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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 11 octobre 2009
Sa note : 13/20

LINE UP

-Andrew Carey
(chant)

-Craig Chaney
(guitare+chant)

-Joshua James
(guitare+chœurs)

-Kyle "Butters" Mims
(batterie)

TRACKLIST

1)Enemy Sex
2)Almost Home (III)
3)God Rocky, Is This Your Face?
4)We’re Always Losing Blood
5)Sending Signals
6)Mario Speedwagon
7)Failure to Operate
8)Hopelessly Hopeless
9)The Letdown
10)I’m a Bulletproof Tiger
11)Not Good Enough

DISCOGRAPHIE


Evergreen Terrace - Almost Home



Comme beaucoup d'autres entités du même genre, la scène métal fonctionne principalement par cycles. On a l'impression d'avoir fait le tour de la violence ? Une vague axée sur la mélodie et/ou le groove ne devrait pas tarder à pointer le bout de son nez. Les groupes semblent de plus en plus mous du genou depuis une paire d'années ? Ça ne va pas durer : la double et le growl sont tapis dans l'ombre, n'en doutez pas. Et comme le nombre de sorties death en atteste, en ce moment c'est la brutalité qui prédomine. Evergreen Terrace n'est pas un groupe contrariant, donc ils suivent le mouvement.

De toutes façons ça tombe bien, car la formule propre au groupe leur laisse toute latitude pour évoluer : vu qu'ils mélangent hardcore, metalcore et punk-rock californien, il peuvent être hyper catchy ou méchamment bourrins sans cesser d'être fidèles à eux-mêmes. Sur Almost Home c'est le côté metalcore agressif qui est clairement mis en avant, principalement via le growl d'Andrew Carey et le jeu de batterie de Kyle Mims. Ce dernier développe un jeu de marteau-piqueur sans précédent, carré à l'extrême et parfois hystérique dans les plans de double-pédale (les riffs Fear Factoriens de "Failure to Operate", les salves de "Bulletproof Tiger"). Quant au vocaliste, son grain furieux n'a jamais sonné aussi metal, au point qu'il pourrait officier dans un groupe de thrash/death avec succès. Entre ce chant et le très gros son dont bénéficie l'album, les beatdowns de "Enemy Sex" ou "God Rocky, Is This Your Face?" pourraient sans problème avoir été composés par Unearth, alors que les couplets-mitraillette de "Bulletproof Tiger" ne jureraient pas chez Chimaira.

Le niveau de violence a donc augmenté d'un cran, et on peut dire en général qu'Evergreen Terrace fait plus adulte sur cet album. L'humour potache qui habitait les réalisations précédentes y est beaucoup moins, et le chant clair de Craig Chaney est également nettement moins lisse et juvénile, plus mûr. Sa participation est d'ailleurs déterminante pour le style : son chant clair dominant sur "Always Losing Blood" fait clairement basculer la chanson dans le punk-rock alors que le bien nommé "Mario Speedwagon" (quelle patate !) reste une compo brutale car c'est Andrew Carey qui tient les commandes. Au milieu on trouve "Almost Home" qui rappelle Atreyu de Lead Sails Paper Anchor, et qui fait un aller-retour constant entre musique pour skaters et musique pour chevelus, à la manière des chansons de Sincerity Is An Easy Disguise In This Business où les deux composantes étaient systématiquement alternées. Même topo pour "Hopelessly Hopeless" : couplets hurlés, refrain chanté, riffs à la limite... l'équilibre est là. Il est même tellement là qu'il en devient gênant.

Tout ça est fort efficace et bien torché, mais on se rend rapidement compte que la sauce n'avance pas des masses. Wolfbiker représentait une véritable progression stylistique par rapport à l'album précédent, ce qui n'est pas le cas d'Almost Home. Une fois noté la montée de l'agressivité on se rend bien compte qu'il n'y a plus grand-chose à dire. On remarque tout de même que les plans de punk-rock ont tendance à ressembler à ceux qu'on connaissait déjà du groupe, à l'opposé des plans thrash/metalcore qui font toujours plutôt mal. On finit par se dire que le groupe aurait gagné à devenir encore plus bourrin qu'il ne l'est : "I'm a Bulletproof Tiger" est bluffant dans ses couplets violents mais gâché par son refrain chanté sans inventivité réelle. Dans la même veine, le brûlot thrashcore de 1'48 qu'est "The Letdown" marque beaucoup plus les esprits que d'autres chansons plus longues mais plombées par des mélodies qui finissent par devenir rapidement redondantes. D'où une certaine frustration.


C'est bien la première fois que je dis ça, mais Evergreen Terrace aurait mieux fait de suivre encore plus le mouvement ! Alors qu'il laisse entrevoir un groupe de thrash / metalcore prometteur, Almost Home dévoile aussi un groupe de punk-rock à bout de souffle, de moins en moins doué dans ce qui a toujours constitué une bonne moitié de son identité. Est-il temps de changer de cap ?


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