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CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 27 septembre 2009
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tobias Gustafsson
(chant)

-Matti Almsenius
(guitare)

-Johan Persson
(guitare)

-Martin Karlsson
(basse)

-Conny Pettersson
(batterie)

TRACKLIST

1)Eraser
2)Back to Hell
3)Breathe me
4)Sweet Dreams
5)Life
6)Holy Lies
7)Deny
8)Pain
9)Whore
10)Prince of Darkness

DISCOGRAPHIE

Eraser (2009)

Revengia - Eraser



La Suède est un petit pays par sa population, immense par la quantité (et la qualité !) des groupes qui en sont originaires. Ceci a pour conséquence de retrouver souvent des musiciens en commun dans plusieurs groupes, tout le monde ayant plus ou moins joué avec tout le monde, surtout dans les villes où la scène metal locale est importante. Revengia, originaire de Varberg (entre Göteborg et Halmstad) peut ainsi se targuer d’avoir vu passer dans ses rangs Daniel Erlandsson, batteur d’Arch Enemy.

Si le cogneur n’a fait qu’un bref passage au sein de la formation à une époque où Revengia n’était qu’un simple projet parallèle à l’identité musicale pas encore bien définie, il a côtoyé la plupart des membres du groupe dans d’autres formations plus huppées ou plus cultes comme Eucharist, The End ou encore Armageddon en compagnie de Christopher Amott, guitariste de… Arch Enemy. Et oui, la boucle est bouclée. Contrairement à la plupart de ces groupes, Revengia n’est ni culte ni connu mondialement. Non, Revengia est un groupe qui galère. Après de nombreux changements de line up, un premier album versant plutôt dans le heavy metal tout ce qu’il y a de plus mélodique et classique, le combo enregistre son deuxième album, ce Eraser qui nous intéresse ici en… 2007. Il faudra attendre deux ans et d’autres changements de musiciens avant que le groupe ne trouve un deal avec un label qui accepte de distribuer l’album en Europe ! Dommage et injuste, car cet album fait preuve de nombreuses qualités, autant le dire tout de suite.

Le son, crucial dans ce style de musique, est réussi, puissant et actuel (mixage au Studio Fredman par Fredrik Nordström oblige) mais ni froid ni synthétique, gardant une sorte de chaleur un peu old school très agréable à l’oreille dans le grain des guitares. Une fois la galette dans le lecteur (oh ! un vrai CD promo pour une fois !) un premier constat s’impose : cette fois nous n’avons pas affaire à un énième combo de melodeath inspiré par l’école de Göteborg. Oh certes, on trouve des traces de death mélodique à la suédoise sur cet album, mais ce n’est pas l’essentiel. La musique du groupe se situe plutôt à mi-chemin entre un thrash mélodique énervé et le heavy metal classique que Revengia pratiquait à ses débuts. On retrouve donc sur la plupart des morceaux des éléments propre à chacun de ces styles : un riff strictement heavy metal par ici ("Back to Hell"), une rythmique thrash effrénée par là ("Whore"), un solo mélodique typique des années 80 ici ("Breathe Me"), un riff à deux guitares en harmonie très Göteborgien là ("Life", "Prince of Darkness")…

Et le chant est à l’avenant. Doté d’une grosse paire de cojones il se situe la plupart du temps dans un registre thrash hurlé qui peut rappeler les performances de Peter Dolving (The Haunted). Sur certains refrains (pour la plupart très réussis) ou d’autres passages plus typés heavy metal la voix se fait plus claire, sans jamais l’être totalement, et plus mélodique. Bon point donc que ce chant qui sait s’adapter sans perdre sa conviction et sa rage. Un titre comme "Deny" y gagne énormément en originalité : avec une voix claire classique ce ne serait rien d’autre qu’un pur morceau de heavy metal, certes mélodique et accrocheur mais beaucoup plus classique. A l’opposé on trouve l’excellent "Pain" et son mid tempo lourd et groovy, qui fait fortement penser à Pantera, d’autant plus qu’on croit entendre ce bon vieux Phil Anselmo derrière le micro. Malheureusement cette alternance de styles ou plutôt d’éléments piochés dans deux voire trois styles bien définis ne suffit pas à rendre la musique de Revengia particulièrement originale. On a ainsi un peu l’impression que l’album tourne en rond au bout d’un moment, la lassitude aidant.


Reste un bon album très agréable et apportant sa dose réglementaire de metal propice au défoulement. En piochant le meilleur dans plusieurs sous genres finalement pas si éloignés que ça les uns des autres, Revengia rend son Eraser très efficace à défaut de se créer réellement une personnalité (le thrash/death mélodique d’Arch Enemy n’est pas loin). Qu’importe, l’originalité n’était certainement pas le but recherché.


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