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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 08 novembre 2009
Sa note : 16/20

LINE UP

-Miss Z
(chant+guitare)

-Pierlox
(guitare)

-Vx
(chant+claviers)

-Xav
(batterie)

TRACKLIST

1)... Than a Thousand Suns
2)Shiva Only Is God
3)End of the Western World
4)(My Name Is) Legion
5)A Russian Lullaby (feat. Ambassador 21)
6)Zmeya
7)Born in Thorns/Torn to Pieces
8)Deadmeatpetroleum
9)This Is My Body, this Is My Gasoline
10)Satan Buddies
11)You Ain’t Got Me
12)Welcome to Now

DISCOGRAPHIE


Punish Yourself - Pink Panther Party
(2009) - indus - Label : Season Of Mist



Vous en avez fait des fêtes folles, des soirées complètement déjantées ? Ce genre de moment où tout peut arriver, et ce dès le commencement de la fête, l'imprévu et l’improbable, dans une explosion délirante de couleurs phosphorescentes, d’alcool et de sexe. Et les lendemains de gueule de bois, vous vous dites qu’un jour, il va falloir grandir et arrêter cela. Que vous devriez passer des soirées plus posées, plus fines. Bref, être plus mature. Pour Punish Yourself, ce jour est arrivé.

Pink Panther Party, le sixième album des Toulousains, est celui de la maturité: terminées les chansons folles et brutes de décoffrage des albums précédents (exception faite de l'étrange Cult Movie). Moins festif, plus sombre et plus martial, Pink Panther Party marque un pas en avant, de la même façon qu’Antichrist Superstar l’avait fait pour Marilyn Manson. Difficile de ne pas comparer ces habitants fous de la ville Rose avec le Révérend: même penchant pour choquer les foules, influences d’occultistes tels qu’Aleister Crowley, musique martiale à grand renfort de samples et paysages urbains en décomposition sur fond de colère envers l'humanité toute entière. La fête est finie, terminées les histoires d’homosexuels soumis, voilà qu’arrivent les cauchemars. Musicalement cela se traduit par un retour vers le metal industriel à la Ministry ("This Is My Body, This Is My Gasoline" ou "You Ain’t Got Me").

L’influence de Ministry le prouve, Punish Yourself n’a pas perdu son coté direct, sa capacité à infliger à son auditeur une baffe énorme. Les riffs puissants comme celui de "Shiva Is Only God", probable ouverture des futurs concerts, la rythmique martiale de "Zmeya", et tant d’autres, sont autant de preuves de la puissance et de la violence de l’album. Punish Yourself devient mature, mais il est encore plus en colère. La maturité se trouve dans les compositions et les arrangements. Le groupe utilise souvent le crescendo grâce à de courts interludes instrumentaux, tel le planant "A Russian Lullaby (feat. Ambassador 21)" – sur lequel il prouve de nouveau son amour pour les bandes originales de film – qui introduit l’hallucinant "Zmeya". Tout cela montre une rage plus maîtrisée que par le passé, contenue pendant un temps avant d’exploser dans un déluge de violence.

Pour rendre plus riche les arrangements, Punish Yourself introduit de nouveaux éléments dans son univers: des sons de claviers new-wave (écoutez donc "(My Name Is) Legion", qui sonne comme un Depeche Mode dopé aux amphétamines), des samples symphoniques ("This Is My Body, This Is My Gasoline"), des sonorités orientales et du violon. "Zmeya" contient une foule d’arrangements, et pourtant ce titre complexe a tout le potentiel pour être un tube des dancefloors. Plusieurs passages, malgré la froideur de l’album, sont autant d’invitations à se rendre dans son night-club fétichiste favori pour se bouger le cul: la rythmique groovesque d’un "You Ain’t Got Me" par exemple. Il faut faire cependant un effort pour s’en rendre compte, puisque ce n’est pas cet aspect que Punish Yourself privilégie, mais plutôt l'homogénéité de l’album, qui se veut plus froid et moins festif.


Faisons simple pour la conclusion: c’est bon, très bon. Punish Yourself mûrit et nous offre un album peut être plus classique, en tout cas plus consistant et mieux construit. Entre violence industrielle, arrangements riches et variés, rave techno metal et new wave lancinante, Pink Panther Party satisfera les fans de metal indus, et peut être les autres aussi.


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