weak
5)No Tomorrow
6)Global Domination
7)Taste the Extreme Divinity
8)Alive
9)The Quest
10)Tamed (Filled With Fear)
11)Sky Is Falling Down

DISCOGRAPHIE


Hypocrisy - A Taste Of Extreme Divinity



Peter Tägtgren doit être raëlien. Le premier être humain cloné, c’est lui ! En effet comment expliquer autrement son omniprésence sur la scène metal scandinave et mondiale à travers ses innombrables activités ? Producteur légendaire ayant mis en boite récemment rien de moins que les derniers Celtic Frost, Children Of Bodom ou Immortal dans ses mythiques Studios Abyss, Tägtgren a sorti il y a tout juste un an un album avec son groupe indus Pain, lui permettant de tourner en 1ère partie de Nightwish, et le voici déjà de retour avec Hypocrisy !

Le premier groupe de Tägtgren n’avait plus donné signe de vie depuis la sortie de l’excellent «Virus» en 2005, premier album avec Horgh derrière les fûts, et la tournée qui avait suivi. Tournée qui fut marquée par le départ du guitariste Andreas Holma qui n’aura fait qu’un bref passage au sein du combo suédois. C’est donc de nouveau sous la forme d’un power trio que se présente Hypocrisy en 2009, comme cela a presque toujours été le cas. Le bassiste Mikael Hedlund, fidèle parmi les fidèles, est toujours là et co-signe même quelques compos; et malgré la reformation d’Immortal Horgh est présent pour martyriser les futs avec brutalité et précision. Quant à la production, pas de surprise ni de déception envisageable: Tägtgren a concocté pour son propre groupe un son puissant, compact, légèrement sale et renforcé par des claviers discrets mais efficaces (dont il joue lui-même sans être crédité). Bref le son habituel d’Hypocrisy. Autant dire que les fans se sentiront rapidement en terrain connu.

D’autant plus que musicalement aussi on a affaire à un album classique d’Hypocrisy. On retrouve en effet la formule élaborée petit à petit par Tägtgren depuis le début des années 90 à base d’une grosse dose de death metal plutôt old school mâtinée de mélodies accrocheuses à se damner que l’on pourrait rapprocher du melodeath de Göteborg mais en plus sombre, peut-être en raison d’une ambiance malsaine propre au black metal que le maitre de cérémonie sait instiller dans sa musique et son chant. Tiens parlons-en de ce chant. Tägtgren est proprement impressionnant vocalement (comme il a pu l’être sur Nightmares Made Flesh, l’unique album de Bloodbath auquel il a participé), que ce soit en pur growl death, puissant, profond, caverneux, qu’en hurlements black, haineux et colériques au possible. Et il se permet même de rendre ces registres pourtant extrêmes totalement accrocheurs lorsque la musique l’exige, et ceci sans jamais avoir recours au moindre chant clair, cliché mièvre et éculé qui n’a absolument pas sa place ici.

Car absolument TOUS les refrains de cet album font mouche. Dés "Valley of the Damned", titre d’ouverture furieux, véritable brûlot qui ne fait pas de quartier, on est scotché par la dichotomie entre la pure violence de la musique ("Taste the Extreme Divine", title track effrayante d’agressivité) et la mélodie qui en découle pourtant; entre les riffs énormes (celui très heavy metal de "No Tomorrow"), les blasts furieux ("Weed Out the Weak"), et tous ces refrains que l’on ne peut que reprendre en hurlant ("Weed Out the Weak" encore, "Alive"…). Très souvent les titres les plus violents sont aérés par un pont plus lent sur lequel la mélodie passe au 1er plan. De plus l’album est varié : "Global Domination" a un feeling plus black et épique ; et "The Quest" est le morceau sombre, lent et « gothique » typique d’Hypocrisy qui en pond un par album. Quelques solos se rajoutent judicieusement ici ou là, mais ne sont pas systématiques comme c’est souvent le cas dans le melodeath.


A Taste Of Extreme Divinity est finalement très logiquement dans la lignée de son prédécesseur Virus dont il perfectionne la formule, et s’éloigne d’un opus comme The Arrival qui péchait certainement par une trop grande linéarité mid tempo. Tägtgren ne réinvente rien, mais il atteint ici l’alliance parfaite entre mélodie et agressivité. Peut être le meilleur album d’Hypocrisy, le plus constant dans la qualité en tout cas, et l’un des plus grands albums de death metal mélodique de ces dernières années. Merci Raël, et vive le clonage !


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