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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 29 octobre 2009
Sa note : 5/20

LINE UP

-Umberto Torres
(chant)

Jesus Ruiz
(basse+lecteur CD)

-Pedro Herrera
(synthé)

-Manuel Gonzales
(batterie)

TRACKLIST

1)Platypus Bestiality
2)Sea Corpse
3)Shit Vomit Enema Orgy
4)Shit in the Pussy
5)Feed Feces to the Foetus
6)Colostomy Hemorrhoids
7)Kill, Fuck
8)Crib Death
9)Castrate With a Rusty Skate
10)Sloppy Fifths in a Pus Filled Twat
11)Feed the Starving With the Rich Man’s Vomit
12)Defecate! Suffocate! Mutilate! Masturbate!
13)Hospital Fuck-Fest
14)Chromosomes in the Toilet
15)Shit on My Pubes
16)Mutant

DISCOGRAPHIE


Bakteria - Defecate! Suffocate! Mutilate! Masturbate!
(2009) - grindcore débile et mal torché - Label : Nuclear Blast Anstalt Records



« Tiens Gazus, c'est pour toi, ça s'appelle Bakteria et c'est du stupide-core. » Chouette, voilà qui sonne comme quelque chose de barré, rien qu'à lire l'appellation qu'a donnée Cosmic Camel Clash lorsqu'il m'a attribué ce promo. Chouette chouette chouette... Regardons donc le myspace du groupe histoire de trouver quelques infos. D'accord, le groupe semble basé au Mexique et arbore des avatars gore/bactériologiques en guise de photos des membres. D'accord d'accord. Écoutons donc cela de plus près... WHAT ? Mais c'est quoi cette blague ?

Bakteria frappe l'auditeur (ce qui doit lui faire très plaisir) dès l'écoute des premières secondes de "Platypus Bestiality", opener de ce Defecate! Suffocate! Mutilate! Masturbate!. Un roulement de batterie et hop, le groupe lance un riff plus ou moins groovy, tandis que des couinements porcins se font entendre quelque part au fond à droite. Et le chanteur de lâcher un chant entre un Tom Araya sous prozac et un Till Lindermann constipé, tout à fait, quelque part entre les deux. Ajoutez à cela le fait que l'individu montre autant de variété vocale derrière le micro que Steven Seagal d'expression faciale à l'écran, et vous vous retrouvez à vous dire « Ok, soit, le chant est poussif et assez inintéressant, mais ça a son charme » ou bien « Mais c'est quoi cette blague ?». Quant aux textes, ils sont somme toute compréhensifs, développant les thèmes déjà vaguement abordés par les titres des morceaux.

Ce qui fait que Bakteria frappe à nouveau (et ils aiment visiblement ça), c'est le son de cet album, tout bonnement surprenant. La production effraye, de par le son étrange et « cheap » des guitares (en réalité un synthé), tandis que la batterie fait pleurer les enfants d'Afrique. Si la grosse caisse sonne parfois bien (lorsqu'elle ne se fait pas bouffer par la basse), la caisse claire est quant à elle d'une laideur effrayante, sans aucune pêche, sonnant comme un vague sample pompé on ne sait où, n'ayant aucun impact, tandis que le charley a la fâcheuse habitude de se montrer un peu trop présent. Dans ces cas-là, on se dit « Okay, j'ai affaire à une boite à rythmes assez pauvre ou bien une batterie triggée avec les pieds. » ou bien « Mais c'est quoi cette blague ?». La production d'un album peut cependant passer parfois en retrait, si les compos sont à la hauteur. Dans le cas du grind, Last Days Of Humanity et Anal Cunt se posent en tant que références car malgré un son dégueulasse, les groupes touchent l'auditeur (généralement en le faisant rire).

Ce qui fait que Bakteria sonne comme une grosse blague, c'est justement que les compos ne font pas vraiment mouche. Les riffs sont soit banals soit passent inaperçus et le fait que le son soit d'une pauvreté affligeante n'aide rien à la chose. Seule la basse semble posséder un intérêt, bien ronde et chaude, faisant des breaks posés les seuls instants plaisants de l'album ("Colostomy Hemorrhoids"). Il n'y a cependant pas de quoi crier au génie mais plutôt « C'est quoi cette blague ?». Les titres sont globalement lents, ce qui entraîne un ennui quasi-irrémédiable. Aucun groove ne se fait sentir, hormis sur le premier titre, le chant suit la cadence donnée par les musiciens, bref, le tout est poussif. Lorsque les Mexicains décident de donner dans le concis, le rapide et le vraiment bourrin, on obtient "Shit in the Pussy", "Shit on My Pubes" ou "Chromosomes in the Toilet". Sur les deux premiers, c'est une bouillie qui vous agresse, sur le troisième, c'est un titre affligeant sans riff aucun, tandis que le chant reste aussi lassif.


Voilà donc un album qui sonne plus comme une démo mal torchée ou, comme dit précédemment, une vaste blague. Le plus effrayant reste que le groupe est signé chez Nuclear Blast, un label qui a tout de même pour habitude de distribuer des groupes d'un « standing » dirons-nous supérieur. Et à part l'intro de "Mutant", rien de l'album ne marque, tant la musique que les titres. À croire qu'il n'est pas si facile d'atteindre le niveau de groupes comme Anal Cunt et Last Days Of Humanity. Si jamais on m'avait dit une telle chose avant que je ne doive supporter cet album, j'aurais sûrement répondu « Mais c'est quoi cette blague ?»


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