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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Schmier
(chant+basse)

-Mike Sifringer
(guitare)

-Marc Reign
(batterie)

TRACKLIST

1)Bestial Invasion
2)Profanity
3)Release From Agony
4)Mad Butcher
5)Reject Emotions
6)Death Trap
7)Cracked Brain
8)Life Without Sense
9)Total Desaster
10)Deposition (Your Heads Will Roll)
11)Invincible Force
12)Sign Of Fear
13)Tormentor
14)Unconscious Ruins
15)Curse The Gods

DISCOGRAPHIE


Destruction - Thrash Anthems
(2007) - thrash metal - Label : AFM Records



On savait Destruction assez enclin à revisiter son passé, comme l’avait démontré le réenregistrement de "Total Disaster" sur All Hell Breaks Loose. Mais cette fois, les Allemands passent à la vitesse supérieure. A l’instar du Blast From The Past de Gamma Ray, cette compilation ne se contente pas de regrouper 13 classiques issus de la première partie de la carrière du groupe (1984 - 1990) : on a ici affaire à de nouvelles versions spécialement réenregistrées pour l’occasion, ainsi qu’à 2 inédits. On tient peut-être enfin l’occasion de (re)découvrir la puissance des compos de Destruction, dont on ne peut pas dire qu’elles aient été particulièrement mises en valeur par les pressages originaux.

Pour décrire un best of d’un groupe du calibre de Destruction, faut-il vraiment s’attarder sur la qualité des morceaux ? N’en déplaise aux détracteurs systématiques de la frange allemande du thrash, il faut bien reconnaître que Destruction a fait figure de pionnier dans le genre et qu’il en a écrit certaines des plus belles pages. Alors forcément, pendant plus de 70 minutes, ça riffe sévère, ça bastonne derrière les fûts et ça s’égosille dans la plus pure tradition du genre. Sur le fond, très peu de changements : quelques modifications sur les intros et les soli, seul le break de "Mad Butcher", ralenti pour un impact maximum, subit une vraie relecture. Donc à l’ouest, rien de nouveau. Par contre sur la forme, ce qui était bien plus attendu, rien à redire : le processus de modernisation est nickel. Le son est puissant mais ne dénature pas le caractère incisif des riffs, comme on aurait pu le craindre. La plupart des titres prennent même un petit coup de jeune, notamment grâce à des patterns de batterie moins stéréotypés, plus en prise avec l’époque.

Côté tracklisting, aucun des classiques du groupe n’a été laissé de côté. Petite surprise, le groupe a repris "Cracked Brain", alors que ceux qui en ont lu attentivement la chronique savent que Schmier ne jouait pas sur l’album en question (ah, la régie me signale à l’oreillette que personne ne l’a lue en fait). Parmi les titres sélectionnés, certains prennent vraiment une autre dimension du fait de ce lifting. C’est le cas notamment de "Bestial Invasion", habilement placé en ouverture, ou encore de "Unconscious Ruins". A contrario, on dénombre aussi quelques légers ratés comme "Release from Agony" ou "Life Without Sense". Point commun, les lignes de chants originales contenaient quelques parties modulées alors qu’ici, Schmier a tendance à chanter tous les titres de la même façon. Enfin, en ce qui concerne les inédits, une chance sur deux. Si "Profanity" est un excellent titre dans la lignée du dernier album Inventor of Evil, "Deposition" est plus mitigé : disons qu’il s’agit d’un mid tempo, et que vous connaissez mon avis sur les capacités de Destruction dans ce domaine (apparemment non, la régie me répète que tout le monde s’en branle).

Passons maintenant à la seconde partie de l’émission, le débat. Fallait-il toucher au passé et réenregistrer certains titres quasi mythiques ? Bien sûr, les enregistrements cheap de l’époque avaient un certain charme qu’on ne retrouve pas dans les productions modernes, plus lisses. On imagine les réactions si Metallica décidait de réenregistrer Kill’em All ! Mais d’un autre sens, il faut admettre que les temps ont changé, la scène thrash aussi. Ce Thrash Anthems n’a pas pour but de concurrencer les Testament, Exodus et autres groupes de thrash des 80’s rendus aujourd’hui à l’état de légumes. Destruction continue sa carrière, et cet opus vise avant tout à rendre accessible son back catalogue à une nouvelle génération des fans de thrash élevée au gros son des Dew Scented et autres Hatesphere, et qui ne goûte pas forcément aux prod’ de garage. De ce point de vue, c’est aussi une excellente façon de remettre les pendules à l’heure et de montrer aux jeunes loups que le groupe n’a de leçons à recevoir de personne.


À l’évidence, Thrash Anthems est un parfait condensé de la première partie de la carrière de Destruction et constitue une introduction idéale au répertoire du groupe. Il remplit donc parfaitement sa mission : réactualiser et rendre accessible ce que les Allemands ont pondu de meilleur dans les 80’s. Par ailleurs, il permet aussi de se rendre compte d’une chose : le thrash, c’est répétitif seulement quand c’est mauvais. Parce que quand on a sous la main 15 titres de haut vol, ça passe comme une lettre à la Poste !


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