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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 24 octobre 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Bernard Weiss
(chant)

-Marco Wriedt
(guitare)

-Harry Oellers
(claviers)

-Rob Schomaker
(basse)

-Alex Landenburg
(batterie)

TRACKLIST

1)Journey to Utopia
2)Utopia
3)Last Man on Earth
4)Fass Mich An
5)Sarah Wanna Die
6)Father's Eyes
7)The Monster's Crawl
8)Eyes of a Child
9)Heavy Rain
10)For You I Will Die
11)Underworld

DISCOGRAPHIE


Axxis - Utopia
(2009) - heavy metal mélodique power metal - Label : AFM Records



Mine de rien, avec le recul, Axxis s'était pris les pieds dans le tapis et viandé en beauté avec Doom Of Destiny. Alors que les Allemands avaient passé la vitesse supérieure avec Time Machine puis confirmé leur montée en puissance avec Paradise In Flames, on attendait le coup de grâce… et à la place, on avait eu droit à un album tiédasse, sans relief et qui se contentait de décliner avec fainéantise les bases de l'identité récente du groupe. Autant dire qu'on attendait une réaction de pied ferme de la part de la bande à Weiss…

Message reçu visiblement, puisque Utopia dépasse son prédécesseur de la tête et des épaules. Axxis a donc arrêté de glander et de servir du réchauffé ? Et bien… pas vraiment. Tout comme Doom Of Destiny, Utopia reprend les grandes lignes du power mélodique pratiqué par le groupe depuis quelques albums, à savoir tempo élevé, chant énergique et claviers guillerets (seul le chant féminin subit un net retrait, embrouille avec Lakonia oblige). Ceux qui attendent fébrilement le retour du hard mélodique racé des débuts en seront une nouvelle fois pour leurs frais. Simplement, Axxis a dû se mettre un bon coup de pied au cul et nous présente cette fois un album aux finitions beaucoup plus travaillées, comme il en a longtemps eu l'habitude. Les lignes de chant se retiennent facilement et sont du genre à vous trotter dans la tête toute la journée, tandis qu'Harry Oellers a retrouvé le sens de la mélodie de claviers qui tue. Mieux encore, le jeune Marco Wriedt, sans doute un peu trop timoré lors de son premier passage en studio avec Axxis, se montre cette fois moins hésitant et a su se ménager un peu plus de place pour s'exprimer. Bref, tout le monde retrouvé son meilleur niveau, et cela se ressent à l'écoute d'Utopia.

Après une courte intro dont le thème principal, qui rappelle fortement "Be All End All" d'Anthrax, est recyclé un peu plus tard sur le break de "The Last Man on Earth", Axxis attaque tambour battant. "Utopia" donne le coup d'envoi à une brochette de titres 100% Axxis, rapides, mélodiques, percutants, et surtout très réussis. Les morceaux ont beau sortir du même moule, ils ont tous ce refrain bien ficelé, cette touche mélodique et entraînante, ce petit truc en plus qui laisse la concurrence à des kilomètres. C'est simple, s'il n'y avait pas ce break un peu balourd qui ternit un peu "Fass Mich An" qui partait sur de très bonnes bases avec un riff désarmant d'efficacité, on tenait le 4 à la suite cher à Julien Lepers. Mention spéciale à "Sarah Wanna Die" et à son break introduit par un court passage thrash (!), et qui permet à Wriedt de montrer ce dont il est capable. La power ballad "Father's Eyes", un peu gauche mais pleine de candeur, fait office de courte pause avant la reprise des débats. Passé un étonnant "Monster's Crawl", la fin d'album donne dans un heavy mélodique efficace mais un brin plus classique et parfois moins inspiré, avec des claviers en retrait qui laissent un peu plus de champ libre aux guitares.


Onzième album en 20 ans de carrière pour Axxis, et on constate avec grand plaisir que Weiss et ses collègues en ont encore sous la pédale. Pas de grande surprise, mais un groupe qui maîtrise son sujet et qui nous en fait une nouvelle fois l'éclatante démonstration. Dommage qu'il y ait ces deux derniers titres assez moyens, sinon Utopia aurait pu aisément se ranger aux côtés des meilleures réalisations du groupe. Tant pis, on se contentera d'un album d'un très bon niveau qui, à l'heure de faire le bilan de l'année 2009, squattera sans aucun problème le podium dans sa catégorie. On en redemande !


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