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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-B. Dez Fafara
(chant)

-Evan
(guitare)

-Jeff
(guitare)

-John Miller
(basse)

-John Boecklin
(batterie)

TRACKLIST

1)Nothing's Wrong?
2)I Could Care Less
3)Die (And Die Now)
4)I Dreamed I Died
5)Cry For Me Sky (Eulogy Of The Scorned)
6)The Mountain
7)Knee Deep
8)What Does it Take (To Be A Man)
9)Swinging the Dead
10)Revelation Machine
11)Meet The Wretched
12)Devil's Son

DISCOGRAPHIE

DevilDriver (2003)
The Last Kind Words (2007)
Beast (2011)
Winter Kills (2013)
Trust No One (2016)

DevilDriver - DevilDriver
(2003) - hardcore metalcore - Label : Roadrunner Records



Dez Fafara fait du métal extrême, tiens donc. Après le split de Coal Chamber c'était prévisible de voir le chanteur ressurgir à un moment quelconque, mais la nouvelle excitait ma curiosité. Donc voilà Devil Driver, featuring Dez et ses potes, groupe qui arrive avec une bonne envie d'en découdre et visiblement beaucoup de sentiments négatifs à exprimer. S'ensuit un genre de black/thrash/hardcore/heavy/néo/tout ce qui passe qui fait du mal, mélange asséné avec une conviction qui ne pourra que toucher les amateurs d'agressivité.

Parmi les petits moments de bonheur métallique, je demande l'enchaînement des trois premières plages de cet album. Le coup classique, quoi ;-) Le premier titre, "Nothing’s Wrong ?" déboule sur une cavalcade tirant sur le black, brisée tout de suite par un bon gros break thrashisant, puis ça repart joyeusement. Et franchement, quand le plan hardcore arrive de nulle part et fait immédiatement secouer la tête en rythme, on hausse les sourcils parce que ça s'enchaîne tout de même fort bien. Le bon Dez hurle comme un goret, et module énormément ses différents hurlements, aigu, grave, la totale. Il est tout à fait à l'image du reste de son groupe : très remonté! Chapeau bas au chanteur qui se lâche brillament sur tout l'album. Devil Driver écrit des chansons pas excessivement longues mais un poil complexes au niveau de la structure, avec de bons et nombreux breaks qui coulent d'une manière limpide. C'est vraiment riche et varié, entre par exemple les riffs surheavy et la mélodie entêtante d'"I Could Care Less" et le très très black "Die (And Die Now)", un titre très speed, haché de breaks, avec un autre excellent plan hardcore qui se fond complètement dans le métal indéniablement extrême du groupe. C'est très haineux, il faut le dire, et assez réjouissant. Ce qui fait vraiment plaisir quand on écoute Devil Driver, c'est cette volonté perceptible de claquer la gueule de l'auditeur, d'écrire et d'interpréter de la musique qui te tape dans ta tête. Les braves gens!

L'interprétation est d'ailleurs remarquable, et mise en valeur par une production « à la Slipknot » : claire, moderne, mais bien heavy. Les potes à Dez jouent tous vraiment bien, guitares rythmiques acérées, rapides et précises, basse efficace et solide, et un batteur qui abat beaucoup, mais alors beaucoup de boulot. Il est créatif dans les (trop rares) blast-beats et excellent par ailleurs de ses mains et de ses pieds dans tous les styles. Les Devil Driver ont donc les moyens d'explorer tous les champs qu'ils veulent, et ceci rend l'album parfois décousu : par exemple la chanson "I Dreamed I Died" est une compo hardcore et groovy, avec un chant ragga-hurlé intéressant, mais le lien avec le reste est distant. Si je dois proférer une critique, elle concerne ce côté groovy qui, sur l'ensemble de l'album (surtout la seconde moitié) dessert parfois la fureur pure, domaine dans lequel Devil Driver excelle.

Comprenons-nous bien, ce n'est pas que cette orientation ne soit pas pertinente en soi, mais le groupe est à mon sens tout simplement moins varié à la longue dans l'utilisation de ses passages néo/hardcore, moi j'aurais préféré un peu plus de death, je suis peut-être bassement primaire, je ne sais pas! En tout cas l'avantage c'est que quand on tombe sur un plan que l'on aime moins, il ne dure pas longtemps, vu le parti pris « je cogne et j'enchaîne » de la plupart des titres présents, même si ce type de construction pourra en lasser certains. En tout cas, au final, il apparaît évident que le groupe est très créatif, notamment dans son côté usine à riffs immédiatement accessibles (et violents). De plus ceci est un premier album, et un premier album qui tape sévèrement, en déployant au passage une palette imposante de références (voire tous les styles de métal précités). Ces références sont remarquablement bien intégrées, comme le prouvent les transitions, assez bluffantes. Et c'est bon d'entendre Dez s'éclater et explorer les nombreuses facettes de son répertoire hurlé pour être toujours en adéquation avec la musique foisonnante de ses potes. Donc voici un nouveau groupe qui n'en veut, qui cogne dur, avec un potentiel appréciable, et qui vient de pondre un album de métal de qualité.


Il sera marrant de voir de quel côté Devil Driver va évoluer, entre le côté catchy-ramasse tes dents des premières plages et le côté limite prog qu'il exhibe à force de partir dans tous les sens. En tout cas ça fait toujours du bien d'écouter un groupe qui s'est fixé pour démarche de faire une mixture avec tout ce qu'il a trouvé d'agressif dans le giron du heavy/extrême (manquerait des breaks grind, tiens!) dans l'estimable but de nous refaire le portrait à coup de bonne musique. Si le prochain album augmente encore le niveau de violence, avec peut-être juste un peu plus de pertinence dans l'utilisation des plans néo/hardcore (en gros, moins ! et plus de black! et plus de death!), Devil Driver a tout à fait les moyens de taper très, très fort, voire de s'imposer dans le genre. Croisons les doigts!


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