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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 11 octobre 2009
Sa note : 9/20

LINE UP

-David Sanchez
(guitare+chant)

-Shawn Chavez
(guitare)

-Jesse De Los Santos
(basse)

-Scotti Fuller
(batterie)

TRACKLIST

1)Wreckquiem
2)The Root of Evil
3)Path to Nowhere
4)Morbid Symmetry
5)Identity Theft
6)The Disease
7)Scabs of Trust
8)Ivory Tower
9)To Hell
10)Category of the Dead
11)Melting the Mountain
12)Afterburner

DISCOGRAPHIE

Burn (2009)

Havok - Burn
(2009) - thrash metal - Label : Candlelight



Et merde, encore un groupe de la vague thrash revival américaine… Avec tous ces groupes interchangeables, ça va encore être folklo pour trouver un angle d'attaque pour l'intro. Allez, je vais bien trouver un truc... Ah mais oui ! Havok a un bien un truc différent des autres : ils ne viennent pas de Californie, mais du Colorado ! Oui, je sais, pas terrible comme accroche… Evidemment j'aurais préféré vous sortir une particularité sur le musical, mais j'ai beau chercher et décortiquer l'album dans tous les sens, je sèche…

Bon, je ne vais pas vous ménager un suspense de toute façon tué dans l'œuf par la piètre note attribuée à l'album : il n'y a pas grand-chose à voir du côté de chez Havok. Burn rejoint donc la cohorte d'albums sans saveur et sans talent que nous livre régulièrement la nouvelle vague du thrash US. Et pourtant on y a cru l'espace de quelques instants, juste le temps d'écouter cette intro qui fait la part belle aux guitares mélancoliques, dans un style proche de Testament. Le genre d'intro qui laissait penser que Havok jouerait en partie la carte mélodique qui, hormis chez Hatchet, n'a pas vraiment trouvé grâce aux yeux de la jeune génération, plus attirée par l'agressivité sauvage de Slayer ou Exodus. En règle générale, c'est d'ailleurs le cas : Havok lorgne surtout du côté de Metallica pour les riffs influencés par la NWOBHM façon "Creeping Death", ainsi que Testament pour le côté varié des rythmiques qui refusent le poum-tchak systématique à 200 à l'heure. On pense parfois aussi à Megadeth pour certaines rythmiques véloces, ainsi qu'à Anthrax le temps d'un titre ("Category of the Dead" en l'occurence). Tout ça c'est bien joli, mais comme beaucoup de ses petits camarades de jeu au niveau technique bluffant, Havok a oublié l'essentiel : composer de bons morceaux.

Les premiers représentants de la vague thrash revival avaient au moins le mérite, à défaut de proposer des albums convaincants de bout en bout, de proposer quelques titres vraiment percutants. Ici, on ne peut même pas dire que ce soit le cas, malgré quelques banderilles pas trop mal fichues comme "Morbid Symmetry" ou "Identity Theft" (cette dernière valant surtout pour son très bon break mélodique sur fonds de délicats arpèges de guitare), voire le furieux "Afterburner". Dès le début, ça sent le pâté : "The Root of Evil" ne débute réellement qu'après 1 minute 30 d'intro, qui est en fait la répétition d'un seul et unique plan, pas foncièrement mauvais la première fois ; mais à la quatrième fois d'affilée, on finit par saturer… Et le problème, c'est que Burn est truffé de ce genre de constructions bancales. Le paroxysme est atteint sur le bien-nommé "Path to Nowhere", sur lequel le groupe semble tellement paumé qu'il en vient à balancer des plans presque au pif, dont une repompe flagrante de "Metal Militia". Le reste oscille entre idées de départ sympa mais trop légères pour en tirer un véritable morceau (le pourtant court "Melting the Mountain") et titres sans grande imagination, vite écoutés et aussi vite oubliés (en gros, presque toute la seconde moitié de l'album).


Bilan bien maigre pour ce premier album de Havok. Les Américains avaient pourtant quelques atouts : une grande aisance technique, notamment au niveau des soli ; un chanteur honnête, agressif sans en faire trop, même si on a parfois l'impression qu'il essaie d'imiter Matt Heafy (Trivium) en train d'imiter James Hetfield ; et surtout un parti-pris très intéressant au niveau de la basse, très audible et qui joue un rôle très important, chose extrêmement rare dans le thrash. En gros il ne manque plus qu'une chose : le talent. C'est ballot…


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