3767

CHRONIQUE PAR ...

40
Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 07 novembre 2009
Sa note : 16/20

LINE UP

-Zakk Wylde
(chant+guitare)

-James Lamenzo
(basse)

-Brian Tichy
(batterie)

TRACKLIST

1)Losin' Your Mind
2)Horse Called War
3)Shine On
4)Lovin' Women
5)Harvester of Pain
6)The Chosen One
7)Sweet Jesus
8)Troubled Wine
9)Machine Gun Man
10)Cry Me a River
11)Toe'n The Line
12)Found a Friend
13)Fadin' Away
14)Hate Your Guts

DISCOGRAPHIE

Pride & Glory (1994)

Pride & Glory - Pride & Glory
(1994) - hard rock blues Gros rock sudiste avec des pepites de heavy à la Sab' - Label : Spitfire Records



Zakk Wylde a un affreux secret et un complexe insurmontable. Depuis des années il fait tout ce qu'il est possible de faire pour tenter de le cacher : il n'est pas né dans le Sud des Etats-Unis... Non, c'est un authentique nordiste, pur porc (il est né à Bayonne, New Jersey), presque un Yankee ! Alors toute sa vie, il n'aura de cesse d'essayer de faire oublier cette honteuse origine en se faisant passer pour un gros redneck mal débourré et en truffant sa musique d'influences sudistes.

Si la première méthode est plus que discutable (les enfants, n'essayez pas de faire ça chez vous, vous vous retrouveriez barbu, rubicond et gonflé de bière a à peine 40 balais), la seconde est déja plus intéressante ! Parce qu'il ne faut pas oublier que le père Wylde est un des guitaristes les plus talentueux de ces 20 dernières années et qu'en plus de ça il se paye le luxe d'être un chanteur de première bourre. Enfin, avant qu'il ne devienne le clone d'Ozzy à force de pincements de nez... Bref en 1994, le bonhomme n'a pas encore 30 ans et un gosier en parfait état et il sait s'en servir! Avec un voix chaude, suave et juste ce qu'il faut de graillon, le voilà parfaitement équipé pour faire péter du bon gros rock teinté de country comme on sait le faire dans le Sud !

Pour l'instant pas encore de sous-accordages inhumains, de murs de Marshall cataclysmiques et d'harmoniques à tout va, le Zakk de Pride & Glory est encore assez soft. Il se paye même le luxe de mettre une touche de banjo et d'harmonica de-ci de-là pour parfaire l'illusion sudiste. Mais que les amateurs de gros riffs se rassurent, ça avoine quand même! Surtout au début d'ailleurs. Dès le début même... Un petit coup de banjou sympa et Zakk déballe la grosse artillerie : et vlan! Le gros riff qui fait mal aux cervicales (merci le batteur qui déboite)! Et de se payer le luxe d'un refrain qui dépouille et d'un solo pas fait pour les cardiaques. Et comme les singles vont souvent par paire "Horse Called War" vient achever les blessés. Même recette : riff qui déblaye, refrain à chanter à tue tete (y'a pas à, le père Zakk n'a pas son pareil pour les refrains) et un solo à décorner les bœufs...

Alors il nous dit que ça pête pas trop et ça fait déjà deux morceaux qui envoient des bûches! Détendez-vous... Encore un pour la route et après ça se calme... Enfin "Shine On" est déjà un cran en dessous niveau violence mais laisse entrevoir la qualité d'écriture du gaillard, notamment la petite intro acoustique qui fait penser à Lynyrd Skynyrd. Tiens parlons en de Skynyrd, parce qu'il faut être sourd (ou ne pas connaître) pour ne pas se rendre compte que c'est l'influence numéro 1 du bonhomme. Fort heureusement, Zakk est un compositeur hors pair et pas un instant on a l'impression qu'il copie les grands frères. Non, avec beaucoup de finesse il se sert de ses influences (Skynyrd, donc, mais pas que... Creedence aussi, Neil Young sans doute) pour créer ses petits morceaux.

Et quels morceaux ! Si textuellement le bûcheron est quand même un peu limité (Jésus, les traditions, les armes, Jésus, sa mère, Dieu, etc...) musicalement il est intouchable. Des exemples? "Troubled Wine", "Machine Gun Man", "The Chosen One" pour commencer : refrains bandants, lignes de chant originales et habitées et toujours ces riffs entêtants et cette science du gimmick. On pourrait citer également la succulente "Lovin' Woman" (qui débute par un rôt... la classe à Dallas, ah pardon, à Bayonne), ballade acoutico-blues des plus réussies. Malheureusement la liste s'arrête là car la fin de l'album est plutôt molle. Deux raisons à cela : tout d'abord les ballades se font plus mièvres et surtout parce que l'album dure pas loin de 70 minutes. Une amputation de quelques derniers titres (allez, on garde "Toe n Line", on n'est pas des bêtes) n'aurait pas été dommage.


M'sieur ! Y'a Zakk Wylde il fait rien qu'à copier Lynyrd Skynyrd ! Oui, mais il le fait bien, voire même très bien ! Donc on se tait et on laisse faire le monsieur ! Bon on va pas tourner autour du pot, hein, si vous cherchez un album de gros rock couillu qui sent bon le Texas, avec un chanteur chargé à la testostérone avec un son gros comme ça et une voix à tomber par terre, ce Pride & Glory est pour vous!


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7