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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 05 novembre 2009
Sa note : 14/20

LINE UP

-GEof
(guitare+chant)

-Sab
(claviers+chœurs)

-Claud
(guitare)

-Jb
(basse)

-Bert
(batterie)

TRACKLIST

1)Wistful
2)Stranger in Myself
3)Obscure Destiny
4)She’s the One
5)Ruined Nation
6)From the Deep
7)Army of the Deads
8)We Won’t Be Their Slaves
9)Coeur battant
10)Soiled
11)De Profundis
12)We Say Goodbye
13)L’inquisiteur

DISCOGRAPHIE


Aegirson - Sons Of Etheria
(2009) - death metal doom metal gothique - Label : Manitou



Si vous êtes de mon âge, ou plus vieux, vous vous souvenez probablement de la bande dessinée Thorgal. Le héros était un Viking, ou plutôt le dernier descendant du Peuple des Étoiles, retrouvé par un Viking et élevé comme un des leurs. Les Dijonnais d’Aegirson sont manifestement des fans de la série. Souvenez vous, notre Viking extraterrestre s'appelait Thorgal Aegirson. Si l’on rajoute la couverture de l’album qui m'évoque un bon vieux Fleuve Noir, en moins joli cependant, tout cela s’annonce enthousiasmant.

Cependant, si le plumage fait envie, qu’en est-il du ramage ? C’est là que se trouve le plus important, l’essence même de l’album. Aegirson ne sont pas des amateurs, et encore moins des débutants, puisqu’ils existent depuis au moins onze ans, et qu’ils ont deux EP et un album au compteur. Le groupe devrait donc avoir un certain professionnalisme, et Sons Of Etheria en est une bonne démonstration. Estampillé gothique, Aegirson n’est pas que cela. De petites touches d’influences diverses (citons en vrac Paradise Lost, My Dying Bride mais aussi Dream Theater ou After Forever) s’entendent, et Aegirson devient alors un vrai melting-pot, difficile à étiqueter, l'appellation parapluie Dark Metal étant la plus satisfaisante.

Satisfaisante car l'atmosphère de Sons Of Etheria est, sans l’ombre d’un doute, sombre, presque désespérée. Une voix, un râle même, sorti d’outre-tombe pose ses lignes pachydermiques sur des riffs lents, presque funéraires, qui s’emballeront pour accompagner les blast beats ("Obscure Destiny"). Quelques douces lignes de piano ("Wistful"), des samples symphoniques en accompagnement, contribuent à construire cette ambiance. La pochette indiquant une atmosphère futuriste, normale de la retrouver aussi dans la musique sous forme d'électronique omniprésente. Le professionnalisme se fissure cependant: les arrangements ne sont pas assez denses, la musique manque de substance.

Que l’on ne s’y trompe pas, les compositions sont bien construites. Elles lorgnent même un peu vers le prog, non seulement grâce à leur structure à tiroirs mais aussi des nappes de synthétiseurs aériennes ("Ruined Nation"). Ce manque de substance peut être dû aussi au son, qui est faiblard et manque de profondeur. C’est le gros point noir de cet album, qui aurait largement gagné avec une production plus propre et surtout plus en puissance. Les riffs, surtout sur un titre comme "Army of the Deads" valent mieux que cela. De même, si les arrangements paraissent pauvres, c’est parce qu’il est peut être moins aisé de les apprécier au milieu d’un son sans relief.

L'expérience d’Aegirson aurait du aussi les conduire à revoir l'homogénéité de l’album. Un titre comme "Ruined Nation", plus up-tempo que le reste, ne dépare pas trop encore. Mais les deux titres "Coeur battant" et "L’inquisiteur" (encore que ce dernier n’est qu’un bonus-track) tranchent singulièrement. Pas tant par le chant en français que par la voix claire du chanteur et l’orientation musicale de ces deux titres. Pas convaincant, le chant nous éloigne trop de l’univers sombre que nous traversons. Loin du Dark Metal, les deux titres sont du metal beaucoup plus classique, moins marquant et moins original que les autres titres de l’album.


Pour son second album, Aegirson réussit à nous surprendre et à nous intéresser. L’oscillation permanente entre le prog, le death et le doom est le résultat d’un mélange d’influences diverses, ce qui donne une atmosphère prenante. Quelques fausses notes dans le choix des chansons, et surtout le son plombe un peu ce disque, qui vaut néanmoins l'écoute.


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