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CHRONIQUE PAR ...

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Bigtonio
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Tom Barman
(chant+guitare)

-Craig Ward
(guitare)

-Danny Mommens
(basse)

-Julle De Borgher
(batterie)

-Klaas Janzoons
(violon)

TRACKLIST

1)Put The Freaks Up Front
2)Sister Dew
3)One Advice, Space
4)The Magic Hour
5)The Ideal Crash
6)Instant Street
7)Magdalena
8)Everybody's Weird
9)Let's See Who Go Down First
10)Dream Sequence #1

DISCOGRAPHIE


dEUS - The Ideal Crash
(1999) - pop rock - Label : Island Records



The Ideal Crash, ou tout simplement l’un des plus grands monuments de la pop alternative/fusion de la fin du vingtième siècle… On me reprochera encore de couper court à tout suspense, mais le doute n’est pas permis à ce niveau de maîtrise. Les Anversois (se dit d’un habitant d’Anvers, Belgique) nous démontrent sans aucune fioriture qu’ils rivalisent sans complexe avec les plus grands noms (Radiohead, Soundgarden) tout en reléguant loin derrière les derniers nés de la brit' pop.

Lorsque l’album sort en 1999 (après un très bon In A Bar Under The Sea en 1997), il est unanimement salué par les critiques, comme la nouvelle référence d’une pop plus élaborée et progressive, mais ne remporte toutefois pas un succès commercial démesuré comme il l’aurait mérité. Et en effet, dès la première écoute, la mystérieuse alchimie opère, on est scotché par les mélodies accrocheuses et originales du groupe et la voix exceptionnelle de Barman, reconnaissable entre mille, avec son timbre brillant et son accent sympathique.

Musicalement parlant, le son dont nous abreuvent les belges est un mélange de pop traditionnel de Jazz, de Punk, folk, le tout savamment relevé de violons et instruments à vent. Le groupe se plaît dans des tempi assez lents mais très chaloupés et excelle à développer des atmosphères merveilleuses et toujours remplies d’émotions, le plus bel exemple restant "The Magic Hour". On peut remarquer d’ailleurs un certain parallélisme entre Deus et la formation Blonde Redhead, les créateurs d’atmosphères par excellence, même si la musique des Belges est globalement plus diversifiée que celle du trio italo-nippon.

Parallélisme tout d’abord dans les structures des morceaux qui sont systématiquement articulés autour d’une phrase musicale qui se répète sempiternellement, tandis que viennent se greffer progressivement d’autres mélodies par-dessus, puis d’autres arrangements (cf. "Instant Street" et son crescendo surpuissant), jusqu'à atteindre la perfection. Dès lors la machine est lancée, et l’on pourrait rester des heures à écouter… Simplement. Parallélisme ensuite dans la manière dont les voix sont utilisées. Les vocaux sont bien un instrument à part entière dans la musique des Belges, ils sont une part de l’édifice musical et ne sont pas considérés comme hiérarchiquement supérieurs aux autres parties.

En ce qui concerne la production de l’album, elle est cristalline, et pourtant remplie d’humanité. Encore une fois, une référence en la matière. Toutes les pistes instrumentales sont mixées à la perfection, et même lorsque la distorsion est bien là, tout reste parfaitement cadré. On est loin de la soupe servie par les Oasis et compagnie. dEUS est le plus pur représentant de la pop progressive à mes yeux. Espérons que les Belges nous réserveront encore de belles surprises, même s’ils semblent inactifs depuis les quatre dernières années (si l’on excepte un single mitigé sorti en août 2004 et un best of en 2001). [chronique rédigée en février 2005]




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